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Le CNARED, un semblant d’unité

Le récent conclave qui a reconduit le Dr Jean Minani à la tête du Conseil National pour la Restauration de l’Etat de Droit et l’Accord d’Arusha, CNARED  le 27 août a mis à nu les divergences au sein de cette plateforme.

C’est un secret de Polichinelle que le CNRED est tiraillé entre deux camps aux visions diamétralement opposés quant à la stratégie « pour faire plier le Président Pierre Nkurunziza et son 3è mandat et tout le système du parti CNDD-FDD ». Deux camps qui se méfient sournoisement l’un de l’autre: d’un côté, il y a « les pacifistes » rangés derrière Jean Minani et de l’autre, les « faucons » se reconnaissant dans Alexis Sinduhuije. Ce dernier prône « la solution par voie des armes à la crise burundaise ».

Selon des sources généralement bien informées, tous ceux qui se trouvent dans le camp Sinduhije ont refusé d’occuper des postes au sein de la plateforme « mais en tant qu’individu ». Leurs partis politiques sont pourtant membres des organes du CNARED. Un comportement  qualifié de « bizarre » par certains au sein de la plateforme.
A titre illustratif, « Charles Nditije se dit président de l’Uprona. De ce fait, il ne peut pas occuper une fonction dans les organes. Pourtant les upronistes Bernard Busokoza et Mirelle Mizero sont respectivement vice-président et commissaires chargée de la question du genre », note-t-on au sein du CNARED.

« Frédéric Bamvuginyumvira, anarchiste »

Autre exemple : « L’ancien porte-parole du Président Nkurunziza, le frondeur Léonidas Hatungimana alias Tout-Autre a refusé d’entrer dans les instances dirigeantes. Pourtant les autres frondeurs et cadres du parti de M. Hatungimana comme Pamphile Muderega, Onésime Nduwimana et Melchior Simbaruhije sont commissaires ».

Des critiques vont aussi à l’endroit de Jérémie Minani. « Il refuse d’occuper un moindre poste mais Jacques Nduwimana est aux Droits de l’homme et Melchiade Bankuwiha (Pôle Asie) sont du RDB, son parti ». L’on saura ici qu’il n’y a pas longtemps, Jérémie Minani a été chassé du RDB, un parti pas reconnu par Bujumbura, son tombeur étant le Melchiade Bankuwiha.

Il en est de même de Pancrace Cimpaye, un ancien cadre du Frodebu mais qui a rejoint les rangs du parti d’Alexis Sinduhije, le MSD suspendu de la liste des formations politiques au Burundi.

Le cas le plus atypique reste celui président sortant du parti Sahwanya-Frodebu Frédéric Bamvuginyumvira, « un homme qui s’est radicalisé depuis son exil ». Certaines voix au sein de la plateforme trouvent «  ridicule » le comportement de M. Bamvuginyumvira « qui sabote la ligne du Frodebu, parti qui n’a pas voulu soutenir le groupe Sinduhije. Mais Frédéric Bamvuginyumvira a catégoriquement refusé de soutenir le camp Minani malgré les directives de son parti », se désolent encore bien des membres du CNARED. Ils regrettent aussi que l’ancien vice-président sous Buyoya II soit parti à trois reprises prendre part au dialogue inter-burundais à Arusha malgré les consignes du directoire, ce qui lui a valu une suspension à sa troisième participation. « Il est considéré comme anarchiste au CNARED », glisse une source.

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