Infrastructures, Société

Rationnement de l’eau en ville de Bujumbura pour cause de la turbidité très élevée du lac Tanganyika

Le DG de la Regideso rappelle la vétusté de certaines infrastructures de collecte et de distribution de l’eau dans la capitale

Le directeur général de la société nationale de distribution de l’eau et l’électricité (Regideso) Jéroboam Nzikobnyanka a demandé ce dimanche 15 avril “la compréhension mutuelle des citadins” pour insuffisance de quantités d’eau à distribuer dans les quartiers.

Des lamentations dans bien des quartiers de la capitale comme quoi, depuis trois jours, plus d’alimentation continue d’eau dans les ménages. Et quand l’eau revient dans le robinet, les familles se précipitent pour remplir les récipients en prévision des heures de coupure.
A la presse, Jéroboam Nzikobanyanka explique cette situation : « Nous essayons de rationner le peu d’eau dans les quartiers. C’est anormal qu’un quartier passe 24 heures sans eau alors que l’eau c’est la vie ».

Il évoque les causes de cette insuffisance d’eau : « A cause de fortes pluies de ces derniers temps au Burundi et dans la sous-région, il n’y a une turbidité (teneur d’un fluide en matières qui le troublent) très élevée dans le lac Tanganyika où nous captons l’eau brute. La norme de l’OMS est de 5 NTI. Mais pendant ces trois derniers jours, la turbidité est passée de 15 à 25. Ne devant distribuer que de l’eau potable, la Regideso en train de nettoyer les filtres dans les étangs dits aussi « usine du lac » situés devant les locaux de la Radio et Télévision Nationales du Burundi au quartier Kabondo ».

Des tuyaux datant de l’époque coloniale

Sans toutefois préciser la date de fin de travaux, il indique que « le nettoyage se fera le plus rapidement possible pour minimiser les dégâts ». Pour la Regideso, la solution au problème de turbidité des eaux du lac Tanganyika doit être trouvée en amont de ses affluents : il faut absolument éviter les éboulements de montagnes dont sont souvent victimes les habitants du quartier de Carama (nord de la capitale), a rappelé M. Nzikobanyanka, le tout finissant par se déverser dans le lac. « Nous demandons à la population et à l’administration de s’investir dans la protection des bassins versants, que ce soit du côté de la rivière Rusizi ou du côté d’autres rivières qui passent dans la ville de Bujumbura, comme la Ntahangwa. La population devrait arrêter de cultiver le long de ces rivières ».

Selon le DG de la Regideso, autre raison de coupures intempestives d’alimentation eau potable dans certains quartiers de Bujumbura est la vétusté de la tuyauterie. « Le cas le plus récent fut la pénurie d’eau dans les quartiers Rohero et Bwiza-Jabe due à une panne au rond-point de Bujumbura (ancien Novotel), sur une conduite datant de l’époque coloniale, avec la création de la Regideso. »

Enfin, M. Nzikobanyanka prie les citadins de ne pas tenir rigueur à la Regideso de ces perturbations dans la distribution de l’eau : « Je sollicite une compréhension mutuelle. Si l’eau manque, c’est un désastre pour la population mais aussi c’est une lourde perte pour la Regideso. C’est de la facturation de cette eau potable que la Regideso tire ses moyens pour traiter l’eau à distribuer et pour exécuter les travaux connexes ».

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