#BurundiDialogue

“L’UA et l’ONU ont récupéré le dialogue inter-burundais normalement piloté par l’EAC”, selon François-Xavier Ndaruzaniye

Le président de la ligue des droits de l’homme « Izere Ntiwihebure » n’a pas été invité à participer au dialogue inter-burundais qui s’ouvre à Arusha depuis le 27 novembre. Il est remonté contre certaines personnalités de l’UA et de l’ONU à Bujumbura ainsi que contre certains fonctionnaires du bureau de la facilitation.

D’après vous, pourquoi vous n’avez pas été invités à participer à la prochaine session du dialogue inter-burundais ?

Avant ce round, notre organisation était toujours invitée. Nous pensons qu’il y a des forces non encore clairement identifiées et non maîtrisables qui auraient une mainmise sur le bureau de la facilitation.

Qui seraient ces forces, d’après vous ?

C’est sans aucun doute l’équipe de l’Union Africaine de Bujumbura. Nous citons ici Altiné Traoré, ami très proche des milieux radicaux des activistes burundais. Nous citons aussi son proche collaborateur, Bamba Kassim passé depuis peu de temps de l’UA aux Nations Unies, à Bujumbura. Il est très proche des milieux de l’opposition burundaise en exil en Belgique. Sans oublier Boubacar Kane, un proche de Benomar, ancien envoyé spécial du Secrétaire Général des NU chassé depuis par le Gouvernement burundais. Dans l’équipe de la facilitation, ces forces ont déjà noyauté Messieurs David Kapya et Macocha Tembele qui se comportent comme des aventuriers téléguidés par l’UA, ONU et de l’ONG CMI (Crisis Managment Initiative) pour manipuler le Facilitateur Mkapa.

Pourquoi les qualifiez-vous d’aventuriers ?

Messieurs Macocha et Kapya n’ont jamais été nommés formellement comme membres de la facilitation par le Sommet des Chefs d’Etat de l’EAC. Mais ils sont en train d’engager le bureau de la facilitation dans une démarche hasardeuse et dangereuse. Nous rappelons ici que les seuls qui aient été nommés par le Sommet des Chefs d’État de l’EAC sont le Président Yoweri Museveni et l’ancien président Mkapa. Le président Magufuli a mandaté auprès de Mkapa le Général de Brigade Francis Mndolwa. Le président Uhuru Kenyatta a mis à la disposition de Mkapa M. Ken Vetisia, actuel ambassadeur du Kenya au Burundi. Et le Président Museveni a mandaté le Général de Brigade Henri Masiko. Voilà l’équipe officielle qui doit assister le Facilitateur.

Y’aurait-il des acteurs de plus à cette équipe ?

Force est de constater que Macocha Tembele qui est un jeune assistant inexpérimenté de Mkapa et David Kapya qui est un retraité du système des NU et de l’UA et membre du CMI (conflit d’intérêt) s’arrogent le droit d’effectuer de fréquentes visites en Belgique soi-disant pour y rencontrer l’opposition burundaise en exil sans en aviser les personnalités mises à la disposition du Facilitateur. Et c’est cette équipe qui a ouvert la brèche à l’UA et ONU pour s’immiscer activement dans le travail du bureau de la facilitation. L’exemple le plus flagrant, c’est qu’ils travaillent avec leurs partenaires UN, UA et CMI, sans aucun cadre légal conforme à la procédure interne, c’est-à-dire l’absence d’un mémorandum d’entente entre l’EAC et ces partenaires qui précise les conditions de cette collaboration.

Vous ciblez des gens de l’UA et ONU alors que le dialogue est dans les mains du bureau de la facilitation conduite par Mkapa …

Vous êtes sans ignorer qu’il y a eu une résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies donnant mandat à l’EAC de piloter le dialogue inter-Burundais avec appui de l’UA et de l’ONU. Mais la décision finale revient à l’organe suprême de l’EAC, le Sommet des Chefs d’Etat. Ce round de dialogue censé être le dernier a été financé en quasi-totalité par l’ONU et l’Union Africaine. On comprend donc l’implication des noms ci-haut cités dans le choix des personnes invitées.

Pas d’autres raisons pour expliquer votre absence à Arusha ?

Je suis convaincu que la Ligue Izere Ntiwihebure n’a pas aussi été invitée à cause de notre fermeté pour la cause nationale. On dirait que cette équipe de l’UA et de l’UN à Bujumbura voudrait l’unicité des idées. Comment aurais-je pu être invité par une équipé pilotée par Altiné Traoré quand j’ai passé toute l’année 2015 à expliquer aux jeunes burundais que seules la paix et la sécurité sont la base de la démocratie au moment où Altiné a passé tout ce temps à retweeter les messages de haine et de subversion lancés par ses amis activistes radicaux extrémistes ?

Sur la liste, on ne voit pas les grands noms de la société civile en exil comme Pacifique Nininahazwe, Vital Nshimirimana, Armel Niyongere, Anschaire Nikoyagize, etc. Y aurait-il une corrélation entre votre refus et celui de ces activistes ?

Ils ne sont pas invités car ils font l’objet d’un mandat d’arrêt international en rapport avec leur implication dans les manifestations violentes et le putsch manqué depuis avril 2015. Certains ont été chassés de la salle lors de la session de dialogue à Arusha en juillet 2016 et au cours duquel ils ont échappé à l’arrestation suite à leur protecteur Tom Perriello, alors envoyé spécial des USA aux pays des grands lacs. Leurs revendications ne sont plus d’actualité. Ils réclament notamment le départ du Président Nkurunziza, un gouvernement de transition alors qu’aujourd’hui cette session va se focaliser sur la feuille de route vers les élections de 2020. Or, depuis 2015, la Ligue Izere Ntiwihebure a passé tout son temps à éteindre leurs propos de haine et incendiaires. Comme ces activistes amis d’Altiné n’ont pas été invités, nous en devenons victimes.

Mais quel message auriez-vous aimé transmettre au Facilitateur ?

Nous souhaiterions être à Arusha comme une force de proposition. Étant constamment sur le terrain, nous connaissons les doléances fondamentales de la population. C’est notamment la paix et la sécurité, le développement humain et durable et être consultée dans toutes les décisions majeures de la vie politique du pays. Nous aimerions aussi dire au facilitateur de tout mettre en œuvre pour que tous nos concitoyens réfugiés pris en otage dans le camp  de Mahama au Rwanda puissent être libérés et rapatriés au bercail sans condition. Nous aurions aimé enfin lui demander de convaincre les politiciens exilés de rentrer au pays pour se préparer aux élections libres et transparentes de 2020.

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