Politique, Santé

La malnutrition infantile : un réel problème de santé publique au Burundi

Le ministère de la Santé Publique en partenariat avec celui des Finances a organisé, ce vendredi 13 juillet, un atelier de présentation du rapport sur l’Enquête Nationale sur la Situation Nutritionnelle et la Mortalité au Burundi, ENSNMB, selon lequel “la situation nutritionnelle des enfants en 2018 est précaire pour la malnutrition aigüe (4,9%), sérieuse pour l’insuffisance pondérale (30,0%) et critique pour le retard de croissance (57%)”

Dénommée, ENSNMB 2018, en sigle, cette enquête a été exécutée et coordonnée par l’Isteebu en étroite collaboration avec le PRONIANUT (Programme National Intégré d’Alimentation et de Nutrition). Préparée et exécutée de décembre 2017 à mai 2018, l’ENSNMB 2018, est la première du genre d’envergure nationale réalisée au Burundi. Elle a couvert les 46 districts sanitaires du pays couvrant 1.147 zones de dénombrement. La collecte des données s’est réalisée dans 27.660 ménages et a atteint 22.414 enfants âgés de 0 à 59 mois.

D’après les résultats de cette enquête, le taux de prévalence de la malnutrition aigüe (proportion d’enfants mal nourris âgés de 6 à 59 mois) au niveau national est de 4,9%, légèrement inférieur à un seuil de 5% fixé par l’OMS. Cependant, il est significativement différent entre les filles et les garçons avec respectivement 4,1% (3,7-4,5%) contre 5,0% (4,5-5,4%). Les enfants de la tranche d’âge de 6 à 11 mois semblent être la plus affectée au niveau national, quel que soit le sexe, suivi de celle de 12 en 23 mois. Ceci montrant que le cap des deux premières années est le plus difficile à franchir pour les nourrissons.

Quant à la malnutrition chronique ou le retard de croissance, au niveau national, elle est de 57,0%. Ce taux de prévalence de près de 6 enfants sur 10, est de loin supérieur au seuil d’alerte de 40% fixé par l’OMS. Les garçons sont plus affectés que les filles quelle que soit la forme, avec 60,6% contre 53,4%. Les enfants de 24 à 59 mois et de 12 à 23 mois étant les plus affectées avec respectivement 61,4% et 60,7%. Toujours, selon les résultats de l’enquête, le taux de prévalence de l’insuffisance pondérale, combinaison de la malnutrition aigüe et du retard de croissance, est de 30%.

Concernant l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, les résultats de l’ENSNMB 2018 indiquent que l’allaitement au sein est une pratique courante au Burundi avec 98,6% des enfants enquêtés allaités. Cependant, les nourrissons ne reçoivent pas le complément alimentaire à la période appropriée. Face à cette situation de malnutrition assez problématique, les résultats de l’ENSNMB 2018 dégagent au niveau national des fréquences des maladies infantiles assez préoccupant notamment pour la fièvre (47,6%), la toux (55,5%) et la diarrhée (21,0%).

Eu égard à la relative pauvreté des ménages burundais (près de 65% de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté (ECVMB-2014)), les conclusions du rapport ont recommandé à l’Etat burundais, entre autres, de développer et d’étendre des programmes visant à promouvoir la production et la consommation d’aliments riches fortifiés localement, de développer des partenariats avec le secteur privé pour la promotion de la production des farines infantiles enrichies locales et accessibles pour les ménages afin de renforcer l’alimentation de complément et de mettre en œuvre des projets de développement orientés vers la lutte contre la malnutrition chronique.

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*