Société

Obligés de travailler à bas âge, les enfants mettent en danger leur avenir

Célébration ce 12 juin 2018 de la journée internationale de lutte contre le travail des enfants. La Fédération Nationale des Associations engagées dans le domaine de l’Enfance au Burundi, FENADEB, a réuni les enfants journalistes, projet soutenu par l’UNICEF, pour voir ensemble les principales causes qui poussent les enfants à vouloir aller travailler.

Journée de l’Enfant au Burundi, avec Francine Niyonsaba, ambassadrice d’UNICEF

“Au Burundi, le travail des enfants est une triste réalité généralement due à la pauvreté des familles, abandon scolaire etc…”, indique Jacques Nshimirimana, président de la FENADEB. Selon lui, les formes les plus courantes de travail des enfants au Burundi sont entre autres le travail domestiques, les travaux agricoles, le travail dans les usines et industries, le travail dans les mines et carrières, la prostitution et la traite des enfants, le travail dans l’informel à savoir le cirage des chaussures, la mendicité, conduite des marchandises sur pousse-pousse, vente des journaux, ramassage des ordures etc…

Selon l’Organisation Internationale du Travail, OIT, 26 % d’enfants sont obligés de travailler en Afrique Sub-saharienne dont fait partie le Burundi. Dans son rapport de 2014, ces chiffres sont les plus élevés de tous les continents. Cependant, l’OIT note une tendance positive depuis 2000 à 2004 ou le nombre d’enfants qui travaillent âgés de 5 à 7 ans a reculé de 2000 à 2004.

Pour Jacques Nshimirimana, président de FENADEB, les enfants qui sont obligés de travailler représentent une main d’œuvre abondante facilement exploitée et contribue à la baisse des salaires: “Conséquences, les enfants sont privés de l’éducation et les adultes privés du travail”. La solution pour sauver ces enfants? Améliorer l’éducation et une formation de qualité pour que les enfants acquièrent les qualifications nécessaires: “Si les enfants ne sont pas scolarisés, la pauvreté se transmet d’une génération à l’autre”.

La FENADEB après avoir fait le tour de la question du travail prématuré infligé aux enfants a recommandé aux intervenants dans l’éducation des enfants les solutions à savoir rendre gratuit et obligatoire l’enseignement, réduire et supprimer les coûts directs et indirects de la scolarisation et veiller à ce que les enfants aient accès à une école et à un environnement d’apprentissage sûr et de qualité.

Me Claver Nkeshimana, professeur de droit, qui a fait son exposé sur le “cadre légal de lutte contre le travail des enfants au Burundi” a souhaité que le gouvernement fixe le salaire minimum obligatoire pour les travailleurs afin que les plus jeunes ne soient pas exploités.
Mais Me Deo Mbonimpa, directeur des normes et de la législation du travail, indique toutefois que l’enfant peut effectuer des tâches légères de 12 à 16 ans selon le Code du Travail.

De son côté, le Dr Salomon Nsabimana, macro-économiste, propose qu’il y ait des politiques pour augmenter les revenus des parents et mettre en application les recommandations des chercheurs. L’ambassadrice de l’UNICEF pour les enfants, Francine Niyonsaba, a quant à elle, demande à ceux qui ont des domestiques dans leurs maisons de biens les traiter et de voir s’ils sont majeurs: “Je demande l’abolition de la discrimination de la jeune fille”, a souhaité la championne du monde du 800m.

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