Économie

Parcem : « Un budget supporté 100% par les recettes internes équivaut à mettre les Burundais sous sanctions »

Le représentant de la Parcem Faustin Ndikumana s’inscrit en faux contre la politique du gouvernement qui voudrait financer à 100% le budget de l’Etat 2018 par les recettes internes, politique qui équivaudrait à « mettre le peuple burundais sous sanctions » compte tenu de la pauvreté ambiante.

Faustin Ndikumana, Directeur exécutif Parcem

Jeudi le 21 septembre. A l’occasion de l’ouverture d’un atelier de deux jours qui a réuni à Ngozi les cadres du ministère des Finances et les chefs de services de l’Etat chargés de la collecte des ressources financières, le ministre de tutelle Domitien Ndihokubwayo exprime son souhait de voir le budget de l’Etat 2018 financé par les ressources propres. Celui de 2017 avait déjà amorcé la tendance: il a été financé à 70,3% par les recettes collectées par l’Office Burundais des Recettes (OBR).

Et Faustin Ndikumana de monter aussitôt au créneau: « Dire que les dépenses de l’Etat peuvent être supportés par les recettes internes est inimaginable dans le cas présent pour le Burundi». Difficile pour lui de s’imaginer comment seuls les taxes et impôts financeront les dépenses de souveraineté (administration, justice, défense, sécurité, fonctions institutionnelles, relations extérieures, élections), les dépenses sociales (santé, école, culture) et les dépenses d’investissement  (infrastructures, routes, barrages hydroélectriques, télécommunications, bâtiments publics, politique volontariste de promotion des exportations pour accroître la rentrée en devises, etc.)

L’activiste de la société civile qui généralement n’a pas la langue dans sa poche apostrophe le gouvernement : « La mission principale de l’État est de lutter contre la pauvreté, améliorer le bien-être des citoyens quelle que soit l’origine des ressources ». Et puis lui, “à voir la pression fiscale déjà en place, je ne crois pas que les recettes internes puissent permettre le Burundi de se tirer des affres de la pauvreté. Avec un budget de l’Etat financé à 100% par les recettes internes, le Burundi ne sera pas engagé sur une politique de développement digne de ce nom ».

Le gouvernement voudrait l’appui extérieur qu’il ne l’aurait pas : bonne gouvernance exige !

M. Ndikumana trouve que le financement du budget de l’Etat par les recettes interne équivaudrait à mettre le peuple burundais sous sanctions: « Le gouvernement du Burundi ne peut pas mettre son peuple sous sanctions en le privant des appuis substantiels dont jouissent d’autres peuples ». Il croit dur comme fer que « même les pays puissants ne peuvent pas prétendre vivre en autarcie au niveau des dépenses publiques ».

Si l’appui étranger au budget de l’Etat est impératif, d’après lui, il constate que le gouvernement du Burundi est loin de satisfaire aux conditionnalités pour le mériter d’abord et en bénéficier ensuite comme les autres pays : « Le Burundi doit être ouvert à tous les financements. Mais il faut une politique de bonne gouvernance prouvant qu’on mérite même les appuis extérieurs ».

Last but not least : selon le représentant légal de PARCEM, « le Burundi ne peut pas compter financer ses dépenses par la pratique devenue monnaie courante d’exiger d’autres contributions en dehors de toute réglementation budgétaire au niveau de la collecte, du contrôle et de la comptabilité appliquée ».
Ici, il fait allusion notamment à l’appel du chef de l’Etat de financer les élections de 2020 en recourant aussi aux contributions de la population. Cette contribution est jusqu’ici volontaire mais on se rappellera qu’il y a un mois, les gouverneurs et administrateurs de tout le pays ont émis la proposition de rendre obligatoire à tout citoyen la contribution pour les élections de 2020.
Le Burundi aura-t-il les moyens de sa politique ?

 

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