Économie, Politique

Redressement des entreprises para-étatiques au Burundi: l’exemple de l’Otraco

Nommé Directeur Général de l’Otraco en juin 2016, Albert Maniratunga trouve une entreprise en voie de faillite. Deux ans après, cette société para-étatique de transport en commun et de contrôle technique des véhicules présente des résultats plus que satisfaisants. Dans cet article, sur base de l’expérience de l’Otraco, la rédaction d’Ikiriho rappelle quelques pistes permettant de rendre plus performants les entreprises et institutions publiques.

“Lors de ma prise de fonctions, l’entreprise accusait des retards d’impayés s’élevant à 380 millions Fbu, les recettes mensuelles tournaient autour 12 millions Fbu contre 37 millions Fbu de salaires mensuelles. Avec ce déficit, pour arriver à payer le personnel, il était devenu quasi-impossible de payer les fournisseurs”, indique Albert Maniratunga, directeur général de l’Otraco.

Deux ans plus tard, la situation financière de l’Otraco se trouve dans le vert: “Seulement 40% des recettes collectées entraient dans les caisses de la société, et le reste, dilapidé. J’ai commencé alors par modifier le mode de paiement de nos services, en migrant du paiement en espèces au paiement bancaire. Bilan, à ce jour, tous nos arriérés sont liquidés et nous enregistrons près de 300 millions Fbu d’entrées mensuelles”, explique le patron l’OTRACO en rajoutant: “Cette politique de rigueur dans la gestion financière a été accompagnée des réunions régulières avec le personnel afin de leur rappeler l’éthique du travail et combien elle valorise l’image de l’entreprise et partant du pays.”

Cette combinaison de rigueur et de discipline a permis à l’Otraco de passer de 12 millions Fbu de recettes mensuelles à 300 millions Fbu, soit une progression de près de 2500% en deux ans. Un véritable miracle économique opéré par une des entreprises publiques burundaises souvent critiquées pour la qualité de leur gestion financière.

Rappelons que malgré les critiques portées à ces dernières, le gouvernement burundais a adopté en 2006 une loi portant mesures de prévention et de répression de la corruption et des infractions connexes et a mis en place des institutions chargées de prévenir et de réprimer la corruption entre autres l’Inspection Générale de l’Etat, la Brigade Spéciale Anti–corruption, la Cour et son Parquet Anti– corruption ainsi que la Cour des Comptes.

Bus de l’Otraco

Depuis lors, ces institutions essayent de lutter contre les pratiques révélées de corruption au sein des institutions et sociétés de l’Etat mais leur travail est bien difficile. Affirmer que l’on peut arrêter les éventuelles pratiques de malversation économique seulement avec le travail de ces institutions, serait faire fi d’une incompréhension totale de la situation.

C’est pour cette raison qu’a été lancé depuis 2016 le Projet de Renforcement des Capacités Institutionnelles pour l’Efficacité Gouvernementale (PRCIEG) financé par la Banque Mondiale dans le but entre autres de renforcer la gestion et le contrôle des dépenses publiques par la modernisation des administrations publiques. Le fait est que, si les institutions ou sociétés publiques sont tenues à publier leurs réalisations de façon régulière, par exemple au niveau de leur siteweb, il sera désormais relativement plus difficile de dilapider la chose publique.

Ainsi, dans le but de rentabiliser les sociétés publiques ou rendre plus performant les entreprises para-étatiques au Burundi, en s’appuyant sur l’exemple de l’Otraco, il est évident qu’il est indispensable de privilégier la modernisation du fonctionnement quotidien de ces dernières par le renforcement des outils de contrôle de gestion, ce qui rend plus difficile les éventuelles pratiques de corruption ou autres infractions.

One Comment

  1. Armand NKURUNZIZA

    wouh merci au DG de l’Otraco c’est un bel exemple à suivre.

    que ce soit un clin d’oeil pour la REGIDESO, ONATEL et bien d’autre
    #IGITURIREOYA

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