Économie locale

Ecobank-Burundi : « Santé financière très bonne, licenciement légal, avantages au-delà du minimum légal », selon son ADG

L’Administrateur Directeur Général d’Ecobank-Burundi, Victor Noumoué a démenti les rumeurs remettant en cause  la santé financière de son institution. Il fait observer que  le récent  licenciement  pour motif économique d’une partie de son personnel  suite à la réorganisation du travail du fait de la digitalisation de ses activités est conforme à la loi burundaise. Il exhorte les ex-employés retardataires à signer un protocole d’accord avec la banque. Ce protocole reprend les avantages prévus par la loi burundaise et d’autres avantages additionnels pour accompagner ses ex-employés. Un clin d’œil : « Les ex-employés qui ne signeront pas ce protocole devront se contenter du minimum légal ». C’était lors d’une conférence de presse ce vendredi 18 août à Martha Hotel de Bujumbura, quatre jours après que certains ex-employés avaient porté leur protestation devant la presse et menaçaient même de traduire la banque en justice.

Au milieu: l’Administrateur Directeur Général Ecobank-Burundi, Victor Noumoué

« Est-ce que le licenciement s’est fait dans le respect de la loi burundaise et selon les textes de la banque ? Le licenciement,  n’est-il pas un signe qui ne trompe pas d’une mauvaise santé de banque ? N’y a-t-il pas contradiction entre le motif économique écrit sur la lettre de licenciement et la vraie raison : l’adoption de la stratégie de digitalisation des services de la banque ? » Quelques-unes des questions posées par les  journalistes.

Le DG de la banque a été est on ne peut explicite : « La santé financière de la banque est bonne», a martelé Victor Noumoué.  Et  la presse de rebondir : comment une entreprise qui a une santé bonne peut-il licencier une partie de son personnel ?

Sur ce, l’ADG Noumoué  a fait observer que le Code du Travail en vigueur au Burundi autorise des licenciements pour raisons économiques quand même la santé d’une entreprise est bonne.

Bonne  santé d’Ecobank et licenciement légal

En effet, les dispositions de l’article 70 du décret-loi n°1/037 du 07/07/1993 portant révision du Code du Travail du Burundi stipulent que le licenciement pour raisons économiques peut  être dicté par deux facteurs : les mauvaises performances de l’entreprise -ce qui n’est pas le cas pour Ecobank Burundi, a martelé m’ADG tout le long de la conférence- et la réorganisation du travail. Et c’est ce dernier cas qui justifie le licenciement à l’Ecobank.

Selon l’ADG,  à  l’instar des 33 filiales africaines du Groupe Ecobank,  la filiale du Burundi a entrepris un changement de son modèle opérationnel par la mise en œuvre une stratégie de digitalisation.  Cette nouvelle  stratégie  de digitalisation de ses activités bancaires qui a été approuvée par le conseil d’administration de la banque et la Banque de la République du Burundi (BRB) privilégie les canaux de distribution alternatifs tels que les Distributeurs Automatiques de Billets (DAB), les cartes bancaires, la banque par internet et la banque sur mobile  en lieu et place des agences bancaires traditionnelles détenues en propre.  A cet effet, la banque a opéré une consolidation de son réseau d’agences qui se traduit par une organisation du travail et une réduction de l’effectif de ses collaborateurs.

« Dans le cas de figure, le licenciement de nos employés est   une conséquence du changement de notre modèle opérationnel  qui va  nous permettre  à terme de renforcer l’inclusion financière au Burundi grâce à la mise à disposition des services financiers simples, accessibles et à moindre coût à notre clientèle à l’échelle des 129 communes du pays. »

Concertation et transparence

A la question des journalistes  sur la transparence dans la détermination du personnel à licencier, l’ADG a été on ne peut plus clair :

« Comme  instruit par l’article 24  du code du travail, la banque a informé les  représentants des travailleurs  pour entendre leurs avis et suggestions sur les mesures appropriées à prendre. A cet effet,  sept réunions de concertation sanctionnées par des procès-verbaux signés ont été organisées avec les représentants du personnel ». 

Ainsi, les critères de sélections ont été arrêtés en vertu de  l’article 70 du décret-loi n°1/037 du 07/07/1993 portant révision du code du travail du Burundi dispose : « Les critères de licenciement pour raisons économiques sont fixés par les conventions collectives ou à défaut par ordonnance du Ministre ayant le Travail dans ses attributions. Seront tenus en compte notamment : la qualification et l’aptitude professionnelle, l’ancienneté de service, l’âge ainsi que les charges familiales. »

Minimum légal plus autres avantages : signature préalable d’un protocole d’accord

A la question des journalistes si  la banque ne donne des indemnités d’une  main  pour les retire d’une autre, l’ADG donne un éclairage. « En plus des indemnités légales prévues par la loi burundaise, Ecobank Burundi s’est proposé d’accompagner ses ex-employés en leur proposant entre autres :

  • jusqu’à douze mois de salaire selon l’ancienneté au titre prime de bonne séparation ;
  • le maintien du taux d’intérêt bonifié  de 4% au lieu du taux clientèle de  18% ;
  • un différé de douze (12) mois sur le principal pour le remboursement des prêts ;
  • une prorogation de douze mois sur la durée des prêts pour réduire le montant des mensualités de remboursement ».

En plus de ces mesures d’accompagnement, la banque propose un partenariat en qualité d’agent bancaire agrée pour les employés ayant la fibre entrepreneuriale. Ces agents pourront ainsi être de représentants agrées qui pourront effectuer des opérations bancaires moyennant un partage de commissions avec la banque.

L’ADG renseigne qu’au lendemain du licenciement, Ecobank  était déjà prête à payer les indemnités « même si la loi burundaise n’indique pas clairement un délai légal pour s’acquitter du paiement desdites indemnités ».

Ainsi, toutes les indemnités dues sont payées dès que l’employé signe le protocole d’accord ou le décompte prescrit par la loi.

Choc et émotion

A la question pourquoi les ex-employés n’ont pas répondu spontanément à la main tendue de la banque  pour signer le protocole qui contient tant d’avantages, certains préférant même saisir les média, l’ADG répond qu’ils sont encore sous le choc du licenciement. L’ADG est sûr que « passé l’émotion, les ex-employés signeront ce protocole comme ce fut le cas dans beaucoup d’autres filiales comme le Rwanda voisin, le Cameroun ou encore le Kenya. »  Et de révéler qu’il y en a parmi les ex-employés qui ont compris qu’ils avaient à gagner dans la signature du protocole et qui l’ont déjà signé.

Sur ce, il lâche : « Nous saisissons cette occasion pour rappeler aux retardataires que la banque met à leurs dispositions deux options : un protocole d’accord avec des avantages additionnels au-delà de ceux prévus par la loi ou le minimum légal ».

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