Sécurité au Burundi

Assassinat du ministre Niyonkuru: “Est-ce la sécurité que l’on chante ?” (Pierre Claver Mbonimpa)

Jusque-là plutôt positif, le bilan sécuritaire des fêtes de fin d’année s’est brusquement assombri cette nuit par notamment l’assassinat du ministre Emmanuel Niyonkuru, en charge de l’Eau et de l’Environnement. Une autorité qui n’avait pas de garde, ni d’élément de police affecté à son domicile.

La famille du ministre qui vit à l’étranger, ainsi que tout le pays est tombée des nues moins de deux heures après la célébration du Réveillon 2017 à Bujumbura.  Selon le porte-parole de la police burundaise, “le ministre Niyonkuru a été assassiné chez lui vers 00:45 au moment où il rentrait du restaurant Chez André“.

Il a reçu trois balles de pistolet au niveau de l’oreille droit, “des tirs à bout portant par un homme qui était sûrement assis à ses côtés dans le véhicule. Une femme se trouvait au siège arrière du véhicule. Elle doit avoir vu l’assassin, de même que l’agent de la société de gardiennage qui a ouvert le portail“.

Ces deux personnes, ainsi que la sentinelle du ministre qui affirme qu’elle dormait au moment du crime, ont tout de suite été arrêtées.

Un assassinat facilité par le fait que le ministre ne disposait d’aucune protection particulière (certaines personnalités sont récalcitrant), à part le gardiennage de son domicile sis à Rohero, près de l’Université du Burundi.

Les réactions de condamnation n’ont pas tardé à fuser, à commencer par le président Pierre Nkurunziza qui a promis que “ce crime ne restera pas impuni”. Pour sa part, la patronne de la Commission de l’Union Africaine a demandé l’ouverture d’une enquête judiciaire.

Autre personne à avoir réagi: Pierre Claver Mbonimpa. “Toute personne qui perd la vie est une perte pour le pays“, explique l’activiste des droits de l’homme, qui voit dans l’assassinat du ministre Niyonkuru un calcul politique. “Tuer n’est nullement la solution aux problèmes du Burundi. Personne n’avait jamais entendu des plaintes contre le défunt ministre. La seule chose qu’on disait sur lui, c’est qu’il est DD. Et être du parti au pouvoir n’est pas un péché. Il n’aurait pas du mourir pour cette raison”.

Sur un autre plan, Pierre Claver Mbonimpa se demande: “Est-ce que cet assassinat montre la fameuse sécurité dont on chante l’abondance ? Si un ministre peut être tué de cette manière, que sera le sort du petit peuple ? C’est triste de voir les Burundais s’entre-tuer. Hier, c’était Nyamitwe, aujourd’hui, c’est un ministre. On ne sait pas pour demain…

Et de conclure que “on ne sait pas où nous conduira cette mauvaise graine de la violence entre les Burundais”.

Originaire de Muramvya (1962) dont il était sénateur pour la législature 2015-2020 (CNDD-FDD), Emmanuel Niyonkuru était ministre de l’Eau, de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme depuis le 24 août 2015.

2 Comments

  1. Vraiment triste. Mais apparemment c’est un assassinat “commandé”, criminel. Ça n’a rien à voir avec la sécurité du pays. Un mai bistre est un être comme vous et moi. Il a de s ams et des moins amis. Il a des goûts et des préférences. S’il a jugé bon ne pas avoir de garde armée c’est parce que en âme est conscience il en avait pas besoin. Dans mon coin j’étais bien. Aucune criminalité cette nuit de réveillon. Mais les pick pocket et autres malfrats n’étaient pas en congé comme à Berlin ou à Sydney. Donc un ministère simple s’approche qui est assassiné se sentirait trahit si on utilisait sa mort pour des démonstrations qui nuisent son pays. Il était vrm patriote. Il a abandonné l’air conditionné des bureaux de la B.R.B. pour allait sentir la nature au ministère de l’environnement. Il était prêt à gérer l’eau du Burundi au lieu des devises. Mais ces autres assassins lui ont faitent dévier de son chemin. R.I.P. Mr. le Ministre!
    Que la terre vous soit légère !

  2. Jean-Marie

    Que son âme repose en Paix. Dans le monde actuel, les assassins, les terroristes et les bandits sont partout et on ne sait plus distinguer le terrorisme, le banditisme des assassinats politiques.
    La seule guarantie de la sécurité est seule assurée par Dieu à travers l’ amour et la compassion dans les familles, les voisins et la communauté autour de soi.
    Le diable est partout, continuons à prier.

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