Justice

Grâce présidentielle 2018 : « L’association Ntabariza, sur les traces de l’APRODH », selon les détenus

L’Association Solidarité avec les Prisonniers et leurs Familles « Ntabariza » est en train d’occuper la place laissée par l’Association pour la Défense des Droits Humains et des prisonniers, APRODH de Pierre Claver Mbonimpa, radiée par le ministère de l’Intérieur.

« Je remercie le Président Nkurunziza pour la mesure de clémence. Je remercie aussi l’association Ntabariza qui a rendu disponibles les moyens de mon retour en famille à Kirundo, comme le faisait Pierre Claver Mbonimpa avant la radiation de son association ». Témoignage de Donathile Manirambona libérée de la prison pour Femmes de Ngozi après plus de 10 ans d’incarcération.
Selon Jean Marie Nshimirimana, président de « Ntabatiza », l’association a déjà facilité le retour en famille de 260 condamnés libérés des prisons de Ngozi ressortant des provinces Kirundo et Muyinga. Ticket retour aussi pour 39 condamnés élargis de la prison de Rutana et 59 de la maison de détention de Gitega.
Lui-même ancien détenu, Jean Marie Nshimirimana annonce que «  Ntabariza » est aussi prête à faciliter le retour dans les familles des condamnés qui seront élargis des prisons de Mpimba et de Rumonge, les deux plus grands établissements pénitentiaires du Burundi.

Toujours dans le registre de la grâce présidentielle, avant l’élargissement proprement dit, l’association « Ntabariza » a préalablement pris soin de recruter une trentaine de psychologues, sociologues et juristes qu’elle a déployés dans les onze prisons du pays. L’objectif était de tout mettre en œuvre pour que tout détenu concerné par la grâce puisse jouir de cette clémence.

Comme APRODH, « Ntabariza » fournit diverses assistances

Quant aux sociologues, ils sensibilisaient les détenus éligibles à la grâce présidentielle à la bonne intégration dans la société, une fois de retour en familles. « Nous leur faisions prendre conscience que même privé de liberté de mouvement, le prisonnier garde sa dignité. Une fois libre, il ne devrait pas s’auto-marginaliser. Il a plutôt le devoir de participer au développement du pays en commençant pas sa propre famille et doit aussi éviter à se faire justice en cas d’altercation.  » Témoignage d’Evella Korineza, conseillère en sociologue à «  Ntabariza ».

A son tour, la psychologue Nadège Mugabekazi renseigne que lors des missions dans les prisons, « Ntabariza » insistait sur le danger de l’alcoolisme, la toxicomanie ou le vagabondage sexuel, sources de multiples infractions pouvant conduire au récidivisme.

Des actions remarquées et appréciées par les bénéficiaires. Elle aussi graciée, Ange Nemeyimana, tranquillise condamnés et prévenus qui ne savent plus à quel saint se vouer depuis la radiation de l’association de Pierre Claver Mbonimpa. « Ntabariza est sur la trace de l’APRODH. Comme le faisait cette dernière, elle fournit l’assistance juridique aux prisonniers, comme peuvent en témoigner nombreuses femmes de la prison Ngozi et les détenus de Mpimba. Comme APRODH, elle facilite aussi le retour en famille».

Last but not least, selon Jean Marie Nshimirimana, «  Ntabariza » compte s’associer aux détenues lors de la Journée Internationale de la Femme le 7 mars.

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