Économie

Promotion des produits “Made in Burundi”: peu de clients malgré l’engagement des entreprises burundaises

Promotion des produits fabriqués au Burundi: le ministère du Commerce en collaboration avec la Chambre Fédérale de Commerce et d’Industrie du Burundi (CFCIB) et l’Agence burundaise de Promotion des Investissements (API) tiennent depuis le 29 juin au terrain de Tempête, une foire dénommée « Made in Burundi ». Elle se clôture ce dimanche. 

“Je gagne entre 20.000 Fbu et 30.000 FBu par jour, même si les clients viennent à compte-gouttes, certainement du fait de la longue durée de cette foire. Deux semaines, ce n’est pas peu”, explique Evelyne Munezero, qui expose l’artisanat. Ce sont les étrangers qui achètent le plus les produits traditionnels que présente cette mere de trois enfants venue de la commune Nyanza-Lac: “Je fabrique surtout les corbeilles, de 4.000 FBu à 7000 FBu chacune selon la qualité”. Dans cette foire, elle représente la coopérative Jijuka Duterimbere.

Et ce n’est pas la première fois qu’Evelyne participe dans des foires: en Ouganda où elle été pour la première fois, les clients ougandais s’arrachaient ses produits: “Le seul problème que nous avons rencontré là-bas, c’était la langue de communication. La plupart des artisans burundais ne connaissent pas l’anglais, ni le swahili alors qu’ils constituent un moyen efficace pour négocier les prix”. Du coup, certains commerçants burundais utilisaient des signes pour échanger avec les clients. Au terme de cette foire, Evelyne demande à l’État burundais “d’organiser les cours d’anglais, français et kiswahili pour faciliter le commerce dans la région de l’EAC et ailleurs pour les commerçants burundais.”

Plus loin, Rémi Nimubona, économiste du projet PROECCO Burundi de l’entreprise de fabrication des briques SKAT explique: “L’objectif de ma participation ne vise pas la vente mais plutôt la promotion de nos produits.” Démonstration sur le champ: “Le mur fait par les briques modernes dans un système de construction Rowlock a beaucoup d’avantages notamment la durabilité et porteur de plusieurs étages, etc. Pour un mur fait par les briques modernes, un mètre-carré coûte 28.000 FBu tandis que pour les briques traditionnelles, le coût est de 37.000 FBu, soit une différence d’environ de plus de 30%”.

Promouvoir la production et les échanges locaux

“La tenue de cette édition est une occasion pour les producteurs, non seulement d’exhiber et de vendre leurs produits mais aussi de faire connaitre au public l’existence des produits locaux, produits made in Burundi, et d’échanger les expériences”, indique Christophe Kinshasa, conseiller économique à la mairie de Bujumbura et représentant du Maire de la ville de Bujumbura.

Et les opérateurs économiques ont répondu présent au rendez-vous: du secteur agricole aux produits artisanaux, des produits textiles à la construction, l’exposition-vente acceuille aussi des établissements offrant des services divers notamment les institutions bancaires et assurances, les centres hospitaliers, les centres d’enseignements professionnels spécialisés, les agences de voyages, du tourisme, de transport aérien et routier ainsi que les compagnies de communication et de téléphonie mobile.

Pour le secrétaire permanent au ministère du Commerce, d’Industrie et du Tourisme, Samson Ndayizeye, précise que l’objectif de cette foire s’inscrit “dans l’évaluation gouvernementale du pas franchi par les entreprises burundaises dans la production de divers produits locaux. Ce sera une occasion pour ceux qui travaillent dans l’informel de quitter leur isolement et de travailler dans le formel”. Et de demander à ceux qui n’ont pas encore certifié leurs produits d’approcher le Bureau Burundais de Normalisation (BBN) pour pouvoir travailler dans la légalité et s’offrir des opportunités d’exporter.

Mais des défis ne manquent pas dans son organisation: outre que les clients sont peu nombreux, la foire souffre d’une publicité peu agressive, le manque d’eau dans les pourtours et de réfrigérateurs pour ceux qui vendent des produits sensibles, mais aussi un accès difficile alors que la capitale fait face à des défis de transport public.

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