Économie

Parcem: « S’il n’y a pas d’hyperinflation au Burundi, c’est parce qu’il n’y a plus de consommation »

Dans sa conférence de presse de ce vendredi 8 septembre sur le manque de devises au Burundi, Faustin Ndikumanan s’inscrit en faux contre “le discours officiel qui explique la faiblesse de l’inflation (hausse de prix sur le marché) essentiellement par la politique de la banque centrale”. Pour le représentant du PARCEM, “s’il n’y a pas d’hyperinflation au Burundi, c’est parce qu’il n’y a plus de consommation.”

Vendredi 8 septembre. Taux du dollar au marché noir: 2.720 Fbu contre 1.738  à la Banque centrale, la BRB (Banque de la République du Burundi). Face à cette différentielle de presque 1.000 Fbu, l’on n’attendrait à une explosion de prix sur le marché, une inflation exponentielle. Il n’en est pas ainsi. Même Faustin Ndikumana reconnaît que la hausse des prix sur le marché est en deçà de l’impact que cette différentielle aurait dû entraîner.
Pour lui, si l’inflation n’a pas explosé, ce n’est pas à mettre au compte de la banque centrale qui « gère en bon père de famille » les devises du pays. Loin de là : « Les Burundais survivent. A part quelques citadins qui ont un train de vie élevé, le commun des Burundais n’ont pas un pouvoir d’achat qui permet d’acheter autres denrées en dehors des vivres et autres produits de première nécessité », nuance Ndikumana.

Des produits passent une éternité dans les stocks des importateurs, fait-il observer. Par conséquent, ceux-ci n’auront pas à aller chercher des devises pour passer de nouvelles commandes. Commerçants et cambistes confirment ce constat.

Le rôle de la BRB est primordial

Cette façon de voir de Faustin Ndikumana semble minimiser l’action de la BRB qui centralise 80% des devises qui entrent dans le pays. Depuis longtemps, la BRB se montre sereine sur la question de la dépréciation du Fbu. A titre d’exemple, dans un article paru dans Iwacu le 3 août 2016 intitulé « Les glaneurs de devises », alors directeur des études et statistiques à la BRB, l’actuel commissaire général de l’office burundais des recettes, Audace Niyonzima, tranquillisait : « Le marché parallèle ne représente que 20% des devises utilisées dans les importations. Toute saut d’humeur de ce marché ne devrait pas en principe déstabiliser outre mesure l’économie nationale ».

L’on saura que selon la politique de BRB, les devises qui entrent au pays sont orientées prioritairement vers l’importation des produits stratégiques : carburant, médicaments, intrants agricoles et industriels et aliments. Ce sont principalement ces produits stratégiques qui sont importés sur le taux de la BRB qui font qu’il y a maîtrise de l’inflation dans le pays.

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