Économie

Taux élevé des emprunts non-remboursés: défi majeur du secteur bancaire au Burundi

En 2016, le secteur bancaire a réalisé un résultat de 21,8 milliards Fbu en dessus des 22,5 milliards Fbu enregistrés en 2015. En cause, l’augmentation du taux des crédits impayés. D’une année à l’autre, il est passé, fin 2014, à 11%, fin 2015, à 18,6%, et en juin 2016, à 26%.

Phénomène courant dans les économies en développement, le secteur bancaire burundais domine très largement le secteur financier et représente environ 85% de tous les actifs financiers selon la BRB dans son Rapport de Stabilité Financière.  L’intermédiation financière, à savoir, d’une part, la collecte des dépôts (65% des ressources bancaires en 2016), et d’autre part, l’octroi de prêts (43% des emplois bancaires en 2016) constitue l’activité principale du secteur bancaire qui s’adresse à une base de clientèle très étroite constitué de commerçants de détail, des ménages et dans une moindre mesures des entreprises (BRB, Rapport de Stabilité Financière, 2015).

En dépit d’une conjoncture difficile héritée de la crise de 2015, le secteur bancaire a maintenu sa rentabilité. A 14 milliards Fbu en 2014, le secteur bancaire a affiché pour l’exercice 2016 un résultat de 21,8 milliards Fbu mais en dessus des 22,5 milliards Fbu enregistrés en 2015. Ce recul est expliqué par le taux des crédits impayés qui n’a pas cessé d’augmenter. D’une année à l’autre, il est passé, fin 2014, à 11%, fin 2015, à 18,6%, et en juin 2016, à 26%. La probabilité que les emprunteurs ne puissent pas payer l’intérêt dû ou rembourser le capital devenant plus élevé, les banques sont devenues plus réticentes quant à l’octroi des crédits (représentant en 2014, 62% des emplois bancaires, la part du crédit bancaire a progressivement baissé en 2015 et 2016 respectivement, à 55% et 42%).

« Si les crédits octroyés étaient régulièrement remboursés, les banques n’hésiteraient pas à revoir leur taux à la baisse et il y aurait de plus en plus de demandeurs de crédits et le recours au crédit de plus en plus grandissant entraînerait le développement économique du pays. C’est dire l’importance de l’attention que les dirigeants du pays doivent apporter à l’activité du recouvrement des impayés » explique le Pr. Cyrille Sigejeje, de l’Association des Banques et Établissements Financiers du Burundi (ABEF). En outre, notons que suite à cette hausse du taux des crédits impayés constituant un défi important pour la stabilité du système financier, la BRB a décidé d’appliquer, fin 2016, une mesure d’annulation des crédits impayés ayant plus de 24 mois de retard. Le ratio des crédits impayés s’est alors établi à 17,5% fin 2016 contre 18,6%, fin 2015.

Pour rappel, le nombre d’établissements bancaires est de 12 (Ecobank Burundi, BBCI, BCB, BANCOBU, IBB, BGF, FINBANK, DTB, KCB, CRDB, BNDE et FPHU) contre 10 en 2010.

Le total actif des banques a atteint 1834,9 milliards de Fbu en 2016 contre 1521,8 milliards de Fbu en 2015. Les banques privées domestiques (4) dominent le secteur à hauteur de 41,9 % tandis que les banques publiques (3) détiennent 32,4 % du total actif contre 25,7% pour les banques étrangères (5). Par ailleurs, le secteur est dominé par 3 banques d’importance systémique qui se partagent à elles seules plus de 55 % de l’actif, 50,7% du crédit et 67% des dépôts du secteur.

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