Économie, Économie régionale

“La sécurité des marchandises dans les wagons sur le corridor central n’est pas rassurante”, selon l’Acobu

Le chemin de fer tanzanien, à Tabora

Le président de l’Association des Commerçants du Burundi (Acobu) Antoine Muzaneza liste les raisons du manque d’enthousiasme des hommes d’affaires burundais pour le chemin de fer tanzanien.

“Le transport par train et par bateau est très économique. Des commerçants burundais l’expérimentent”, concède Antoine Muzaneza. Il indique que le coût de transport par tonne de marchandises livrées par train de Dar-es-Salaam à Kigoma, puis par bateau de Kigoma à Bujumbura, revient au plus à 75 $ contre 90 voire 120.000$ si le transport se fait par camion.

Plus concrètement, les frais de location d’un wagon Dar-es-Salaam-Kigoma sont de 1.800 $, le chargement maximum étant de 40 tonnes. Le train met seulement un jour pour arriver à Kigoma. Le transport sur le lac n’est non plus très cher par rapport au coût du transport routier: 35.000 Fbu la tonne, de Kigoma à Bujumbura, indique M. Muzaneza.

Pourtant, le transport par train relayé par le bateau n’emballe pas encore les commerçants pour multiples raisons. D’abord, “au port de Dar-es-Salaam, il est difficile d’avoir un wagon. Au lieu d’attendre quand son tour arrivera, bien des commerçants préfèrent charger le container de marchandises sur des camions”. Bien plus, “beaucoup de commerçants ne sont pas encore bien informés et sensibilisés sur les avantages du train et du bateau”.

« Des bateaux d’un certain âge »

Le président de l’Association des Commerçants du Burundi signale aussi que «le chemin de fer Dar-es-Salaam –Kigoma est encore dans sa phase d’essai. Mais par-dessus tout, les commerçants craignent pour la sécurité de leurs marchandises. Les wagons ne sont pas fermés ». Concrètement, poursuit-il, une fois un container arrivé au port de Dar-es-Salaam, le contenu est déchargé avant d’être rechargé dans un wagon où les marchandises sont à découvert: «Cela ne rassure pas les commerçants importateurs. Les rares Burundais qui l’empruntent embarquent des produits difficiles à voler comme les fer à béton, profilés et le ciment”. Et M. Muzaneza de plaider pour le renforcement de la sécurité tout le long du chemin de fer par les autorités tanzaniennes.

Le président de l’Acobu déplore aussi le fait qu’il n’y a pas de wagons-citernes sur ce parcours alors que le Burundi transporte son carburant exclusivement par route. Autre raison de la réticence des commerçants à utiliser le train et le bateau sur le Corridor central vient du fait que « les bateaux de transport de marchandises immatriculés au Burundi sont d’un certain âge ». Sur ce, il s’en prend à ses confrères commerçants « qui ne s’associent pas pour acquérir des bateaux neufs ».

Enfin, au niveau du temps, M. Muzaneza constate qu’il faut du temps pour remplir les wagons, “entre-temps un container chargé sur un camion est déjà à Bujumbura”. Sur ce point, M. Muzaneza trouve que c’est difficile pour les commerçants de se regrouper pour faire transporter leur marchandise par train car « chacun passe ses commandes de sa façon ».

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