Économie locale

Électricité chère mais petits consommateurs aux anges à Bujumbura

Les “petits” clients de la Régie nationale de distribution de l’eau et de l’électricité (Regideso) dans la capitale saluent la disponibilité de l’électricité suivant le nouvel horaire de sa distribution. Explosion de la facture ? Ils sont prêts à mettre la main à la poche.

Jabe, commune Mukaza, place dite « Ku mbaho ». Un menuisier retire un madrier d’une raboteuse et s’ahanne à l’introduire dans une dégaucheuse. A côté de lui, un autre menuisier fait passer une planche dans une ponceuse. La toupie tourne à plein régime. Dans cet endroit, c’est le vrombissement des scies électriques : « Je loue la Regideso pour ses efforts de fournir du courant dans notre quartier. Les jours passés, les petits artisans vivions le calvaire voire la galère : une dizaine de minutes et le courant partait ! Maintenant, nous avons l’électricité depuis 6 heures du matin jusqu’à minuit ».

Sourire aux lèvres, un autre menuisier s’invite à la conversation : « La Regideso a déjà informé la population de l’augmentation des prix de l’électricité. Mais mieux vaut des factures corsées que ne pas du tout avoir du courant ». Les menuisiers déplorent quelques perturbations dues à des coupures intempestives, « heureusement qui ne durent que de cinq à dix minutes ». Même satisfaction chez les coiffeurs, les propriétaires de moulins, les soudeurs.

« Payer cash ou raccordement immédiatement coupé »

Au quartier Kanyosha (sud de la capitale), un domestique se félicite qu’avec « le courant ininterrompu », il ne subit plus les réprimandes de sa patronne pour n’avoir pas été à mesure de repasser convenablement toute la lingerie.

Les suppôts de Bacchus saluent le retour dans les petits bistrots de la bière fraîche. Sourire aussi retrouvé chez les vendeurs des produits laitiers. Satisfaction également chez les élèves en ce début de l’année scolaire: « Finies les fatigantes révisions de matières sous la bougie. Ça abimait nos yeux ; nos performances scolaires chutaient ».
Un petit souci cependant : échaudés par la longue période de délestage, certains clients se demandent si réellement la Regideso tiendra pour longtemps son pari de fournir du courant 18 heures par jour.

Le Directeur Général Jéroboam Nzikobanyanka tranquillise : « Sauf en cas des perturbations dues aux événements imprévisibles ou aux causes étrangères à notre volonté, les 18 heures seront toujours respectées». Aux mauvais payeurs, le DG avertit : « La Regideso consent des efforts énormes pour assurer la fourniture de l’électricité : 6 milliards par mois que nous allons payer à la société Interpetrol. En cas de mauvais paiement, la Regideso coupe le courant au client défaillant ».  

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*