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GRANDE INTERVIEW | Abbé Thomas Nahimana  envisage un gouvernement rwandais  en exil,  si….

Après deux tentatives avortées pour retourner dans son pays natal, le Rwanda, le réfugié en même temps président du parti Ishema ry’Urwanda Thomas Nahimana donne un ultimatum : « Dans un délai ne dépassant pas deux semaines, nous aurions déjà mis en place un gouvernement rwandais en exil », si Kigali ne le laisse pas rentrer. Interview au Groupe de Presse Ikiriho.

Monsieur l’Abbé Thomas, pourriez-vous dire aux amis du Groupe de Presse Ikiriho qui vous êtes ?

Je réponds au nom de Thomas Nahimana, de nationalité rwandaise. Je suis né à Bugarama dans la province de Cyangugu, non loin de Rugombo (Nord-Ouest du Burundi dans la province de Cibitoke). Je suis président du parti politique « Ishema ry’Urwanda » (Honneur du Rwanda), lequel a été créé en exil  le 28 janvier 2013. Je suis aussi candidat aux élections présidentielles au Rwanda, prévues le 3 et le 4 août 2017.

Ikiriho a été informé de votre tentative de rentrer dans votre pays, le Rwanda, mais qu’on vous a empêché à la dernière minute. Peut-on en savoir davantage ?

Dans notre parti, nous prônons la voie pacifique pour rentrer au bercail afin d’apporter notre contribution à la construction du pays, pour le Rwanda tisse de bonnes relations avec les
pays voisins et qu’il veuille à l’égalité des chances pour tout le monde. C’est dans cette optique que nous  avons pris la ferme détermination de rentrer au Rwanda. Mais, en date du 23 novembre 2016, on s’est retrouvé face à des difficultés avec la police de l’air et des frontières kényanes à l’aéroport de Nairobi. On s’est vu intimé l’ordre de ne pas embarquer à bord de l’avion Kenya Airways KQ 0440 qui devrait atterrir à Kigali à 14 :55 le même jour.

Connaissez-vous les mobiles de  cette obstruction ?

Le gouvernement de Paul Kagame a fait pression pour que l’avion  ne nous embarque pas vers Kigali. J’étais accompagné de mes deux compatriotes: Venant Nkurunziza âgé de 33 ans et madame Nadine-Claire Kansinge  âgée de  36 ans. Cette dernière avait un nourrisson du nom de Skyler Mahirwe Kejo âgé de sept mois. Nous avons passé soixante-douze heures de temps au transit de l’Aéroport Jomo Kenyatta en attente d’une permission sensée venir du gouvernement de Paul Kagame pour nous autoriser à renter chez nous, mais en vain. Et ainsi, nous avons pris la  décision de rebrousser chemin pour  renter dans nos pays d’accueil respectifs. Entre-temps, Kagame a indiqué ironiquement qu’il ne comprenait pas bien les raisons qui poussent les autorités kenyanes à nous refuser la poursuite de notre voyage vers le Rwanda. Malheureusement, pendant des années, on a cru à ses discours et pensions qu’il respectait sa parole.

Après cet échec, avez-vous jeté l’éponge ?

Pas du tout. Nous avons fait une autre tentative. Le scénario a été le même quand nous avons essayé d’embarquer  pour la deuxième  fois le 23 janvier 2017 à bord de l’avion de Brussels Airlines  SN 0571 qui devrait atterrir à Kigali à 21:50. Nous étions au nombre de deux, moi et Nadine Kasinge qui arrivait de Montréal au Canada. L’équipage de la compagnie aérienne SN Brussels Airlines nous a montré une note du gouvernement de Kagame ordonnant à toutes les compagnies desservant Kigali de ne pas accepter de nous embarquer. Argument : nous sommes personna non grata sur le sol rwandais.

Peut-on encore une fois savoir le pourquoi d’être empêchés de rentrer au bercail ?

La raison  de ce refus est claire: le dictateur Paul Kagame a beaucoup peur de perdre les élections présidentielles qui se dérouleront au mois d’août de cette année,  si notre parti y participe.

Notamment pour ses succès sur le plan économiques, le Président Kagame est populaire dans son pays et partant imbattable aux élections…

Mis à part les mensonges qui sont dispersés par des médias corrompus affirmant que Kagame a fait du Rwanda un pays émergeant et que par conséquent il est un super leader, Paul Kagame lui-même reconnaît qu’il n’est pas du tout populaire aux yeux des Rwandais car le FPR-Inkotanyi, parti dont il est issu a commis une multitude de crimes jusqu’à l’heure actuelle.

Auriez-vous d’autres reproches au pouvoir du Président Kagame qui justifieraient le changement que vous proposez aux Rwandais ?

Nous citerons à titre d’exemple : le fait de faire peur partout dans le pays, avoir causé du malheur à la population en démolissant leurs maisons et en s’appropriant sa terre, en détruisant ses plantations, en lui interdisant de cultiver des cultures importantes selon son choix ; en utilisant une politique de discrimination dans les écoles et au travail. Nous  lui reprochons aussi  d’avoir causé du chômage aux jeunes, avoir dévalorisé les maîtres d’écoles en leur octroyant un maigre salaire. Bien plus, la compétition politique n’est pas autorisée. Nous l’accusons également de maltraiter, emprisonner et tuer même des politiciens partisans du changement pacifique. Il  cause de l’insécurité  de temps en temps dans la région des Grands Lacs. En peu de mots, les raisons qui font qu’il y ait une nécessité d’un changement au Rwanda sont multiples et dans ce cadre, les Rwandais se préparent à élire eux-mêmes un président autre que le dictateur Paul Kagame.

Est-ce que vous et vos compatriotes n’ont pas participé au génocide contre des Tutsi en 1994, une raison suffisante pour vous interdire de briguer le fauteuil présidentiel et même de vous jeter en prison ?

Le parti « Ishema » a été créé par de jeunes hommes et femmes qui n’ont du tout pas pris part dans les crimes commis au Rwanda. Nous n’avons pas participé dans des tueries, nous n’avons rien pillé. En ce qui me concerne, moi Thomas Nahimana, je suis un religieux qui est prêtre de l’Église Catholique. J’ai eu des missions au Rwanda (1999-2005) et en France (2006-2012). Je séjourne en France depuis l’an 2005 quand j’étais parti comme réfugié en provenance du Rwanda. J’ai pris la décision de suspendre temporairement mes activités à la paroisse pour embrasser la carrière politique  de la façon la plus transparente du monde afin de m’unir aux autres pour lutter contre l’injustice du régime dictatorial de Paul Kagame.

Si nous comprenons bien, Abbé Thomas Nahimana a la conscience tranquille, il exclut toute éventualité de poursuites judiciaires contre sa personne une fois rentré au Rwanda…

Si nous étions auteurs de crimes au Rwanda, on allait  nous laisser rentrer afin de nous traduire devant la justice. Nous n’avons pas peur de l’appareil judiciaire parce que nous ne nous accusons de rien.

Face à un homme fort comme le Président Kagame, comment vous motivez-vous pour continuer vos activités politiques ?

Nous ne nous désengagerons pas. Nous sommes convaincus que de part nos revendications, il est même possible de risquer notre vie. Nous continuerons  notre bataille dans le but d’aller d’exercer les activités politiques au Rwanda. Mais parce que le dictateur Paul Kagame nous a empêchés de rentrer au pays pour qu’il se représente seul aux élections sans challenger, et de cette manière clamer  à la communauté internationale qu’il ya démocratie au Rwanda,  nous avons pris une forte décision au niveau politique.

Laquelle ? Vous avez dit que votre parti politique met en avant les voies pacifiques. Allez-vous rentrer à pieds ?

Maintenant, nous avons opté ensemble avec les autres Rwandais de l’opposition que dans un délai ne dépassant pas deux semaines, nous aurions déjà mis en place un gouvernement rwandais en exil.

Un gouvernement en exil pour quels buts ?

Ce gouvernement aura le rôle de parler au nom des Rwandais et expliquer leurs problèmes auprès de la communauté internationale et aux pays amis du Rwanda.

 

7 Comments

  1. nyamuranvya

    Yumva umuheto, law of the jungle, kill or be killed. Forget the elections. These guys probably wish they were from Burundi. DRC and Rwanda, sad cases of mineral looting causing major insecurity in the region.

    Loi de la jungle, tuer ou être tué. Oubliez les élections. Ces types souhaitent probablement qu’ils étaient du Burundi. La RDC et le Rwanda, de tristes cas de pillage des minéraux qui ont provoqué une grande insécurité dans la région.

  2. Yewe nta mugayo ese ubwo aracyari padiri ? nagende mu Rwanda abazwe
    ibyo yakoze,yigisha hirya no hino,ese ko afite nationalité française ko naho
    hagiye kuba amatora yakwiyamamaje,ntababeshya nigeze kumwegera iruhande
    ngo numve ibitekerezo n’imvugo ye nibaza uwamuhaye ubu padiri rwose

  3. Ce petit voyou qui ranconne l’argent des refugies et qui trompe certains europeens,Thomas Nahimana est un revisionniste,negationniste,genocidaire qui n’a ni foi ni loi.Aussitot arrive sur le sol rwandais il sera incarcere car il a longtemps propage ses idees et les idees divisionnistes,bref c’est un vrai parmehutu.

  4. Bizoza Thomas

    Ndatangazwa n’abantu bibesha ngo bihebeye Imana naho ari inda zabo gusa. Yabonye muri Ekeleziya ataco yiba none ngo arahagaritse temporairement yiteho politique. Nta mukozi w’Imana aja inyuma ya politique kuko politique ni kwica, kubesha, gusambura, kwiba, kurenganya. ivyo navyo nivyo bikorwa vya shetani. Rero ingeso iraraba ntipfa Thpmas yerekanye umurimo yiteguriye ariko Imana ntikinishwa. Raba muri Hiati na Patiri Aristide, ntivyamutaye kuwa amazi, amaraso yashaka agaseseka. I Burundi ntiyibonera ko amaraso, ubusuma, ubusambanyi muri viol organisee, torture n’ayandi mabi ariko ibikorane no gushimira imana bidasiba umugore wiwe nawe yama asenga imana y’umuryango apfunze amaso. Ntaco Thomas azohindura atari kubandanya umugambi wa shetani. Yamenye ibanga rya mbere yambura soutane wumva amaze iki? Wait and see

  5. kazobamesa

    we kijuju thomas uravuga ivyi wanyu i rwavu guko tubahanze amaso gusa mwokwihenda twobamesa mon chr ami aho mwibaza ko ivyo mukorera abahutu bitazwi?none namureke ubutungane bumukurikirane kowumva atamutinya. ivyo vyose wavuze bikorwa mu rwanda ahantu muturira na prison ngo abahutu kwaribo bariyo bahireyo birya wibaza kobitazwi?uribuka abo mwatumye bose ngobaze gutera ayo babonye sha twe ntidufyina muzotubona tugeze i kigali tubereke sha ubu naho mwakenye none musubiye i congo kwiba ubutale mwemubeshejweho nokwiba gusa muba abambere badandaza colta kwisi yose agataka kanyu katagira namba wobisigura guute?

  6. Paul Kagame amenye ko ruriye abandi rutamwibagiye, burya abona ko azotwara Urwanda ubuzima bwiwe bwose, arihenda goose!!! ibihe vyarahinduze, arakumbura abe aritunganya.

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