Environnement

Alerte à Bujumbura: le Tanganyika est devenu “un lac vert”

L’eau du lac Tanganyika toute verte au niveau de Safi Beach, la plage entre le port de Bujumbura et l’Hôtel Tanganyika. Selon Papy, le gestionnaire de Safi Beach, le lac a commencé à virer au vert vers les 9 heures.

Le ministre de l’Environnement Déo-Guide Rurema, le DG de la Regideso Simeon Habonimana ainsi que des responsables de la PNB sont sur les lieux. D’après certaines sources, le phénomène est tout à fait naturel. « Une forte concentration des algues dans les profondeurs du lac, un signe que le poisson sera abondant ces jours-ci . Selon cette source, « le phénomène est récurent à des distances éloignés de la côte ».
Rares sont ceux qui, parmi les gens venus voir des leurs propres yeux ce phénomène, avancent la thèse d’une éventuelle pollution: “Combien de tonnes de de produit, si concentré soit-il, qui pourrait changer la couleur des eaux sur une si grande étendue de surface dans le lac et pendant plusieurs heures?”

Certaines sources indiquent que ce phénomène s’observe aussi du côté d’Uvira en RDC à une douzaine de kilomètres de Bujumbura. Mais son ampleur reste pour le moment à vérifier. Des vedettes de la police lacustre s’observe de temps en temps « peut-être pour tenter de savoir jusqu’à quelle distance le lac est devenu vert ».

La population de la ville de Bujumbura dit qu’elle connaissait jusqu’ici rien que le phénomène de turbidité du lac, c’est-à-dire une forte teneur de boue dans les eaux due à l’érosion des sols dans les bassins des affluents du lac comme les rivières Ntahangwa ou la Rusizi, Gikoma, Gasenyi, etc. Les plus croyants commencent à parler de signe annonciateur de l’apocalypse de la fin des temps.rt
Entre-temps, la Regideso tranquillise, l’eau qu’elle est en train de servir en ville de Bujumbura est potable, bien traitée.

Un phénomène naturel

Eclairage au sujet des eaux du lac Tanganyika devenues vertes depuis ce lundi 10 septembre, le professeur à la faculté des sciences de l’Université du Burundi Gaspard Ntakimazi: «C’est un phénomène tout à fait naturel, récurent, arrivant à l’arrêt des vents à la fin de la saison sèche et une bonne nouvelle pour le Burundi. Il peut durer deux semaines ou au plus un mois ».
Selon ce professeur, « c’est un phénomène connu depuis les années 40-46 dans le lac Tanganyika et les premières publications scientifiques remontent aux années 1950 ».

D’après toujours ce spécialiste en environnement, le phénomène est dit « upwelling » ou remontée d’eaux profondes. Il est dû aux alizées souffrant dans ce lac dont l’arrêt entraîne la remonté en surface des eaux des profondeurs contenant des sels minéraux, les nitrates notamment qui créent des conditions favorables à la multiplication de micro-organismes dont les algues favorables à la multiplication du poisson. Les poissons auront ainsi plus de nourriture et cela se traduit dans les captures de poissons en janvier février.

Une remarque cependant: « Les eaux des profondeurs ne contiennent pas assez d’oxygène, ce qui fait que des poissons peuvent mourir, dans un premier temps. »

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