#BurundiDialogue, Diplomatie

Fall et Benomar veulent envoyer Sinduhije, Busokoza et Minani à Arusha: le piège tendu à Mkapa

Selon des sources concordantes, le Représentant de l’Union Africaine au Burundi et l’Envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies ont demandé à Mkapa l’intégration de Alexis Sinduhije, Bernard Busokoza et Jean Minani sur la liste des invités à la session de dialogue inter-burundais la semaine prochaine. De quoi faire capoter le processus.

Le jeu est entre le trio: le facilitateur Mkapa (milieu), Fall (gauche) et Benomar (droite)

Le Sénégalais Ibrahima Fall (UA) et le Marocain Jamal Benomar (ONU) sont conscients qu’en demandant l’invitation de trois noms inscrits sur la liste des acteurs violents au Burundi, c’est la Résolution 2248 du Conseil de Sécurité des Nations Unies qui vole en éclats. Elle “engage le Gouvernement burundais à coopérer avec la médiation menée par la Communauté d’Afrique de l’Est et approuvée par l’Union africaine, afin de lui permettre d’organiser immédiatement un dialogue inter-burundais véritable et inclusif associant toutes les parties prenantes pacifiques concernées se trouvant aussi bien dans le pays qu’à l’étranger, afin de trouver une solution consensuelle, propre au Burundi, à la crise en cours.”

Un texte qui fixe “la ligne rouge” du gouvernement burundais selon son diplomate en chef. Hors de question pour Bujumbura de s’asseoir sur une même table avec des putschistes ou ceux qui sont poursuivis par la justice burundaise pour soutien à la violence.
Le ministre Alain Aimé Nyamitwe précise: “Le gouvernement burundais s’en tient à cette ligne, et le facilitateur l’a compris”.

Pour preuve, les propos tenus par Mkapa fin 2016 lors de sa visite à Bujumbura. L’ancien président tanzanien avait précisé que ceux qui l’intéressaient étaient les acteurs pacifiques, et que ceux qui avaient trempé dans la violence “pouvaient rester là où ils se trouvaient.” Que Mkapa accepte la proposition des deux diplomates serait donc un reniement de ses propres propos.

Jean Minani et Bernard Busokoza dans une rencontre du Directoire du CNARED

Sinduhije, Busokoza et Minani sur la table du dialogue, ce sont toutes les avancées du processus qui sont remises en question.  Le gouvernement, le Cndd-Fdd et ses alliés vont se retirer. Mkapa va être obligé de reprendre le travail de reconstruction de la confiance avec Bujumbura alors que le temps file. 2020 approche, et les esprits au Burundi vont décrocher d’ici quelques mois du dialogue pour se concentrer sur les prochaines échéances électorales.

Ensuite, en voulant imposer les trois politiciens dans le dialogue, Fall et Benomar changent complètement le sens du processus: ce n’est plus un dialogue, mais des négociations. Sinduhije, qui en réalité est la force ouvrière du CNARED, sera à Arusha avec en arrière-pensée l’option militaire, qu’il prétextera dès lors que le gouvernement va se retirer.

Enfin, Fall et Benomar qui n’en sont pas à leur premier coup contre Mkapa, tentent par ce lobbying de ressusciter le CNARED en donnant du poids politique au trio qui en forme le poumon.

Depuis le divorce avec le Sahwanya Frodebu qui n’attend que la consommation alors qu’électoralement c’était le plus important parti de la coalition, le CNARED bat de l’aile. Il suffit de voir les moqueries sur les réseaux sociaux des pro et anti Cndd-Fdd pour comprendre que personne ne croit plus en Minani et ses compagnons. A commencer par de nombreux acteurs politiques européens. “Ils prétendent combattre l’illégalité du mandat de Nkurunziza alors qu’ils sont en mode glissement à la tête du CNARED depuis le 25 janvier dernier”, rit-on dans les ambassades à Bujumbura.  La sagesse le dit si bien: Qui vole un œuf vole un bœuf…

En attendant que Mkapa se prononce sur l’offre empoisonnée que Fall et Benomar lui proposent, le prochain rendez-vous du dialogue inter-burundais risque d’être placée sur le signe de haute tension.
Il conviendra particulièrement d’observer les positions des différents chefs d’État sur la proposition des deux diplomates africain et onusien… Est-ce que ce ne sera pas l’occasion de se venger du Kenya, qui accuse nommément le gouvernement burundais de l’avoir privé de la présidence de la Commission de l’Union Africaine?

5 Comments

  1. Jean-Marie Ntahonkiriye

    Comment concevoir qu’ on cherche à nous imposer un Burundi dirigé par ceux qu’ hier marchander l’assurance du depart de Nkurunziza quelque soit le prix à payer et qui en evaluaient le succes en termes du nombre de Burundais qui seraient massacrés dans ce processus (pourvu que ni eux ni leur proches n’ en font pas partie), les mêmes qui declaraient sans honte qu’ ils étaient des auteurs ou commanditaires fiers des grenades lancées dans les places publiques?
    Chez d’autres cieux on les appellent des terroristes mais du coup comme ils servent les interêts de certains Occidentaux pour ne pas les citer, au Burundi ils deviennent des defenseurs des droits de l’ homme, des opposants politiques, des “freedom fighters” etc….et selon eux, sans eux pas de Paix donc le gouvernement doit négotier avec eux et au diable l’opinion du peuple et le dialogue inter-Burundais!?!?
    Il me semble que certains dirigeants aussi bien de l’UA, l’ UE et UN n’ ont pas encore compris que le peuple Burundais est un peuple fier et intelligeant qui a desormais décidé de prendre son destin en ses propres mains!

  2. Ntahitangiye

    1) Messieurs Fall et Benomar ne connaissent-ils pas la Résolution 2248 du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Comment puissent-ils dire aux autres de respecter les lois quand ils violent les résolutions des organisations qu’ils représentent ?
    2) Ne savent-ils pas que Son Excellence Benjamin Mkapa est un ancien chef d’état, un aîné (respect oblige) et que la moindre chose est que le CNARED lui présente des excuses suite aux propos tenus en son endroit par le CNARED après son séjour à Bujumbura.
    3)Le Kenya a-t-il besoin de se venger pour avoir perdu une élection continentale ? Quel est le lien entre ces deux diplomates et le Kenya ?
    Je constate que tout le monde voit que le Burundi est d’une importance capitale, un trésor caché.

  3. C’est scandaleux que ces deux personnalites Benomar et Fall ne comprennent pas la vrai image du Burundi actuel au detriment des interets des occidentaux. Ils disent qu,ils militent pour les droits
    humains mais scandaleusement pour leurs interets. Si leur preoccupation etait les droits de l,homme ils auraient ordonne l,arrestation de ces trois hommes qu,ils veulent presenter a la table de dialogue d,Arusha car jusqu,a maintenant le Burundi est en souffrances occasionnees par ces derniers. Comme le gouvernement a demande que Benomar ne soit plus l,envoye special de l,ONU il faut faire de meme pour FALL ces senegalais qui sont a la solde de la France actrice principale de tous les maux que connait notre patrie.

  4. Oscar Ninteretse

    La géopolitique est très complexe et souvent difficile à comprendre. Les puissances étrangères qui sont derrière tous ces “idiots utiles” (http://www.globalresearch.ca/breaking-iranian-media-trump-is-on-course-to-break-us/5571929) pour déstabiliser le Burundi sont les mêmes qui, sont d’autres cieux, arrivent à trouver, nous présenter et armer des factions comme Al-Quaeda, Al-Shabab et autres Boko Haram “modérés”. Allez y comprendre quelque chose lorsqu’ils les utilisent pour mener leur soi-disante “guerre humanitaire”.

    Qui s’étonnera donc de les voir armer Sinduhije, Busokoza et autres pour entreprendre un guerre humanitaire au Burundi.

    Juste pour rappel historique, durant la guerre du Rwanda en Octobre 1990, le gouvernement et le FPR ont signé un accord de paix à Arusha. Cet accord n’a pas empêché le FPR et ses divers soutiens d’amplifier cette guerre et déclencher un génocide qui se poursuivit jusqu’au Congo, histoire de contrôle des resources. Ceux qui ont osé présenter une version différente de celle présenter officellement sont traités de négationistes et massacrés.

  5. Oscar Ninteretse

    “Fall et Benomar veulent envoyer Sinduhije, Busokoza et Minani à Arusha: le piège tendu à Mkapa”. Ceci était presque une rumeur la semaine dernière. Aujourd’hui il est confirmé que cette stratégie a été mise en action.

    La vrai question qui se pose est de savoir si ces opérateurs internationaux oeuvrent pour la paix au Burundi ou poursuivent un agenda caché.

    Il est devenu de plus en plus clair que la stabilité du Burundi menace les intérêts expansionnistes (politique étrangère) pour piller l’Afrique. Alors il faut trouver et utiliser des “idiots utiles” pour subtilement défendre les intérêts occidentaux. La réussite de ces pourparlers ne les intéressent même pas si les conclusions ne vont pas dans le sens qu’ils veulent.

    Juste pour rappel historique: lorsque dans les années 60 De Gaulle fut obligé d’accorder l’indépendance aux pays africains sous colonie française, il demanda en même à Foccart de mettre en action un plan contraire. Il en résultera pillages et coups d’états systématiques. Lorsque le mur de Berlin tomba dans les années 80, la France introduisit la notion de démocratie dans ses pays partenaires africains. Plus tard dans les années 90, Bill Cliton déclara ouvertement la guerre contre les français en Afrique. Ces derniers devront se soumettre et copérer pour massacrer les africains tout en se rassurant qu’aucun américain serait poursuivit pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Les termes “démocratie” et valeurs démocratiques” tombèrent dans la logique sémantique où chacun les définit comme et quand il lui conviennent.

    Nous assistons donc aujoudh’hui à des guerres par procuration un peu partout dans le monde, qualifiées même comme “guerres humanitaires” alors que ce sont des guerres de pillages.

    Fall et Benomar vont oeuvrer pour armer Sinduhije, Busokoza et Minani contre le Burundi.

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