Économie

Chômage des jeunes burundais : un véritable défi pour le développement durable

Constituant plus de 65 % de la population, la jeunesse burundaise constitue un réel atout du développement durable à condition qu’elle ait accès à des emplois décents. Mais comme pour la plupart des pays à faible revenu, le chômage, au Burundi, est plus criant pour cette frange de la population. Le constat est connu, mais il mérite d’être rappelé.

Aujourd’hui plus qu’hier, la situation de l’emploi des jeunes constitue l’un des soucis majeurs des autorités burundaises et de ses partenaires au développement. Mais force est de constater que bon nombre d’initiatives entreprises en faveur des jeunes en vue d’absorber le plus grand nombre de jeunes chômeurs restent jusqu’à ce jour sans effet significatif.

En effet, les dernières données sur l’emploi des jeunes – collectées en 2016 par deux ONGs locales Adisco et Reja en partenariat avec Cordaid- indiquent des forts taux de chômage parmi les jeunes (âgés de 15 à 35 ans) de l’ordre de 65% dans la capitale Bujumbura et de 55% dans les zones rurales. Toujours selon ce rapport sur l’emploi des jeunes, le chômage chez les jeunes est trois fois plus élevé que chez les personnes âgées de 35ans et plus.

En outre, ces données sur le chômage des jeunes burundais sont loin supérieures aux taux de chômage moyen enregistré parmi les jeunes des pays à faible revenu, estimé à 26% par African Economic Outlook 2012. Selon ce même rapport, contrairement à la tendance observée dans la majorité des pays africains, où l’on note une relation inverse entre le niveau d’éducation et le taux de chômage, au Burundi, le chômage est plus faible chez les jeunes diplômés universitaires (12%) que chez ceux ayant les niveaux secondaire (18,9%) et primaire (13,7%).

Mettre en œuvre des réformes institutionnelles visant l’insertion et l’employabilité des jeunes, adapter l’enseignement aux attentes des entreprises, améliorer la formation professionnelle, accompagner les jeunes dans leurs idées d’entreprise, stimuler la société burundaise pour la quête de la créativité, etc. tels sont certaines propositions déjà avancées par différents experts d’Adisco, Reja, Cordaid, etc. Pour endiguer la montée en flèche du chômage chez les jeunes burundais.
De fait, les difficultés d’insertion des jeunes et la problématique d’emploi constituent un enjeu fondamental pour les pouvoirs publics. Au-delà des préoccupations économiques et sociales, le défi de l’emploi des jeunes est, sur le long terme, une clé pour la stabilité sociale et économique d’un État.

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