Politique

SCOOP – Violences électorales de 2015: l’APRODH collectait les fonds en faveur des manifestants pour renverser Nkurunziza

Via l’organisation APRODH (Association Burundaise pour la Protection des Droits Humains et des Personnes Détenues), Pierre-Claver Mbonimpa a participé en 2015 à une vaste collecte de fonds à travers la diaspora burundaise pour soutenir les jeunes dans la rues pour “renverser Nkurunziza”. Le nom de code de l’opération: SOS Prisonniers

Les révélations s’enchaînent alors que le Burundi s’apprête à célébrer deux ans de l’irruption de manifestations violentes contre le Cndd-Fdd et son candidat présidentiel, Pierre Nkurunziza. Il y a moins de trois semaines, nous vous faisions part des aveux d’Alexis Sinduhije, président du part MSD, indiquant que la finalité des contestations de 2015 était la chute du pouvoir.
Ces propos de Sinduhije ont eu le mérite de montrer que toutes les violences de 2015 avaient été pensées et préparées minutieusement, avec une mise en musique orchestrée par le MSD.

Les bribes d’échanges électroniques recueillis par Ikiriho montrent les acteurs-clé du financement des violences pré-électorales de 2015.

  1. Tout commence la première semaine après le lancement des contestations violentes du 3ème mandat de Pierre Nkurunziza. Un mouvement “pacifique” comme l’appellera immédiatement les médias internationaux via leurs correspondants majoritairement acquis là la cause du “changement” défendue par l’opposition burundaise.

    Après deux jours d’affrontements entre les jeunes dans certains quartiers de Bujumbura et la police, les organisateurs de l’insurrection se rendent compte que la vague populaire n’a pas eu lieu, notamment dans certains quartiers majoritairement hutu comme Kinama et Kamenge.
    Alexis Sinduhije, Pacifique Nininahazwe, Mames Bansubiyeko (un des initiateurs du CNARED) et les autres pensent alors à mettre à contribution la diaspora pour financer “la Révolution”. Ils ont compris que la chute de Nkurunziza prendra plus de temps que prévu, et qu’il faut financer tout ça.

    Pacifique Nininahazwe lance alors le 29 avril 2015 son fameux message à la solidarité via son compte Facebook, le plus visité alors au Burundi.

  2. L’appel de Pacifique Nininahazwe s’adresse à la diaspora burundaise pour “soutenir les manifestants contre le troisième mandat”, via notamment des plateformes de crowfunding comme “YouCaring”, qui récoltera 2,120 $ de dons avant que la page soit fermée.
    La collecte, qui passe aussi via les systèmes de transfert monétaire comme Western Union, est coordonnée par Mames Bansubiyeko qui gère “La Crise”, Pancrace Cimpaye, porte-parole de Sinduhije, qui agit au nom de l’ADC et plus tard pour le CNARED. Il y a aussi Sugar K. du MSD, co-responsable de l’opération “SOS Prisonnier”.
  3. L’argent est reçu par Pierre-Claver Mbonimpa, sous le couvert de son association APRODH qui affirme “lutter pour les prisonniers”. D’où le nom de l’opération: SOS Prisonniers.
    En réalité, l’argent sert pour faire soigner les jeunes blessés lors des affrontements avec la police, alimenter la logistique des manifestations, nourrir les jeunes emprisonnés après les casses, etc.
    Les collectes ne passent pas uniquement par Western Union. Les manifestations de la diaspora en Europe ou en Amérique du Nord servent aussi d’occasions pour rassembler l’argent.
  4. Transactions en faveur des manifestants en mai 2015

    Ces extraits d’échanges entre coordinateurs des violences pré-électorales de 2015 montrent encore une fois la bonne préparation de l’opération “Nkurunziza Out” en 2015. Alors que les médias internationaux chantaient tous les jours comme les manifestants étaient “pacifiques“, affirmant que le mouvement de rejet de Nkurunziza avait été “spontané“, toutes les séquences avaient en réalité été soigneusement pensées bien avant.

    Les médias comme RFI, Jeune Afrique ou IB Times dont les correspondants burundais appellent d’ailleurs Ikiriho “un media du pouvoir”, malgré les centaines d’articles sur la crise de 2015, n’évoqueront jamais les liens dangereux entre activistes de la société civile et politiciens pour renverser le pouvoir.

    A la place, Pierre-Claver Mbonimpa, porte d’entrée des fonds pour financer les violences de 2015, sera élevé au grade de Héros de la défense des Droits de l’Homme, comme l’ONG Human Rights Watch qui lui décernera le Prix des droits de l’homme Alison-Des-Forges en 2016.

    Ces liaisons entre agenda politique violent (renverser un pouvoir élu et perturber les élections), manipulations de l’opinion via les médias et soutiens explicite des ONGs poussera le gouvernement burundais à adopter un contrôle plus strict des associations et acteurs médiatiques burundais. Un contrôle décrié par l’Union Européenne.

One Comment

  1. Ntunzwenimana claude

    Le peuple burundais a son propre Dieu qui le protégeait dépuis des années et des années!Le Dieu ne pouvait en aucun cas accepter cette du pouvoir qui est venu pour,non pas pour dominer,mais pour reconcilier le peuple tant longtemps divisé par le pouvoir hima!Alors,même si le chien aboit la caravane passe!Vivre la Démocratie au Burundi!

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