Agriculture

“Seuls 5% des ménages burundais utilisent des semences améliorées et variées” (Etude)

Ce vendredi 28 septembre, l’Ecole Nationale d’Administration “ENA” organisait sa quatrième conférence publique sous le thème: “Productivité vivrière et accès aux semences à rendement élevé: Réflexion sur la sensibilité des ménages à l’insécurité semencière”, sur base d’une étude présentée et réalisée par le Dr Pontien Ntimpirangeza.

Selon les recherches de ce spécialiste de l’économie rurale, “l’agriculture burundaise, de subsistance et de faible productivité, emploie plus de 84% de la population burundaise et produit 39,6% du PIB”. Une situation à comparer avec l’Asie, dont la production agricole est 5 fois plus élevée que celle de l’Afrique alors qu’il y a trente ans, les rendements du continent africain étaient bien meilleurs.

Parmi les principales raisons de cette faible production, le Dr Ntimpirangeza pointe le fait que “seuls 5% des ménages burundais utilisent des semences améliorées et variées”. En outre, une fois disponibles, ces semences coûtent chers pour s’en procurer à suffisance, a constaté le chercheur. Ce dernier indique que “90% des terres burundaises sont emblavées mais peu encadrées. Ainsi l’agriculture burundaise est pratiquée sur de petites portions de terres suite à une démographie galopante. C’est pourquoi, une grande partie des importations est constituée des denrées alimentaires comme le riz, le haricot et la farine”.

Exemple concret: le haricot, aliment de base des Burundais dit “viande des pauvres”. En 1960, un agriculteur pouvait produire 70 kg de haricot mais en 2018, un agriculteur produit 22 kg seulement. Pour pallier à cette faible production agricole, le Dr Pontien Ntimpirangeza propose “l’investissement dans la recherche, la multiplication des semences améliorées et variées et la diminution de leur coût d’acquisition par l’ISABU et les DPEA, le déploiement des encadreurs agricoles compétents, la subvention des semences améliorées et l’implantation des centres de recherches de l’ISABU dans toutes les provinces du Burundi car les terres burundaises ne se ressemblent pas”.

“Le but de ces recherches est de rendre disponible les informations nécessaires aux décideurs pour prendre des mesures éclairées et fournir des informations de base pour bien coordonner les actions de développement”, avait rappelé Dr Ir Gaston Hakiza, directeur de l’ENA dans son mot d’accueil aux invités de la conférence publique.
Pour valoriser ces recherches, le directeur de l’ENA indique que des relations entre entreprises et universités ont été établies pour connecter les deux mondes, même si “la recherche au Burundi manque de financements pour bien mener la collecte d’informations”.

Les intervenants dans cette 4ème conférence publique de l’ENA se sont demandés comment “aux USA et ailleurs comme en Chine, 2% de la population peuvent nourrir plus d’un milliard de leurs compatriotes alors que 84% des agriculteurs burundais ne peuvent pas produire la nourriture suffisante pour le pays”. Le Dr Pontien Ntimpirangeza répond que “les Burundais doivent apprendre des expériences des pays qui sont sortis de la pauvreté au lieu d’attendre leurs aides extérieures conditionnées”.

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