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Le Ranac est focalisé sur les élections de 2020 et non sur le référendum constitutionnel, selon Georges Nikiza

Le porte-parole du parti Rassemblement National pour le Changement, « Ranac- Dushayure Uburundi Bwogorore » de l’ancien président Domitien Ndayizeye s’est exprimé sur l’actualité de ce week-end, notamment l’élévation du Président Nkurunziza au titre de « Guide permanent », la réunion à Bruxelles de certains membres l’opposition et sur le référendum prévu en mai.

Le Président de la République et président du Conseil des Sages du Cndd-Fdd vient d’être confirmé “Guide permanent” par son parti. Votre commentaire ?

Nous avons effectivement appris par la presse nationale et internationale que le Président de la République a été élevé à un grade qui n’est pas habituellement connu au Burundi et même en Afrique. Nous le félicitons pour le grade de “Guide permanent” et espérons que ce titre lui permettra de franchir un pas vers la recherche d’une solution négociée à la crise burundaise. Nous attendons voir si ce titre lui donnera les coudées franches pour stabiliser la situation socio-économique du pays. Il faut qu’il assume sa responsabilité en tant que guide du parti aux affaires.

Vous saluez donc la décision prise par le parti présidentiel ?

Personne ne doit perdre de vue que le Cndd-Fdd est le parti au pouvoir et que par ce fait certaines décisions qu’il prend ont des incidences sur la gouvernance du pays. Toutefois, cette dernière décision ne nous concerne pas. Ce n’est pas l’affaire du Ranac.

L’opposition affirme que la confirmation au titre de “Guide permanent” est un message à qui veut l’entendre que le Président Nkurunziza est parti “pour la présidence à vie”, d’où la révision de la Constitution…

Ceux qui pensent comme ça n’ont pas tort, à voir cette élévation et quand on sait que le dialogue inter-burundais est en panne.

Certains opposants étaient réunis le week-end dernier en Belgique pour mettre sur pied un « Forum Citoyen » pour faire échec à la révision de la Constitution. Le Ranac a-t-il été à ce rendez-vous?

De par son idéologie de rassemblement national, le Ranac participe à des fora aux niveaux national et international, même à ceux de l’opposition en exil. Pour avoir été invité, notre parti a envoyé son représentant à ces assises.

Quelles sont vos principales critiques contre le projet de nouvelle Constitution qui sera soumise au référendum populaire en mai ?

Le parti a eu à s’exprimer sur cela. L’article 299 stipule qu’«aucune procédure de révision ne peut être retenue si elle porte atteinte à l’unité nationale, à la cohésion du peuple burundais, à la laïcité de l’Etat, à la réconciliation, à la démocratie, à l’intégrité du territoire de la République ». Le même article ajoute qu’«aucun changement de la Constitution ne peut être entrepris quand cet amendement porte préjudice à cette même Constitution ». Il y a aussi dans ce projet de Constitution du flou sur la nomination par le président des membres du gouvernement. Il y a bien d’autres lacunes dans la nouvelle Constitution.

Le Ranac, va-t-il appeler à voter contre?

Le Conseil des représentants nationaux n’a pas encore donné de directives sur cette question.

Estimez-vous que l’opposition a assez de marges de manœuvre pour empêcher l’amendement de la Constitution?

Il est vrai que l’opposition est contre l’amendement de la Constitution. Mais il faut reconnaître qu’il y a un défi majeur à l’intérieur de l’opposition : le manque d’unité. Et avec ce défaut, des doutes sont permis sur sa capacité à faire échec à l’amendement de la Constitution. Mais il est trop tôt d’affirmer que l’opposition échouera.

L’opposition ne ferait-elle pas mieux d’exploiter à fond les deux semaines de campagne référendaire pour faire la promotion du ‘Non’?

Deux semaines de campagne pour la promotion du OUI ou du NON ne sont pas suffisantes, surtout qu’il y a des échos de politiques favorisés malheureusement par l’administration qui sont en train de faire la promotion du OUI. Le processus d’amendement de la Constitution devrait être caractérisé par le fair-play politique. Il devrait y avoir égalité de chance à atteindre les électeurs.

Selon nos sources, l’opposition rassemblée en Belgique caresse l’idée d’une lutte armée. Votre commentaire ?

L’envoyé spécial du Ranac n’a pas encore envoyé de rapport sur les grandes conclusions de la réunion. Mais en tout état de cause, le Ranac n’acceptera jamais la voie de la violence pour résoudre le problème actuel au Burundi: il n’y a pas d’autre voie pour faire prévaloir la démocratie qui ne passe par le respect du grand principe démocratique que sont les élections. C’est d’ailleurs pour cela que le Ranac est contre le boycott des élections.

Donc, vous appellerez vos militants et sympathisants à se présenter en masse au vote référendaire ?

Pour le moment, le Ranac est focalisé sur les élections de 2020. C’est pour cela que le Ranac n’est pas passionné par le référendum constitutionnel. Quand le jeu démocratique sera garanti, le Ranac est sûr qu’il changera la configuration de l’échiquier politique au Burundi et cela par la voie non-violente.

One Comment

  1. Important debat!l’opposition en exil a l’obligation de travailler pour leur pays non pour d’autres fins.Qui pense que la resistance armee dans cette region est encore meilleure option?Qui ignore les retombees de la guerre?Qui beneficie dans politiques sanglantes comme le disait Zedong?tout recourt a l’armee rebelle est une affirmation d’echec en politique humaine,pacifiste,et la voie qui amene aux enfers reste grandement ouvert.

    “la guerre ne rend pas justice aux opprimes,elle deconstruise la morale humaine,elle tue,et endeille le pays!”

    Je leur souhaite bonne route et reussite s’eloignera d’eux le long du chemin!

    “La patrie ou la mort,nous vaincrons” disait Sankara!

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