Processus CVR

L’inhumation dans la dignité des restes humains récemment déterrés des fosses communes commencera par Kamenge

BUJUMBURA – Les cérémonies d’enterrement ′′dans la dignité′′ des restes humains récemment déterrés dans des fosses communes éparpillés à travers le Burundi, commenceront en octobre prochain par la zone urbaine de Kamenge au nord de Bujumbura, a annoncé jeudi dans un point de presse Clément Noah Ninziza, vice-président de la CVR.

A ce jour, la CVR a déjà identifié à travers le pays près de 4.000 fosses communes dont “certaines vérifiées, d’autres seulement déclarées et d’autre retenues par la mémoire de la population”. Ce travail d’enterrement des restes humains récemment déterrés dans des fosses communes qui débutera par Kamenge se poursuivra par Mabanda, en province de Makamba, puis Rusaka en province de Mwaro, puis Bugarama en province de Muramvya et Kivyuka, en province de Bubanza (nord-ouest), où “des travaux d’exhumation ont déjà été organisés”, selon M. Ninziza.

“Il va sans dire que la CVR fera la même chose dans d’autres localités où sont déjà rassemblés des ossements humains”, a promis le VP de CVR. Au cours de la phase de dépositions et lors des investigations menées par la CVR, a-t-il expliqué, il est apparu qu’il existe encore d’autres endroits où des ossements humains ont été rassemblés et méritent un enterrement digne.

Selon l’article 6 de la loi du 15 mai 2014 régissant la CVR, celle-ci doit mener des enquêtes visant notamment à “identifier et cartographier des fosses communes et tout autre endroit d’enterrement non reconnu par la loi, prendre les mesures nécessaires à leur protection, et procéder à leur exhumation éventuelle des corps aux fins d’un enterrement digne”. 
M. Ninziza a d’ailleurs rappelé que la découverte des fosses communes en commune Rusaka dans la province de Mwaro et en commune Mabanda dans la province de Makamba, l’ont été grâce aux travaux d’exhumation qui survenaient au cours des chantiers portant respectivement sur l’érection d’une fondation d’une école de métiers et sur la construction de la Route nationale numéro 13 (RN13 Mabanda-Mugina) menant vers la frontière du Burundi avec la Tanzanie.

Lancée en 2014, la CVR a un mandat de quatre ans et est chargée de constituer une base de données sur les faits perpétrés au Burundi en rapport avec les violations graves des droits humains commises durant une période de 46 ans, c’est-à-dire allant du 1 er juillet 1962 (date de l’indépendance) jusqu’au 4 décembre 2008, date supposée être la fin de la belligérance armée dans le pays.

Le 29 avril dernier, au cours d’un entretien accordé à Ikiriho, le président de la CVR, Mgr Jean-Louis Nahimana, avait indiqué qu’à date, “les enquêtes de la CVR avait déjà abouti à l’identification de 69.000 burundais assassinés ou disparues ainsi que 13.351 présumés auteurs au cours des diverses crises survenues pendant la période des 46 ans sur laquelle elle doit travailler”.
La CVR souligne également que pendant cette période de plus de quatre décennies, les victimes des violences du passé se comptent dans toutes les ethnies burundaises, à savoir les Hutu, les Tutsi et les Twa.

 

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