Justice, Sécurité au Burundi

Rutana: cauchemars des détenus dans l’attente de la mise en application de la grâce présidentielle

Alors que l’on ne connaît même pas encore le nombre, ni les noms de prisonniers qui vont bénéficier de la grâce présidentielle, les détenus de la prison de Rutana au sud-est du Burundi ne dorment plus, attendant le jour de leur libération.

Certains ont cessé toute activité d’autosuffisance qui les occupait dans la prison, ce qui a entraîné une baisse du volume de travail, selon les sources pénitentiaires.
Ainsi, les prisonniers qui s’occupaient du travail de vannerie pour fabriquer des ustensiles comme les paniers de la ménagère (ibiseke, amakapo), ont quelque peu cessé de produire comme avant, arguant qu’ils attendent leur libération d’un moment à l’ autre et que par conséquent ils peuvent sortir sans avoir vendu leur production.
D’autres ont déjà emballé leurs affaires et attendent que le grand jour arrive, selon le directeur de cette prison, M. Jonas Mbonimpa.

Un sujet qui inquiète le service social de la prison de Rutana, qui ne connaît toujours pas les bénéficiaires de la grâce présidentielle afin qu’ils soient préparés à leur réinsertion sociale.
Une préparation qui devrait se faire à deux niveaux, note-t-on. D’une part, auprès des détenus qui vont être libérés pour qu’ils sachent comment se comporter de retour en milieux sociaux normaux, après une longue période passée dans le milieu carcéral.
D’autre part, la préparation devrait se faire au niveau des communautés d’accueil pour que l’on sache comment accueillir et vivre avec des individus qui ont peut-être adopté d’autres comportements.

Concernant le discours généralement tenu par le directeur de la prison lors de la sortie des bénéficiaires de la grâce présidentielle, certains estiment qu’il ne sert pas à grand-chose, étant donné qu’il est prononcé au moment où les libérés sont dans le stress, les uns, de regagner les leurs, les autres d’avoir le ticket de transport pour arriver chez eux.

Ainsi, avec la dernière mesure de clémence prise en fin d’année 2016, certains prisonniers n’ont pas su ce qui venait de leur arriver et ont passé toute une journée à tourner autour de la prison, comme s’ils n’avaient pas où aller faute justement de préparation.
D’autres sont revenus en prison, pour avoir récidivé.

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