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Le lac Victoria, pôle de développement de l’EAC: plus de 500 millions $ déjà investis sur 12 ans

D’une superficie faisant 2,5 fois celle du Burundi, confronté à plusieurs menaces environnementaux et générant une économie pesant plus d’un milliard $ par an, le lac Victoria est au cœur des projets d’amélioration des conditions de vie des populations de l’EAC.

Les eaux du Victoria proviennent des milliers de sources d’eau qui serpentent à travers les pays de l’Afrique de l’EAC, jusqu’à former le plus grand lac d’Afrique (68 100 km²) et la deuxième plus grande étendue d’eau douce sur Terre, après le lac Supérieur en Amérique du Nord. Selon la Banque Mondiale, plus de 40 millions d’habitants bénéficient de ses richesses, principalement au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, avec près de 50% parmi eux vivant avec moins de 1,25 $ par jour, et alors que le lac produit 90% de l’énergie hydroélectrique qu’utilise l’Ouganda.

Une pression qui génère plusieurs menaces sur l’écosystème du lac: en plus de la pression démographique, la jacinthe d’eau prive les eaux du Victoria d’oxygène et crée de nombreux dangers pour les résidents locaux, les forêts s’amenuisent autour du lac alors que l’érosion des sols impacte la productivité agricole dans les paysannats aux alentours, les zones humides sont drainées pour la construction et l’agriculture, avec un flux constant de sédiments et de polluants dans les rivières du bassin, etc. Au cours des dernières années, le niveau d’eau du lac a également diminué, une tendance attribuée à la sécheresse régionale et à l’augmentation de l’usage de son eau pour la production hydroélectrique en Ouganda.

Le constat a été vite établi: “La dégradation de l’environnement autour du lac Victoria menace non seulement les moyens de subsistance mais aussi l’existence même des habitants du bassin dont les vies sont inextricablement liées au lac”.

Ainsi, l’EAC, sous financement de la Banque Mondiale (BM) et de la Banque Africaine de Développement (BAD), a investi plus de 500 millions $ sur les 12 dernières années dans divers projets de la Commission du bassin du lac Victoria (LVBC), institution de l’EAC chargée de coordonner les programmes de développement durable du bassin du lac Victoria.

La LVBCA mène plusieurs programmes: la Planification de la résilience en Afrique de l’Est par la politique, l’adaptation, la recherche et le développement économique (PREPARED), le Programme pour l’Environnement du Lac Victoria (LVEMP II) parrainé par la Banque Mondiale, le Programme Eau et Assainissement du lac Victoria (LVWATSAN) soutenu par la BAD, ou encore le Programme pour la population régionale, la santé et l’environnement (PHE).

Parmi ces projets, le LVWATSAN soutient 15 villes secondaires du bassin du lac Victoria pour contribuer à inverser la pollution du lac par l’amélioration des infrastructures d’approvisionnement en eau et d’assainissement durables. Au Burundi, ce projet concerne les villes de Ngozi, Muyinga and Kayanza. Au Kenya, Keroka, Kericho et Isebania. Au Rwanda, ce sont les villes de Kayonza, Nyagatare et Nyanza qui en bénéficie. En Tanzanie, ce sont les villes de Geita, Sengerema et Nansio. En Ouganda, les villes de Mayuge, Kayabwe-Bukakata et Ntungamo.

Pour le SG de l’EAC Liberat Mfumukeko, il est important de souligner que “ces 15 unités de traitement d’eau actuellement en place vont être complétées par 15 autres dans 15 nouvelles villes secondaires de l’EAC et continuer jusqu’à ce que tous les habitants du bassin du Lac Victoria aient de l’eau potable”.

En investissant dans l’assainissement de l’eau à travers les communautés du bassin du lac Victoria, l’EAC entend notamment réduire les maladies les dépenses des familles et gouvernements pour les soins de santé liés aux mauvaises conditions hygiéniques, permettant d’investir dans l’éducation, les infrastructures, etc.

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