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GRANDE INTERVIEW | Jérémie Minani : « Si Magufuli hausse le ton, Nkurunziza n’aura d’autre choix que de s’exécuter »

Le commissaire chargé de la communication et des relations publiques au CNARED trouve que la sous-région devrait s’investir pour amener le président Nkurunziza à la table des négociations. Sinon, elle devrait chasser l’homme fort du Burundi par les armes. Jérémie Minani répond à bien des questions : les atouts et les faiblesses du CNARED et du président Nkurunziza, le cahier des charges de la nouvelle équipe du CNARED, Bamvuginyumvira refusé de se faire élire à la présidence du CNARED, le dialogue sans Sinduhije, etc. Pour Minani, l’homme fort de la sous-région capable de « regarder dans les yeux Nkurunziza » reste le président Magufuli. Interview exclusive avec Ikiriho.

Jérémie Minani est président du parti Rassemblement des Démocrates Burundais (RDB)

La direction du CNARED 100% Hutu. Qu’en dites-vous, alors que le CNARED met en avant l’Accord d’Arusha…

Elle n’est pas 100% hutu. Il y a le président Nditije qui est hutu, il y a le premier vice-président Chauvineau Mugwengezo qui est tutsi, Onésime Nduwimana et Anicet Niyonkuru sont Hutu. La présidence n’est donc pas 100% hutu.

Pas de femmes pourtant !

Il est vrai que nous aurions aimé la présence d’une femme pour que nous nous conformions à l’Accord d’Aruha mais les conditions extrêmement difficiles dans lesquelles nous travaillons ne nous permettent pas de respecter à la lettre l’Accord d’Arusha. Nous sommes dans une lutte. Exiger que dans la présidence du CNARED soit présente une femme de telle ethnie serait vraiment nous mettre le fardeau sur le dos parce que cette femme peut être là mais ne pas être disponible à prendre cette lourde responsabilité à la présidence du CNARED, si l’on sait les responsabilités dévolues à cette équipe. Nous luttons pour le respect de l’Accord d’Arusha, mais dans une lutte, il y a des contraintes qui nous ont poussés à mettre en place la présidence telle qu’elle est.

Le CNARED n’a pas voulu recevoir la candidature de Frédéric Bamvuginyumvira… Preuve d’une certaine discrimination au CNARED ?

Pas du tout. C’est une décision qui a été motivée et acceptée par le concerné. Il a voulu présenter sa candidature au poste de deuxième vice-présidence du CNARED. Mais comme il est déjà sous sanctions personnelles, il ne pouvait pas par conséquent se faire élire aux instances dirigeantes du CNARED. Mais il a été autorisé à participer dans la réunion comme représentant du Frodebu. Il a pu voter au nom du parti Frodebu, c’était son droit et celui de son parti. Mais lui donner le droit de se faire élire, cela revenait à lever la suspension qui pesait sur lui alors que cette réunion du directoire n’avait pas à son ordre du jour la levée ou l’analyse de l’évolution de cette sanction prise contre Bamvuginyumvira.

Suspension mais droit de participer aux réunions, droit de voter mais pas de se faire élire ! Au CNARED, n’y a-t-il pas certains qui sont plutôt agacés par la personne de Bamvuginyumvira alors qu’il jouit toujours de la confiance de son parti?

Le président du Frodebu est sous sanction personnelle visant un membre du directoire. Mais il garde le droit de représenter son parti au sein du directoire sans pour autant voir le droit de se faire élire aux instances dirigeantes du CNARED aussi longtemps que la sanction n’aura pas été levée ou n’aura pas pris fin. Il n’a pas claqué de porte comme les gens l’ont dit lors de la réunion de renouvellement des instances dirigeantes. Le Frodebu avait le droit de nommer qui que ce soit ou même d’envoyer une procuration pour élire. Pour nous, ce qui comptait n’était pas Bamvuginyumvira comme personne mais c’était la présence de son parti.

Quels sont les grands chantiers qui attendent la nouvelle équipe du CNARED ?

Mieux serait de laisser la nouvelle équipe y répondre. Mais comme un des membres du directoire, je sais que les grands chantiers qui attendent cette équipe c’est parvenir à convaincre la sous-région  et l’ensemble de la communauté internationale pour qu’elles parlent d’un même langage et parviennent à mettre une pression suffisante sur le régime burundais pour l’amener à abandonner la voie de la violence. Comme le nouveau président M. Nditije l’a dit, la nouvelle équipe doit aussi concentrer ses efforts sur la lutte contre l’impunité des crimes très graves qui ont été commis depuis avril 2015. Cette équipe doit focaliser son attention sur les dossiers qui pèsent sur les responsables du régime burundais, les dossiers qui se trouvent à La Haye. La nouvelle équipe doit renforcer sa coopération avec la commission d’enquête des Nations Unies mise en place par l’Office du Haut-Commissariat des Nations Unies au Droit de l’Homme.

Mais le CNARED se présente actuellement comme une plateforme en déliquescence. Plusieurs anciens poids-lourds de votre équipe prennent distance avec vous…

La nouvelle équipe doit parvenir à unir le CNARED. Nous avons un ennemi commun : le régime burundais. Pour cela, la cohésion de l’équipe doit être aussi l’une de ses priorités. Évidemment, les négociations inclusives doivent être au premier rang des priorités de cette équipe.

Si par un revirement le gouvernement qui jusqu’ici parle de dialogue acceptait de négocier, quelles sont les questions que vous allez mettre sur la table ?

On ne peut pas arriver à une paix durable si les réfugiés ne rentrent pas, si les prisonniers politiques des manifestations sont toujours dans les prisons, si l’espace politique reste verrouillé ; si les media et les organisations de la société civile qui n’acceptent pas la terreur du régime burundais ne sont pas autorisés à fonctionner. Il faut quand même un pré-gouvernement de transition qui doit d’abord nous préoccuper et tout ça devrait être discuté dans des négociations qui n’auront pas lieu si le régime n’est pas contraint à les accepter.

Vous y croyez toujours au gouvernement de transition ? Alors que le gouvernement lui parle d’amendement de la Constitution ?

Le CNARED a eu à maintes reprises le temps de s’exprimer sur cet amendement de la Constitution. Le CNARED ne reconnaît pas la légitimité ou la légalité du régime en place au Burundi. Tous les actes posés par ce régime sont nuls et de nuls effets dans les yeux du CNARED. En fait, le régime tente tout simplement une diversion, en déplaçant le débat de sa légalité et de sa légitimité vers un débat sur l’amendement de la Constitution. C’est ce que nous refusons. Ce sont ces deux débats différents : la solution passe par les négociations inclusives sous médiation internationale. Ces négociations doivent aboutir à la mise en place d’un gouvernement de transition qui va préparer les élections inclusives qui pourront doter le Burundi de nouveaux dirigeants légaux et légitimes.

Jérémie Minani entendait se faire élire aux élections présidentielles de 2015 au Burundi

Mais la situation sécuritaire est maîtrisée et Nkurunziza peut terminer son mandat sans devoir recourir aux négociations…

En tout cas, le régime burundais n’est pas plus fort que le régime de Buyoya de l’époque. Quand Buyoya acceptait les négociations, ce n’est pas parce que le Cndd-Fdd ou les groupes rebelles qui existaient à ce moment-là étaient trop forts que son armée. C’est plutôt parce que ce régime a été contraint par la sous-région à accepter les négociations via un embargo. Il y a eu l’unanimité au niveau de la communauté internationale, un langage de fermeté auquel le régime de Pierre Buyoya ne pouvait pas résister.

Vous réclamez donc un embargo sur le Burundi ?

Je pense et je suis confiant que le CNARED va arriver à construire cette autorité morale internationale qui aboutira effectivement à ce que le régime Burundais soit isolé, soit considérablement affaibli et accepte finalement de rejoindre la table des négociations et d’accepter la mise en place d’un gouvernement de transition qui pourra cheminer vers de nouvelles élections inclusives.

Et si par référendum les Burundais disaient que le président Nkurunziza peut briguer autant de mandats qu’il voudra …

Si le régime instaure une présidence à vie pour M. Pierre Nkurunziza, ça signifie tout simplement une déclaration de guerre. Le régime aura déclaré la guerre contre son peuple. Le régime aura mis fin aux négociations inclusives pilotées par la communauté internationale. Cela signifierait tout simplement que le régime méprise les Nations Unies, l’Union Africaine, la Tanzanie qui est le pays hôte de ces négociations pilotées par la communauté Est Africaine. Cela va aboutir à une autre guerre civile.

Quelle emprise a le CNARED sur les réfugiés qui sont dans les camps en Ouganda, au Rwanda et en Tanzanie ?

Le CNARED a une emprise sur la majorité de la population burundaise. Le Burundi fait face à deux réalités. C’est un pays divisé. D’un côté, il y a le peuple tyrannisé qui refuse de reconnaître la légitimité, la légalité d’un régime qui s’est installé par la force. De l’autre, il y a une partie de la population qui est instrumentalisée et qui accepte ce régime. Parmi la première catégorie de la population, il y a les réfugiés qui ont fui le pays parce qu’ils ont fui la terreur du régime. Le CNARED a une emprise générale sur cette partie de la population. Il a pu démontrer à cette partie de la population qu’il lutte pour le respect de l’Accord d’Arusha, qu’il lutte pour que le Burundi soit la mère-patrie de tout le monde, soit un Burundi démocratique. C’est-à-dire que l’emprise du CNARED sur les réfugiés que ce soit dans la sous-région ou même au niveau des pays occidentaux -le peu de réfugiés qui se trouvent dans les pays occidentaux et dans la diaspora- est une emprise indubitable. Parmi les réfugiés qui ont fui, certains étaient des manifestants, d’autres ont fui la terreur du régime.

On voit le président Nkurunziza tout le temps parmi la population mais le CNARED répète qu’il n’a pas une emprise sur les masses rurales qui constituent l’essentiel de l’électorat …

Il y a ceux qui meurent de faim aujourd’hui à cause des malheurs que ce régime leur a imposés. En tout cas le CNARED a une emprise sur cette population, car nous luttons pour elle. Notre emprise sur cette catégorie ne peut pas être mise en doute.

Certains ont caressé l’idée de chasser le président Nkurunziza et balayer le système CNDD-FDD par les armes. Une telle option est-elle encore envisageable ?

Je dois vous dire que l’idée de balayer le système Cndd-Fdd serait erronée dès le départ. Quand bien même cette option militaire serait envisagée, si elle est orientée vers le balayage de tout le système Cndd-Fdd, elle serait irréaliste. C’est quand même un parti politique ancré dans une partie de la population. Il faut plutôt parvenir à ramener le Cndd-Fdd au rang des partis politiques. Actuellement, tout le monde sait que c’est un parti-État, qui entretient une milice, qui s’inscrit dans la violence. C’est à cela qu’il faut mettre fin. Sinon le Cndd-Fdd comme parti politique ne doit pas s’effacer de la vie politique burundaise. Il doit fonctionner comme tout autre parti politique dans un Burundi où l’espace politique est ouvert.

Est-ce dire qu’au CNARED ce n’est plus question d’option militaire contre le président Nkurunziza ?

Là je souligne que je vais vous répondre à titre personnel. Je ne crois pas personnellement dans cette histoire de négociation. Nkurunziza a déjà montré qu’il ne les acceptera jamais. Il veut la guerre. Alors, pour moi, l’option militaire doit effectivement rester sur la table. Tout le monde aimerait que la question soit résolue pacifiquement. Est-ce que cela est possible ? Au moment où le CNARED prépare la paix et les négociations, Nkurunziza prépare guerre. En tout cas la sous-région, l’Union Africaine doivent envisager une option militaire contre le Burundi.

Une option armée de l’Union Africaine, dites-vous. Pas de solution alternative pour faire plier Nkurunziza ?

On peut effectivement opter pour d’autres mesures comparables à l’option militaire, notamment un embargo, des mesures concrètes comme le gel des avoirs de M. Pierre Nkurunziza, des sanctions personnels qui le visent personnellement et le petit cercle qui l’entoure. Mais, est- ce que tout cela sera suffisant ? Peut-être oui. Mais l’option militaire devrait rester sur la table pour être activée si c’était la seule option qui restait.

Jérémie Minani a ete en charge de la communication du CNARED pendant deux ans

Vous avez un jour regretté que contre Nkurunziza, l’EAC ne veut pas envisager un scénario à la Gambienne où la CEDAO a fait pression sur Yahya Jammeh. Toujours le même regret ?

L’option militaire serait une bonne chose si elle est planifiée par la sous-région et appuyée par l’Union Africaine et les Nations Unies comme ça été le cas au niveau de la CEDEAO face au régime de Yahya Jammeh décidé de rester au pouvoir malgré son échec aux élections. Si cela n’est pas fait, j’ai peur que le peuple burundais ne s’organise, prenne les armes, décide lui-même d’en découdre avec Nkurunziza et nous sommes dans une autre guerre civile qui risque malheureusement d’embraser toute la sous-région.

Une action militaire contre Nkurunziza n’est-ce pas une utopie en ce moment ?

Pourquoi je vous ai dit que je vous réponds à titre personnel ? Parce que moi je crois personnellement que le peuple burundais est capable aussi d’organiser une résistance armée qui va faire chuter le régime burundais. Il suffit qu’une stratégie militaire bien élaborée pour qu’un dernier assaut mène à l’effondrement. Nous savons que c’est un régime dont l’armée est au bord de l’implosion. Le régime n’a plus de moyens financiers. Il ne peut pas tenir devant une résistance populaire bien organisée, mais je donne toujours une chance aux négociations. Si cette résistance militaire devrait être organisée, je serai le premier à lui apporter mon soutien et même à la rejoindre. C’est ma façon personnelle de voir les choses. Le CNARED a toujours prôné que les Nations Unies, l’Union Africaine et même l’EAC envisagent une option militaire contre Nkurunziza pour protéger la population civile et imposer la paix au Burundi.

Vous avez posté un tweet sur l’attentat contre le conseiller principal en communication à la présidence, Willy Nyamitwe. Maintenez-vous ce que vous avez dit ?

Je maintiens ce que j’ai dit. Je ne peux pas trahir ma conscience en condamnant une tentative d’assassinat perpétrée contre le créateur du chaos burundais. Willy Nyamitwe est conscient qu’il est l’une des personnes qui sillonnent le monde pour prêcher que tout va bien au Burundi, que la paix est totale. Peut-être que mes propos ont été mal interprétés parce que je ne souhaitais pas que Willy Nyamitwe soit tué. Je ne lui souhaite pas la mort, ni à personne d’autre. Mais les détenteurs du pouvoir burundais doivent savoir que le chaos au Burundi qu’ils ont créé a un prix.

Sinduhije fait partie du CNARED et il prône l’option armée contre Nkurunziza, ce qui n’est pas le cas pour les anciens dignitaires. Finalement, le CNARED ne serait-il pas une plateforme d’hommes politiques mais pas un creuset d’idées communes ?

Je ne peux pas répondre à la place de Sinduhije mais la position officielle du CNARED soutenue aussi par M. Sinduhije et son parti c’est que la crise burundaise doit être résolue à travers des négociations inclusives sous médiation internationale. Si j’interprète l’audio que j’ai entendu, Sinduhije dit que si c’était la seule option qui reste au peuple burundais pour exiger Nkurunziza d’accepter ces négociations, il assumerait cette option armée. Moi je pense que je suis de son côté personnellement.

Croyez-vous dans un dialogue inter-burundais sans Alexis Sinduhije ?

Je ne crois pas aux dialogues inter-burundais s’il y a des acteurs qui sont ignorés dont Alexis Sinduhije. Son parti a déjà payé un lourd tribu. Le MSD a déjà sacrifié beaucoup, on ne peut pas se permettre d’aller aux négociations sans M. Sinduhije. Sans le parti MSD, ça serait en tout cas une perte de temps.

D’après vous, quelles sont les forces du CNARED ?

Les forces du CNARED c’est d’abord la légitimité de son combat, les personnalités politiques qui le composent, c’est cette masse populaire, la grande masse populaire qui est derrière ce combat tyrannisé qui fait face à un seul homme, Nkurunziza. L’ensemble de la communauté internationale comprend la lutte du CNARED. La deuxième force du CNRED c’est que nous disons au monde et aux Burundais que M. Nkurunziza a fait que pendant ses dix ans à la présidence le Burundi est devenu le pays le plus corrompu, le plus pauvre de la planète ; le pays qui a le taux le plus élevé de malnutrition dans le monde. Toute cette frustration fait que le peuple burundais est aligné derrière nous.

Et quelles sont ses faiblesses ?

Sa faiblesse c’est que nous travaillons dans des conditions difficiles. Nous vivons en exil. Avec la restriction des libertés publiques, nous risquons d’être déconnectés de la masse populaire parce qu’il n’y a pas de media indépendants. Il y a des citoyens que le CNARED ne parvient pas à atteindre. Mais je dois vous dire que le CNARED est ancré dans la masse populaire, le problème c’est que les moyens de communication avec cette masse populaire qui n’a pas accès à l’internet, qui n’écoute que la radio d’État dirigé par le Cndd-Fdd deviennent de plus en plus compliqués.

Vous avez égrené des faiblesses du président Nkurunziza, quels seraient cette fois-ci ses points forts ?

Je ne suis pas bien placé pour répondre à cette question. Mais je dois avouer que Pierre Nkurunziza n’a pratiquement pas aucune force. Son régime est tout simplement au bord de l’effondrement.

Coup d’Etat manqué, tentative de rébellion étouffée dans l’œuf, l’Occident qui coupe l’aide économique mais le président Nkurunziza tient… Et surtout une population toujours rangée derrière son président dans les travaux communautaires.

La force de Nkurunziza réside dans une partie de l’armée, une clique autour de lui qui parvient à manipuler une partie de l’armée par tous les moyens pour maintenir Nkurunziza au pouvoir. C’est la seule force qu’a Nkurunziza. Autre force de Nkurunziza, il a quand même quelques soutiens au niveau de l’Union Africaine où il a le soutien de ses amis dictateurs qui n’aimeraient pas qu’il soit déboulonné. Même ceux qui sont contre lui se sentent mal à l’aise à pouvoir condamner celui qui fait ce qu’ils font ou ce qu’ils ont fait.

De Kagame, Museveni, Magufuli et Kenyata, qui serait l’homme fort qui pourrait enclencher une action décisive pour mettre fin à la crise burundaise ?

Personnellement je vous dirais que dans la sous-région il y a aucun homme fort. C’est d’abord la communauté Est Africaine qui décide d’une façon collégiale. Mais Kaguta Museveni représente l’initiative régionale pour le Burundi. Il a quand même un poids considérable. C’est le seul président qui était là comme parrain de l’Accord d’Arusha. Il est le mieux placé pour aider à rétablir l’Accord d’Arusha. Malheureusement, il est critiqué pour ne pas être un amateur de la limitation des mandats alors que la crise burundaise est née du troisième mandat. Mais là on ne doute pas que la Constitution de son pays le permet. Ceci dit, il ne faut pas aussi oublier c’est la Tanzanie qui a parrainé les Accords d’Arusha. Quand les Accords d’Arusha ont été signés, le président Benjamin Mkapa était là. Il est aujourd’hui le facilitateur. L’Accord d’Arusha est aussi le fruit du travail ardent du Tanzanien Mwalimu Julius Nyerere. Pour toutes ces raisons, le président actuel de la Tanzanie, M. Magufuli dévient aussi incontournable dans la gestion de cette crise. Là c’est le volet de la gestion de la crise.

Et l’autre volet…

Mais si on en vient à parler de la meilleure personne pour exiger que Nkurunziza vienne aux négociations, là on va aller chez Magufuli parce qu’on sait que 90% des importations qui viennent au Burundi passent par la Tanzanie. On sait même que quand l’embargo contre Buyoya a été pris, si la Tanzanie ne s’était pas impliquée, l’embargo n’aurait pas été appliqué, Buyoya aurait refusé de participer aux négociations. Sur le plan pratique, l’homme fort capable de regarder Nkurunziza dans les yeux et lui dire vous accepter de participer aux négociations ou on va vous faire subir ce que nous avons fait subir à Buyoya, c’est M. Magufuli. Il faut aussi comprendre que les rebelles du Cndd-Fdd de l’époque qui dirige l’Etat Burundais aujourd’hui ont été hébergés par la Tanzanie. Si Magufuli hausse le ton, en tout cas Nkurunziza n’aura d’autre choix que de s’exécuter.

Aucun rôle du Rwanda ou du Kenya ?

Le rôle du Rwanda effectivement a été plus immense avec plus de quatre-vingt mille réfugiés accueillis. Je ne vois pas de solution burundaise qui ne soit pas parrainée par le Rwanda.

12 Comments

  1. Le président du cnared nous a parlé de sang comme pris à payer. Il a promis la guerre même. Pourquoi le journal ikiriho ne s’est il pas intéressé à ces éléments dans cet interview? Le monsieur Jérémie M. est lui même partisan de la force armée mais dans l’interview on dirait un agneau victime qui réclame son droit de vivre. Interview à reprendre pour parler de “grand interview”.

  2. Oscar Ninteretse

    Le reste de ce deliquescent CNARED semble naviguer dans des contradictions. Il est difficile de croire qu’ils prêche l’abandon de la violence lorsque le leitmotiv de son président, qu’il dévoilé lui-même, nous promet les massacres en ces termes “le sang des burundais versé pour chasser Nkurunziza est investissement.”

    Jéremie Minani nous reconfirme plutôt la vraie motivation du CNARED et ses parrains: la politique de changement de régimes contre les présidents insoumis. Cette nébuleuse cherche des soutiens comme ceux que l’on obesrve dans d’autres pays en déstabilisation. Les parrains créent et soutiennent des oppositions dites “modérées”: comme Al-Queda, Al-Shabad, Boko Haram. Allez y comprendre quelque chose avec toutes les atrocités qu’ils commettent contre leur populations. C’est cette lutte ou négociation pacifique que Jérémie trouve impossible “sans Sinduhije”.

    Comment voulez-vous instaurer un pouvoir démocratique lorsque vous ne voulez pas participer aux élections?

    Comment pouvez-vous être crédible en disant que vous défendez l’Accord d’Arusha auquel vous ne croyez pas? Ici je me réfère aux multiples réserves que le G10 a inséré dans cet accord, y compris: “le titre de ce document, le mode d’élection du président, et… toute disposition qu’ils n’avaient pas pu relever au moment de sa signature obtenue au forcep?”

    Ne-ce-pas ici plutôt la vrai cause qui les a incité à boycotter les élections, à prendre les armes et chercher revenir à Arusha pour tenter de gagner ce qu’ils n’ont pas pu décrocher à l’époque?

    On peut noter en passant qu’il est dérisoire de vouloir comparer la récente situation de la Gambie au Burundi. Yaya Jameh avait perdu les élections et avait par la suite décidé de se maintenir au pouvoir. Nkurunziza a organisé et gagné des élections que les pays de l’EAC ont reconnus. Le coup d’état perpétré en mai 2015 est allé à l’encontre des dispositions, et de l’Accord d’Arusha, que le CNARED prétend défendre, et de la constitution du Burundi. Il appartient à ceux qui l’on organisé d’en assumer les conséquences et ne pas se présenter comme victimes d’une quelconque “répression”. Comparer aussi l’époque Buyoya et la situation actuelle est une leurre ou myopie politique. Buyoya avait organisé un coup d’état contre feu Melchior Ndadaye qui l’avait battu aux élections de 1993. La CEDEAO a plutôt évité ce que Buyoya a fait après avoir reconnu sa défaite. Une comparaison valable est les actions abominables et terroristes des “sans échecs”, “sans défaites” de l’époque ques les quartiers des insurgés ont voulu réinstaurer en 2015-2016.

    Je me rappelle d’une certaine anecdote en 1971. Dans le procès contre les putschistes de l’époque, communément connu comme l’Affaire Ntungumburanye, Micombero ordonna d’inculper leurs avocats!!! Du jamais vu dans le système judiciaire. Ceci ne s’est passé récemment, à moins que je sois sous informé!!!

  3. Ntahitangiye

    Ewe nyakubahwa Minani Yeremiya,
    Umaze kubona Abahutu n’Abatutsi n’Abatwa, bashize hamwe mukugwanya ikintu, ntuzohirahire ng’uje kugwanya Abarundi. Urabibaza Abanyarwanda, Abadagi, n’Ababiligi. Ivyatubayeko n’uko twahenzwe tukaryana tugatemena. Umurundi abonye k’urik’uramahenda, ndakubwiye ntumujana iy’ugomvye.
    Nyakubahwa Magufuli na we n’umugabo ari m’urugo rwiwe(Tanzaniya) ntashobora gukankamira uwundi mugabo Nyakubahwa Nkurunziza ari m’urugo rwiwe (Burundi). Nimba ur’umurundi urazi ko bitabaho.

  4. Ewe Minani yeremiya, wewe uri igitangaza. Cenared ikwagiriza ko ukorere SNR, bukeye ukayishigikira.
    Mbe iyo ntambara wipfuriza uburundi, ntiyohera iwawe igaherera iwawe. Umurundi icipfuza intambara
    ngira ntayo yabonye. wiyemereye ko ushigikiye Sinduhije mucipfuzo ciwe co kutera intambara ngo afate ubutegetsi, uti uzofata nikirwanisho, uje kurubuga, ewe urabaza ababigerageje imbere yo gufata iyo ngingo.
    Ntiwiyahure, ejo haraho imana yukuvugiramwo ugakizwa, wewe nyene ugashingintahe kuhevye ivyo vyiyumviro bigayitse.

  5. Jean-Marie

    Il doit y avoir un meilleur moyen pour servir votre Nation, si vous êtes animé d’ une bonne intention, dans le souci de progresser ensemble et dans l’esprit de servir et non pas d’ être servi.
    Nous avons des familles et des amis au Pays et j’ ai du mal à reconcilier les interêts de ce Monsieur et ses compagnons avec ceux du peuple Burundais dont ils pretendent défendre. Comment un peuple conscient soutiendrait-il quelqu’ un qui prone une guerre et un embargo déstiné à les tuer et les affamer? Quel Burundais voudrait d’ une démocratie comme celle qu’ à recolté la Lybie, l’ Irak pour ne citer que ceux-là…
    Comment la guerre et l’embargo vont resoudre la famine dont il fait mention, si ce n’est que mettre le peuple à genoux et à la mercie de ces bailleurs de fonds qu’ il considère comme étant notre seule porte du salut, quand bien même cela passerait par notre retour à la colonisation et à l’esclavage…..si seulement vous pouviez vous regarder dans un mirroir et puis aller demander à vos parents, frères, cousins et oncles qui sont au Burundi s’ ils ont besoin de la guerre et de l’embargo contre le Burundi pour un lendemain meilleur.
    Que Dieu continue à sauvegarder notre chère patrie.

  6. S. Audifax

    Lorsque l’on écoute Jérémie Minani, l’ancien commissaire chargé de la communication et des relations publiques au CNARED l’on a l’impression qu’il est sûr de lui. Mais, plusieurs analystes pensent qu’il est déconnecté de la réalité. Voici pourquoi.

    Jérémie Minani semble être convaincu que John Magufuli Pombe a le dernier mot sur le Burundi.

    Le major Pierre Buyoya a repris le pouvoir le 25 juillet 1996. Un mois après, tous les pays voisins, aujourd’hui regroupés au sein de l’East African Community ont imposé l’embargo contre le Burundi. Mais, le major Pierre Buyoya n’a cédé le pouvoir à Domitien Ndayizeye qu’en 2003. Autrement dit, il a dirigé le Burundi pendant 7 ans, sous embargo. Cela voudrait tout simplement dire que Buyoya n’a pas quitté le pouvoir à cause des sanctions économiques. Mais, plutôt par la force de frappe et du feu des groupes rebelles. Or, aujourd’hui, Pierre Nkurunziza n’a pas cette contrainte. Les quelques rares mouvements qui sont en train de se constituer et s’organiser en RDC et dans la kibira risquent d’être neutralisées, avant qu’ils ne fassent pas beaucoup de dégâts.

    Quant au CNARED, il s’agit d’une organisation qui ne peut pas inquiéter le gouvernement burundais pour la simple raison qu’elle se trouve à des milliers de kilomètres du Burundi, pour ne pas dire coupée de la population.

    De plus, le CNARED est très sérieusement affaibli sur le plan financier. La preuve c’est la dernière tentative de créer une ASBL intégrée dans un parti politique. C’est une première mondiale ! Ou bien on fait la politique (un groupe à but lucratif) ou bien on évolue dans le domaine humanitaire (un groupement sans but lucratif). Jamais les deux. Cela montre en peu le manque de maturité du CNARED. Cet aspect montre clairement que même si demain ils parvenaient à avoir le pouvoir, les membres du CNARED ne vont pas réaliser ce qu’ils promettent aujourd’hui au peuple burundais.

    Enfin, le CNARED est une organisation qui a été abandonnée par la plupart des Tutsis si pas tous. Cela montre bien qu’il y a une bonne frange de la population qui ne croit pas en cette organisation.

    Le CNARED songe à une option militaire pour contraindre Nkurunziza à quitter le pouvoir.

    C’est vraiment du n’importe quoi. Ceux qui lancent des offensives militaires ou bien qui créent des mouvements rebelles ne doivent pas nécessairement faire de la pub dans les medias, avant d’agir. Les vrais rebelles agissent sur le terrain. Est-ce que les membres du CNARED vont lancer la rébellion à partir de l‘internet ou de la Belgique ? Il va falloir que Jérémie Minani nous explique bien. Personnellement, j’ai comme l’impression que le CNARED veut faire de l’escroquerie politique où ils vont s’attribuer une rébellion qu’ils n’auront pas en réalité créée. Ce ne serait pas une première au Burundi.

    Le FRODEBU a fait pareil. Lorsque le CNDD-FDD était sur le champ de bataille, le FRODEBU a cru qu’il allait récupérer quelques postes politiques gratuitement, juste garce aux quelques communiqués de soutien et d’encouragement. Malheureusement, ça n’a pas été le cas !

    Au moment du partage des postes, seuls les combattants ont eu le privilège d’être remerciés. Le même scénario risque d’arriver au CNARED le jour où le président Nkurunziza déciderait de quitter son fauteuil.

    Ce qui semble n’est pas le cas avant 2030. Un proverbe du Burundi dit qu’ « Uwukurusha ibijumbu agutwara imbwa. » Pour dire qu’aujourd’hui le président Nkurunziza est en position de force pour ne pas se faire intimider par le CNARED.

  7. umwansi agucira icobo imana ikagucira icanzo.
    imana yamye na ntaryo ikingira uburundi. nta ntambara canke embargo
    ibizoba. bizoguma mu mitwe ya minani jeremie n’abo bafatanije iyo ndoto.

  8. Manirambona

    Ewe Ntahitangiye, ubwo urayobewe ko ingo zitangana n’abagabo batangana? Nkurunziza ni umugabo iwe, ariko urugo rwiwe hariho ingo zirusumba na kure. Iyo bitaba ivyo ntituba turiko turasaba imfashanyo yo kugwanya ikiza ca
    marariya.

  9. Ce monsieur Jeremie est totallement foux. I’ll est malade. Qui veut la guerre au Burundi? Est ce que la guerre et les embargos vont nourrir les burundais? Jeremie quand tu n’as rien a dire tu dois te taire. Tu n’aimes pas ton pays, tu es mechant et enemi du Burundi.

  10. Manirambona

    Si la guerre est le seul moyen par lequel l’on peut changer les choses, je la soutiens.

  11. Manirambona

    Si la guerre est le seul moyen par lequel l’on peut changer les choses, je la soutiens, comme j’ai soutenu d’ailleurs celle que le cndd-fdd a mene.

  12. Cuma Bugabo

    Data yakunda kuririmba ati “Wize kurwana, wigiye iki? Turagukengera, wigiye iki?”. Intambara y’ejo benshi muri abo bakokeza nta n’umwe muri bo ayobewe ko izoherera iyo izotangurira. Iki n’icivugo c’abarundi b’umutima bari m’urunganwe rwa Yeremiya. Urwaruka rugize itunga ry’u Burundi, rusharije ako gahugu kandi rutuma amashinga akagirira ishari rugendera ico civugo. Uko twumviriza ibivugwa ninako dutohoza kugira tumenye Sakirimikibi. Numvise ko ba data baburiwe irengero atanuwigeze abateguza. Urunganwe rwa none noneho mwama mwaduteguje. Muzoze mwiyambitse bihagije kiretse nibwaba mutumwe n’iyaturemye!

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