Politique

Après l’ADC, puis le CNARED, l’opposition crée à Nyamata une nouvelle plate-forme autour du “connaisseur” Radjabu: la CMAP

A chaque crise électorale sa coalition: après l’ADC Ikibiri en contestation des communales de 2010, le CNARED est né pour rejeter le processus électoral de 2015. Mais, selon des sources sûres d’Ikiriho, face à l’essoufflement de la coalition dirigée par Charles Nditije, l’ensemble des poids lourds de l’opposition se sont retrouvés dans la ville rwandaise de Nyamata pour mettre en place une nouvelle plateforme: la Convention des Mouvements Armés et Partis politiques de l’opposition – CMAP en sigle. 

Emplacement de la ville de Nyamata selon Google Maps

Alexis Sinduhije l’avait dit dans ses révélations sur les violences pré-électorales de 2015: pour le Président du MSD, la seule option viable pour la démocratie au Burundi, c’est la guerre contre Nkurunziza “pour l’empêcher de rester au pouvoir et de tuer son pouvoir”. Après avoir posé ce constat, Sinduhije indiquait la voie à suivre pour la suite: “… maintenant, nous voulons que ceux qui en savent plus que nous, nous ne savons pas comment mener la guerre, nous voulons que ceux qui en savent plus chapeautent ça, pour que nous nous les appuyions autrement.”

Son vœu a été rapidement exaucé, puisque l’ensemble des poids lourds de l’opposition se sont retrouvés fin de la semaine passé dans la ville de Nyamata, au sud du Rwanda, dans le district du Bugesera frontalier avec le Burundi. Selon trois sources ayant participé dans la réunion, plusieurs figures de l’opposition s’y trouvaient.
En plus d’Alexis Sinduhije lui-même, des leaders du CNARED comme Bernard Busokoza s’y trouvaient, mais aussi les anciens poids-lourds du CNDD-FDD comme Manassé Nzobonimpa, les putschistes de mai 2015 comme l’ex-Général Major Jérémie Ntiranyibagira, ou encore les représentants de la patronne de la Maison Shalom, Marguerite Barankitse. Les délégués des mouvements armés Forebu et Tabara faisaient partie de la réunion, de même que des contacts à Bujumbura et Makamba.

Objectif de cette réunion: mettre de côté les egos des uns et des autres et bâtir un seul mouvement solide autour “des gens qui savent” comme l’avait demandé Sinduhije. D’évidence, le nom le plus expérimenté dans la gestion des rebellions s’est imposé en la personne de Hussein Radjabu, ancien Secrétaire Général du CNDD-FDD, mobilisateur et stratège du parti encore en rébellion.

Le Rwanda + anciens leaders du CNDD-FDD

Le trio de la CMAP: Radhabu, Sinduhije et Manassé

Le CMAP arrive donc comme le tombeur du CNARED sur la scène politique burundaise, après les défections en série au sein de la coalition aujourd’hui dirigée par Charles Nditije.

On se souviendra que Radjabu avait quitté le CNARED moins de 9 mois après sa création, dénonçantbeaucoup d’irrégularités et défaillances dans la définition de l’ossature structurelle”, “la distribution des rôles par clientélisme et égocentrisme”, dans une ambiance de “course effrénée au positionnement pour une visibilité individuelle” avec “une multiplication désordonnée des structures et postes de responsabilité au sein du CNARED qui a créé une lourdeur qui compromet son fonctionnement”, alors que “la communication a été défaillante et désordonnée, car fondée généralement sur des rumeurs”, etc.

Le CMAP vient aussi une mutation du CNDD-FDD: ses hommes forts sont des anciens leaders de l’actuel parti au pouvoir, ayant l’expérience de la lutte armée. Réussiront-ils là où “les révolutionnaires urbains” de Sinduhije ont échoué ?

Enfin, la création du CMAP fragilise les ambitions du dialogue inter-burundais que soutient la Communauté Internationale. Des sources à la Présidence burundaise insistent que “Bujumbura n’a jamais été dupe. Alors que le facilitateur Mkapa demandait de bonne foi l’immunité en faveur des politiciens accusés d’avoir trempé dans le putsch de 2015, ceux-ci planifiant de renforcer l’option armée”.

Ce qui est encore plus inquiétant avec la création de la CMAP, c’est l’ombre du Rwanda, de nouveau derrière la manœuvre. Au Ministère des Affaires Étrangères du Burundi, c’est l’incompréhension totale: “Nous pensions que l’heure de la détente approchait, mais ce n’est pas le cas. Comment comprendre un voisin qui commémore un génocide en aidant à préparer une guerre ?”

Le soutien rwandais au nouveau souffle de l’opposition radicale burundaise explique d’ailleurs la violente campagne médiatique déployée les deux dernières semaines pour faire comprendre au monde que le Burundi est au bord d’un génocide “comme au Rwanda en 1994”. Il ne fallait que les chants obscènes de certains Imbonerakure pour nourrir ladite campagne.     

Statuts du CMAP

[unitegallery cmap]”

5 Comments

  1. si j’essaie d’analyser ce que vous publier est purement un montage.
    vous êtes en le chemin d’aider pierre nkurunziza de rester à ses pieds de dictature.
    je vous convie de ne pas rester en les mains de cette vempire ( nkurunziza).

  2. Horandazi

    Je me demande si IKIRIHO va publie des annonces sortant de rebelles, comme Niyombare, Minani, Sinduhije, pour montrer aux vagabonds qu’il est neutre? Ignorer les rebelles cache au rwanda Pour satisfaire aux gens qui lance les grenades????
    Montre-nous les Abadasigana, leurs activites, quand meme aussi. C’est ca qui manque ici

  3. SVP Nyamata ne se trouve pas au sud du Rwanda (Bujumbura news) n’importe quoi

  4. Jesus revient purifions-nous

  5. Jean-Marie

    Acheminons-nous vers une guerre contre Ikiriho? Cela ressemblerait à la guerre dont fait fasse rt news de par certains media auccidentaux! Allez-y y comprendre quelque chose.

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*