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Japhet Legentil Ndayishimiye : « Le flux de fonds provenant de la diaspora dépasse l’enveloppe que l’UE accorde au Burundi »

Japhet Legentil Ndayishimiye, président de la Diaspora Burundaise est dubitatif à la question si la diaspora pourrait être une alternative à l’apport en devises via l’UE. Mais il est persuadé que la diaspora « pourrait contribuer d’une manière  incomparable » dans l’afflux de devises au pays , si…

Japhet Legentil Ndayishimiye, président de la Diaspora Burundaise, réside en Norvège

La diaspora burundaise, peut-elle constituer une alternative au manque de devises que le Burundi connaît actuellement?

Nous ne saurions le dire. Mais nous confirmons que celle-ci pourrait contribuer d’une manière incomparable si le gouvernement applique une Politique de la Diaspora dans les différentes transactions monétaires ou d’investissement. En plus des transactions bancaires, les estimations du flux de fonds provenant de la diaspora dépassent l’enveloppe que l’Union Européenne accorde au Burundi. Donc nous sommes des partenaires fiables. Les envois de fonds sont habituellement réalisés pour aider les membres des familles qui sont dans le pays à faire face aux besoins financiers et alimentaires, frais de scolarité, obsèques, entretien de maison, etc.

Comment la diaspora burundaise peut-elle contribuer à amener les touristes visiter le Burundi ?

La diaspora contribue dans le marketing de bouche à oreille du tourisme au Burundi. Plusieurs Burundais viennent en vacances avec des amis ressortissant des pays de leurs résidences. La diaspora contribue aussi par des activités réalisées dans les pays de résidence. Nous avons des Burundi qui ont formé des mariages mixtes, c’est une richesse. En plus de cela, il y a les groupes culturels opérant dans la diaspora. Comme les Burundais partagent la langue et la culture des pays qui les hébergent, ils sont devenus de vrais ambassadeurs du Burundi. Nous déplorons certains Burundais qui présentent le Burundi comme un pays à fuir alors que leurs proches sont au pays natal : c’est un comportement irresponsable.

Quelle serait la taille de la diaspora burundaise?

Les Burundais de la diaspora sont actuellement estimés à presque 6% de la population burundaise, soit environ 600.000 personnes. Nous avons observé dans les années 2000 un important flux migratoire, particulièrement vers l’Europe, plus précisément en Belgique, au Pays-Bas, en France, en Angleterre, et surtout dans les pays scandinaves comme la Norvège. Les États-Unis ont accueilli sur leur territoire plus de 10.000 migrants burundais dans les années 2005. Le Canada, l’Australie hébergent un grand nombre de Burundais venus de Tanzanie. Sans oublier l’Afrique qui regorge un nombre non négligeable d’investisseurs burundais : Zambie, Kenya, Ouganda, Afrique du Sud, Tanzanie et Mozambique.

Pourquoi vous avez-vous changé l’appellation de l’organisation que vous représentez de AIDBU à “Diaspora Burundaise” ?

Il y a eu insistance de plusieurs associations et individus qui ont exigé le changement de nom pour adopter une appellation qui rassemble et d’ouvrir les portes à tout le monde. Nous avons voulu tendre la main pour écarter d’éventuels alibis. Une fiche d’inscription est en circulation pour adhérer à la plate-forme de la diaspora.

En Belgique notamment, la diaspora burundaise est composée d’intellectuels nantis de diplômes de hauts niveaux d’études. Êtes-vous sûrs qu’ils se reconnaissent dans votre plateforme ?

Nous avons dans l’organisation des diplômés de haut niveau en Europe, en Amérique, en Asie en Australie et ailleurs. La Belgique est juste un pays parmi d’autres, même s’ils sont nombreux. Bien plus, il y a bien des Burundais de la diaspora nantis de diplôme de hautes études mais qui parlent d’autres langues que le français et l’anglais. Pour ce qui est de la reconnaissance de l’organisation de la Diaspora Burundaise, elle peut être individuelle ou au niveau des associations. La plateforme que je préside a été officiellement formée en juin 2012 lors de la mise en place des organes dirigeants. En juillet 2017, nous avons procédé à l’élection de nouveaux organes. Des Burundais de la diaspora venus de 25 pays étaient représentés.

Vous procédez depuis peu à des nominations des responsables de la diaspora, au Maroc, Espagne, Russie, Chine, Soudan… Des nominations qui apportent leur lot de polémiques?

Nous avons fait des nominations provisoires dans la perspective d’organiser des élections des représentants définitifs. Il peut y avoir des polémiques sur l’une ou l’autre nomination. L’important est d’ouvrir les portes pour ceux qui veulent adhérer à notre plateforme. Je tiens à préciser que nous choisissons des représentants tout en considérant la représentativité aux niveaux ethnies, genres, origines politiques et religieux. Ainsi, il nous sera facile de raffermir l’unité par nos différents représentants. Nous sommes en train de s’organiser dans les différents régions et pays afin de trouver des représentants et nous allons continuer. La diaspora sera plus forte si elle a des organes aux quatre coins du monde.

Quelles relations entretenez-vous avec le ministère des Relations Extérieures ?

Chaque pays s’organise de sa manière en matière de politique de la diaspora. Nous avons déjà travaillé avec ce Ministère, et une politique Nationale de la Diaspora a été adopté. La Diaspora Burundaise est une structure qui travaille avec les associations et les individus non-organisés et cette structure doit servir tout le monde, en dehors du pays comme au Burundi.

Votre plateforme ne risque-t-elle pas d’être perçue comme une caisse de résonance du pouvoir de Bujumbura ?

Nous travaillons en partenariat pour le développement de notre pays. Nous avons des représentants dans diffèrent pays. Mais il y’a une grande différence entre l’organisation de la Diaspora et la représentation diplomatique qui travaille pour le gouvernement.

4 Comments

  1. Ntahitangiye

    “Quelles relations entretenez-vous avec le ministère des Relations Extérieures ?”
    “Votre plateforme ne risque-t-elle pas d’être perçue comme une caisse de résonance du pouvoir de Bujumbura ?”
    C’est vrai que chaque pays organise de sa manière sa politique de la diaspora; mais pour le développement national la diaspora travaille en collaboration avec le gouvernement en place. Pour les autres pays, y compris les pays occidentaux, ce sont les autorités représentant leurs pays ( ambassade, consulat) qui se retrouvent avec leurs diasporas pour fêter ou voir ce qu’il y a à faire entre eux et dans leurs pays. Les Burundais ne devraient pas être une exception planétaire pour vivre différemment.
    Depuis longtemps la diaspora burundaise est constituée par les Burundais se trouvant en Occident (là où il y a beaucoup d’argent); après on a commencé à parler des diasporas dans les autres pays. Une fois bien organisée la diaspora burundaise résidant en Afrique pourrait apporter une contribution importante au développement national.

  2. Mon Dieu,Mr Japhet,à un malin ……
    Donc,tu fonde une association AIDBU,et d’un coup elle devient Diaspora Burundi!!!,et tu es le président absolu. Juste tes questions pour sieur Japhet:
    1. Pourriez vous nous faire la définition du mot diaspora
    2. Pourriez vous nous donner le nombre exact de vos membres ,comme étant une association ,il vous faut sûrement les membres pour sa création.
    3. Comme AIDBU ,etant enregistré en Norvège,donc votre association Diapora est enregistrée où ?
    4. Mr Japhet ,pour vous on commence par nommer les dirigeants puis on crée une association. Et vous trouvez ça normal.
    5.Mr Japhet,comme votre soif et ignorance semblent être illimités, allez vous creer bientôt une autre association dénommée “Burundi” et en devenir le président?

    Juste un clin d’oeil ,vous vous rappelez Legentil,wow,j’espère qu’il y a encore des places kwa Legentil mu Gasenyi

  3. Mbabarempre Juvent

    Je connais très bien ce Japhet, et je l’ai meme aidé lors d’un séminaire tenu à Brusselles, où il jouait le role d’un photographe incontrôlable. C’est un grand malin qui a utilisé sa religion pour venir dans ce séminaire avec le Maire de la Commune dans laquelle Japhet travaille comme archiviste. N’attendez rien de lui. Cette Diaspora n’aidera en rien notre cher Nation, car tout ce que cette Diaspora demande, c’est des faveurs uniquement. Il faut diminuer en leurs faveurs en ceci ou cela, il faut leur appreter des parcelles pour construire mais que la plupart vendra car incapable de construire une maison. Ils se plaignent des frais du télephone, car disent-ils le Gouvernement a haussé les tarifs. Heureusement pour eux qu’ils ont WhatsApp. Ils vont contacter des prêts bancaires qu’ils ne rembourseront jamais. Ntitwihende nta japhet azogira ico amarira Diasora, et encore moins notre Pays

  4. Ntahitangiye

    Juste une question:
    Existe-il dans le monde, un groupement de personnes se réclamant d’être une diaspora et ignorant les autorités du pays d’origine s’ils ne sont pas réfugiés ?
    S’ils sont réfugiés ils dépendent du programme du Haut Commissariat de l’ONU et s’ils ne sont pas réfugiés ils dépendent du programme de leur gouvernement d’origine.
    Qu’on nous explique clairement le sens de ces diasporas burundaises qui ne dépendent pas du programme du Ministère des Affaires Etrangères du Burundi.

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