Politique

Tatien Sibomana : “L’autofinancement des élections de 2020 n’est pas la priorité du Burundi en ce moment”

L’opposant politique et porte-parole de l’Uprona d’Amizero y’Abarundi s’inscrit en faux contre le dépôt de cinq millions de Fbu ce lundi 7 août par le Président Nkurunziza dans la perspective de l’autofinancement des élections de 2020. Il accuse le CNDD-FDD de « vouloir rééditer son in-exploit de 2015 ».

« Les élections de 2020 ne sont pas la priorité du moment. Le Président Nkurunziza devrait plutôt résoudre dans l’immédiat les problèmes urgents », observe-t-il. Pour lui, les défis du moment sont entre autres la hausse généralisée des prix, la réinstauration de la taxation des produits vivriers et l’augmentation en vue des coûts de l’électricité, etc.
Alors que le Président de la République est convaincu qu’il faut se préparer dès maintenant aux élections de 2020, tirant la leçon de l’expérience de 2015 où bien des partenaires ont refusé de décaisser les fonds promis à quelques jours des scrutins de 2015, M. Sibomana trouve que faire contribuer la population à l’autofinancement des élections s’inscrit dans « la politique du CNDD-FDD de saigner la population dont le pouvoir d’achat a terriblement chuté ».

Tatien Sibomana

« Qui va finalement participer à ces élections ? »

Pour l’opposant Sibomana, les conditions de penser aux élections ne sont pas encore là : il faut préalablement vider le contentieux électoral de 2015 et les conséquences qui en sont issues. Il faut aussi assainir l’environnement politico-sécuritaire. Et de battre en brèche “la littérature officielle qui martèle à qui veut l’entendre que la sécurité est au beau fixe au Burundi.”
En outre, M. Sibomana regrette la restriction de l’espace politique : « Les élections sont préparées pour qu’il y ait compétition. Mais avec le climat politique actuel, il y aura compétition entre qui et qui ? Les partis politiques ont été scindés en plusieurs ailes, d’autres suspendus ; même le vice-président de l’Assemblée Nationale, Agathon Rwasa n’a pas le droit de visiter son électorat. » Et de s’écrier : «  Qui va finalement participer à ces élections ? »

Last but not least, M. Sibomana fait remarquer que hormis les défis financiers et politico-sécuritaires, le mandat de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) touche «  heureusement » à sa fin avec cette année. Il faudra absolument un consensus autour des futurs membres de la CENI, « ce qui n’est pas une mince affaire! »
Et de conclure : « Le CNDD-FDD va rééditer son in-exploit de 2015 ».

One Comment

  1. Ntahitangiye

    « Qui va finalement participer à ces élections ? »

    C’est celui qui sait que les Burundais peuvent le voter.
    Le peuple burundais n’a plus les yeux fermés. Les discours sans les oeuvres ne suffisent plus pour être voté.

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