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Qualité des politiques et institutions en 2017 : la note CPIA du Burundi en baisse pour cause de gouvernance

  • La dernière évaluation des politiques et institutions publiques en Afrique (CPIA, 2017) réalisée par la Banque mondiale révèle une situation globalement inchangée en 2017 par rapport à l’année précédente.
  • Selon ce rapport, le score du Burundi a baissé de 0,1 point pour s’établir à une note de 2,9 points. Le pays enregistre une meilleure performance dans les politiques d’insertion sociale et d’équité mais peine à élever sa note sur la gouvernance.
  • Pour Albert Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale pour la région Afrique, “les pays africains gagneraient à mettre l’accent sur l’indice CPIA pour plusieurs raisons car cet indice montre une corrélation forte avec la croissance et l’investissement”

De façon annuelle depuis 2006, la Banque mondiale publie un rapport d’évaluation des politiques et institutions nationales pour les pays éligibles aux crédits de l’International Development Association (IDA), le guichet de financements concessionnels du Groupe de la Banque mondiale. En Afrique, ce rapport est plus connue sous son acronyme anglais “CPIA” (Country Policy and Institutional Assessment). Les pays sont notés sur une échelle de 1 (note la plus faible) à 6 (note la plus élevée) pour 16 indicateurs de développement regroupés dans 4 catégories : la gestion économique (groupe A), les politiques structurelles (groupe B), les politiques d’insertion sociale et d’équité (groupe C)ainsi que la gestion et institutions du secteur public (groupe D).

Ainsi, la dernière évaluation des politiques et institutions publiques en Afrique subsaharienne (38 pays) révèle une situation globalement inchangée en 2017 par rapport à l’année précédente avec une note moyenne de 3,1 points mettant fin à une baisse de la qualité des politiques enclenchée depuis près de 4 ans. Pour ce qui est du Burundi, sa note a baissé de 0,1 point par rapport à l’année précédente pour se fixer à 2,9 points, inferieure à la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne. D’une part, le pays affiche une meilleure performance dans le groupe C relatifs aux politiques de lutte contre l’exclusion sociale et de promotion de l’équité avec une note de 3,5 points supérieure à la moyenne de la région. D’autre part, il est moins performant dans le groupe D (relativement important) portant sur la gouvernance avec un score de 2,3 points inferieure à la moyenne régionale de 3,0 points.

Le Burundi ne gagnerait-il pas à élever son score CPIA pour la bonne réalisation du Plan National Développement (PND, 2018-2027) ? “Le groupe D que nous qualifions généralement de gouvernance constitue 68% du poids de l’indice. Les trois autres n’en font que 24%. Les 8% restant sont attribués en fonction de la performance du portefeuille des projets Banque mondiale”, souligne Albert Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale pour la région Afrique.
Par ailleurs, M. Zeufack précise que “le CPIA est extrêmement important pour les pays africains car une amélioration du score CPIA pour un pays se traduit par une augmentation de l’enveloppe des prêts concessionnels que la Banque mondiale octroie au pays”. Il ajoute “qu’il est aussi utilisé par d’autres institutions internationales telles que la BAD, le FMI, ou d’autres bailleurs qui voudraient lier leur financement à la qualité des politiques économiques mises en œuvre dans un pays. Par conséquent, les gouvernements africains devraient l’utiliser en priorité comme outil de formulation des politiques, outil de coordination de l’action gouvernementale et outil de mise en œuvre et de suivi des reformes”.

On notera que, comme dans le passée, le Rwanda demeure en tête du classement régional et mondial, avec une note de 4. Parmi les autres pays arrivés en tête du classement régional, on trouve le Sénégal, avec la note de 3,8, suivi de près par le Cap-Vert, le Kenya et la Tanzanie obtienant tous les trois la note de 3,7.

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