Politique

“Le Burundi vient de vivre une semaine sombre” selon Tatien Sibomana

Beaucoup de faits qui n’ont pas été du goût de l’opposant politique Tatien Sibomana la semaine écoulée : « Cadavres dans des rivières, arrestations arbitraires, croisade de prière du parti CNDD-FDD et Imbonerakure days à Gitega (centre du pays, 100 Km de Bujumbura), deuxième anniversaire du troisième mandat du Président Nkurunziza, délégation de la facilitation qui n’a rencontré que les gens du pouvoir ».

Pour cet élu à la députation sous la bannière de la coalition des indépendants d’Amizero y’Abarundi mais qui n’a pas voulu siéger à l’Hémicycle de Kigobe, au point de vue sécuritaire, la semaine écoulée aura été marquée par « la résurgence du phénomène des cadavres jetés dans des rivières ». Cela nous inquiète, indique M. Sibomana, étant donné que ceux qui sont retrouvés ne constituent peut-être qu’une infime partie des disparus.

La semaine passée aura été aussi marquée par « des emprisonnements arbitraires ». Il cite le cas de « 36 jeunes dont 24 du camp des déplacés de Ruhororo (province Ngozi, nord du pays, 112 Km de Bujumbura) arrêtés il y a six jour sur le territoire burundais à Ruhororo sous le seul prétexte qu’ils étaient dans des véhicules Probox. Aucune preuve de leur culpabilité ». Mais l’on saura qu’au moment de leur arrestation, la police avait affirmé que ces jeunes tentaient de rejoindre la Tanzanie.

Il cite aussi la rétention des étudiants de l’Université du Burundi dans la matinée du samedi 19 août. « Ils furent libérés après paiement d’une amende, argent versé sur le compte de la mairie.  Le percepteur de cette amende n’assume pas la destination. Signe que cette amende est illégale et n’entre pas dans le Trésor public », affirme –t-il.

« La croisade de prière relève de l’idéalisme béat qui frisent l’idolâtrie »

Au point de vue politique, l’opposant Sibomana revient sur l’équipe de la facilitation du dialogue extérieur qui a séjourné au pays. Il affirme que cette délégation n’a rencontré que des gens du pouvoir. « Cela dénote que c’est peut-être le suivi des recommandations que différentes instances ont faites au pouvoir de Bujumbura ». Résigné, il lâche : « Peu importe les personnes rencontrées. Ce qui importe au contraire, c’est le résultat qui sera vérifiable avec la session du dialogue qui devrait normalement être convoquée dans les meilleurs délais ».
Autre fait aura été les journées de prières organisées par le parti au pouvoir, le CNDD-FDD à Gitega. «  La croisade de prières relève de l’idéalisme béat  jusqu’au seuil de l’idolâtrie ». Pour lui, le système CNDD-FDD n’est plus basé sur des valeurs universelles que l’on peut évaluer. Et de tonner : « Gérer un pays suppose une vision politique, économique, sécuritaire, etc. Bref, une vision évaluable dans le temps et dans l’espace ».

Dans le même registre, l’opposant Sibomana stigmatise la journée des Imbonerakure à Gitega. « Le message est clair : c’est un durcissement du régime, lequel apparaît dans le discours développés ce jour-là. » Il s’inscrit en faux contre une opinion qui dit que «  Imbonerakure day » a été un grand succès surtout qu’il a vu la participation des jeunes des pays étrangers. « Des jeunes des pays de même calibre que le Burundi en termes de gouvernance démocratique et des Droits de l’Homme à l’instar du Tchad, du Congo Brazaville, de la Turquie sont les seuls qui ont répondu présents à ce rende z-vous ». Par contre, au regard des inscriptions sur la sculpture offerte par les Imbonerakure au Président Nkurunziza et numéro un du Conseil des Sages du parti, la plus haute instance du CNDD-FDD, Tatien Sibomana s’écrie : « La jeunesse Imbonerakure est toujours manipulée dans le sens que veut le pouvoir en place ». L’on saura qu’il était écrit sur ce cadeau : « Nyenicubahiro, Imbonerakure tuti : hangama ku ngoma », (« Excellence, Imbonerakure disons : Long règne au pouvoir. »)

Enfin, la fin la semaine passée aura été marquée par le deuxième anniversaire de la prestation de serment du Président Nkurunziza pour son deuxième mandat comme Président élu au suffrage universel. Tatien Sibomana tire un bilan « catastrophique » notamment pour ce qui est de l’économie : « Le pouvoir d’achat de la population a terriblement chuté au moment où les salaires ne sont jamais indexés au cours des devises ou au taux d’inflation ».

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