Environnement

Disputes sur l’enlèvement d’immondices à Bujumbura: la BCCO tente encore de s’imposer

Malgré la décision du maire de la ville de Bujumbura accordant le monopole d’enlèvement des immondices solides à la société Bujumbura Cleaning Company (BCCO) depuis le mois de juin dernier, les autres sociétés et associations dont le contrat a été résilié continuent à se disputer sur terrain l’accomplissement de ce travail.

Vue partielle de la capitale Bujumbura, avec en arrière-plan le lac Tanganyika

Dans certains quartiers, les camions des anciens prestataires de ces services et de la nouvelle société font tout pour être les premiers sur terrain le jour d’enlèvement des ordures. Parfois, ils se retrouvent sur un même site, provoquant des disputes. Les personnes se trouvant sur place s’improvisent alors médiateurs pour arrêter ces disputes.
Et quand l’administration locale aperçoit des véhicules n’appartenant pas à la société BCCO détenteur du nouveau contrat de gestion des immondices dans Bujumbura, elle les arrête. C’est le cas de quatre camions remplis de déchets qui ont été appréhendés et conduits au chef-lieu de la zone Rohero en commune Mukaza, il y a quelques jours. Et ce sont finalement des véhicules de BCCO qui ont été autorisés à transporter ces déchets vers la décharge publique.

Le commissaire municipal de la Brigade “salubrité”, David Ndayizeye, estime que la compagnie BCCO est bien structurée par rapport aux anciens prestataires même si elle connaît quelques problèmes de démarrage: “La compagnie travaille sur des données de dressage avec l’identification de tous les ménages de la ville de Bujumbura. Les ménages qui jetaient les ordures dans les rues et les caniveaux ne vont plus le faire puisque tous les ménages vont aujourd’hui payer”, a précisé M. Ndayizeye, soulignant que “la mairie a aidé dans la fixation des prix abordables en fonction des niveaux de vie des quartiers.”

Le maire de la ville de Bujumbura, Hon. Freddy Mbonimpa a rappelé que l’exclusivité de l’enlèvement des déchets solides a été accordée à la société BCCO et qu’aucune autre société ou association n’a droit à la décharge de Mubone. Par contre, le domaine des déchets liquides et vidange des toilettes reste ouvert aux autres sociétés.
Ce qui veut dire que les sociétés qui faisaient les deux volets d’enlèvement des immondices avant le mois de juin sont uniquement autorisées à faire le seul volet de vidange aujourd’hui: « Nous avons demandé aux anciens enleveurs des déchets solides qui pensent qu’ils sont dans le droit chemin d’apporter à la mairie les conventions, les attestations de non redevabilité aux SETEMU (Services techniques municipaux) et les bordereaux de versement des cautions payées au démarrage de leurs activités. Malheureusement, personne ne l’a fait. Ils ont préféré jouer la clandestinité », a déploré Hon. Mbonimpa.

Selon le comptable de la compagnie BCCO, Audace Kayoya, la population de la ville de Bujumbura ne doit pas se faire duper par des gens qui viennent prendre les immondices chez eux sans autorisation et qui n’ont pas accès au dépotoir. Ces déchets seront jetés à l’intérieur de la ville et vont la polluer: “Seule notre compagnie BCCO a accès au dépotoir de Mubone. Nos engins et notre personnel a des signes distinctifs, (salopettes, gilets, logos de la Mairie et de la compagnie)”.

A côté du personnel administratif, BCCO compte trois superviseurs, 13 encadreurs, 200 recouvreurs, 122 manœuvres et les techniciennes de surface chargées du nettoyage des rues et entretien des espaces verts dont le nombre n’est pas encore déterminé. Côté matériel, la société dispose 19 camions et bennes, a noté M. Kayoya.

A la question de savoir si l’obligation à chaque ménage de payer pour l’enlèvement des immondices ne lèse pas les ménages qui ne font pas la cuisine ou qui utilisent les restes de nourriture pour l’alimentation du bétail, M. Kayoya a dit qu’il y a d’autres déchets qui ne sont pas des restes de nourriture.

D’après le commissaire municipal de la brigade salubrité, les ménages font le tri parmi les ordures ménagères pour y tirer les aliments du bétail et il y a d’autres déchets qui restent dont les sachets.
Il a été précisé que la compagnie ne signe pas de contrat avec les ménages parce qu’un contrat a été signé avec la mairie. Cependant, des contrats sont signés avec les responsables des maisons techniquement spécifiques qui génèrent beaucoup de déchets comme les marchés, les industries, les boucheries en fonction du principe « Pollueur payeur ». Le coût des services est fixé en fonction de la quantité des immondices.

One Comment

  1. il vaudrait mieux livaliser dans la qualité et la rapidité d’accomplissement de cette tache.

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