Politique Locale

Léonce Ngendakumana : « Le discours à la nation du président Nkurunziza ne rassure pas »

Cinq sujets de controverse : déclaration  sur l’état sécuritaire, refus du dialogue, volonté de modifier la Constitution, relations tendues avec la communauté internationale et appel aux réfugiés de rentrer. 

Léonce Ngendakumana, vice-président du parti Sahwanya-Frodebu

Pour le vice-président du parti Sahwanya-Frodebu, la paix et la sécurité est une chimère au Burundi contrairement à ce que déclare le président de la République. « Au cours de 2016, on a continué à assister à des assassinats politiques et aux  assassinats de citoyens. Le pays a connu aussi des assassinats extrajudiciaires  et des cas de tortures ».  Il affirme aussi que le pays a assisté à des mouvements forcés de la population tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. « On a assisté à des déplacements sous très haute protection du président de la République et du ministre de la sécurité publique, pour ne citer que ceux-là.  Cela  veut dire que les hautes autorités du pays sont conscientes que la sécurité n’était pas assurée ».

Le vice-président du Sahwanya-Frodebu dit qu’on a entendu des discours de menace extérieure sur le Burundi. Le Rwanda et la Belgique ont été pointés du doigt. «Et au moment où  le président Nkurunziza venait de prononcer son discours, son ministre de l’Eau et de l’ Environnement a été assassiné en pleine capitale, pour dire qu’on est resté dans l’insécurité sur toute l’année. »

Sur le plan politique, M. Ngendakumana regrette que le président Nkurunziza ne soit pas prêt à dialoguer, encore moins à négocier avec ceux qu’il  qualifie de putschistes. « Il est opposé au dialogue inclusif ».

Impuissant, il constate que le président veut coûte que coûte modifier la Constitution « alors que c’est cette tentative d’amendement de la Constitution qui a été l’origine  de la crise ». Et de s’écrier : « La modification unilatérale de la Constitution n’est pas à rassurer la population ».

Autre faiblesse du discours du président de la République, selon M. Ngendakumana : l’appel lancé au réfugiés de rentrer. «  On ne lance pas des appels aux réfugiés. On pose des actes concrets de nature à les rassurer par rapport aux mobiles de leur fuite ».

Pour lui, la condition sine qua none pour le retour des réfugiés est que le pouvoir accepte un dialogue inclusif pour  vider les questions en rapport avec l’insécurité du pays. La deuxième condition pour le retour massif des réfugiés, il faut  le rétablissement de la confiance. «  La crise de confiance s’aggrave entre composantes ethniques, entre partis politiques et au sein des partis ».

Troisième condition, selon M. ngendakumana : le Burundi doit normaliser ses relations avec le Rwanda et la communauté internationale afin de briser son isolement. Et de s’écrier : « Cela fait une année que le gouvernement lance des appels pour le rapatriement volontaire, le constat est que ces réfugiés ne rentrent pas ».

Pour Léonce Ngendakumana, « si les questions politico-sécuritaires sont résolues et que le pays normalise ses relations avec la communauté internationale, ipso facto, les questions de pauvreté, de chômage, d’éducation et de santé seront résolues ».

One Comment

  1. ” si les questions politico-sécuritaires sont résolues et que le pays normalise ses relations avec la communauté internationale, ipso facto, les questions de pauvreté, de chômage, d’éducation et de santé seront résolues ».
    Oya nareke kubesha.N’ibihugu bitigeze bija mu ntambara birafise ingore za pauvreté, chomaget éducation, santé. Yashaje Leone ntakimenya ivyo avuga.

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

*