Économie locale, Politique Locale

Le Gouvernement prévoit un budget 2017 de 1.152,7 milliards de BIF, à 70 % financé par les recettes internes

L’Assemblée nationale du Burundi a adopté jeudi, avec 110 voix pour et une voix contre, le projet de loi budgétaire 2017 d’un montant de1.152,7 milliards de francs burundais (BIF), contre 1.119,9 milliards de BIF en 2016, soit une augmentation de 2,9%. Ce budget sera financé à hauteur de 70,7% par des ressources intérieures et 29,3% des ressources provenant de l’extérieur.

Le ministre des Finances défendant le projet de loi du Budget 2017

Les dépenses totales de l’Etat passent de 1.260,6 milliards de BIF en 2016 à 1.326,9 milliards de BIF en 2017, soit un accroissement de 5,3%, tandis que les dépenses courantes passent de 724,4 milliards de BIF en 2016 à 795,5 milliards de BIF en 2017, soit un accroissement de 9,8%. Les dépenses en capital et prêts nets passent de 518,2 milliards de BIF en 2016 à 513,3 milliards de BIF en 2017, soit une diminution de 0,9%.

Le déficit global du budget général 2017 s’élève à 174,1 milliards de BIF contre 140,7 milliards de BIF en 2016. Le financement de ce déficit qui permet d’équilibrer ce budget général de l’Etat est de 174,1 milliards de BIF, les éléments de financement net étant le financement intérieur net positif de 174,6 milliards de BIF et le financement extérieur net, qui correspond à la différence entre le
remboursement de la dette directe (22,8 milliards de BIF) et les tirages sur dette directe (22,3 milliards de BIF), qui sera un remboursement d’un montant de 0,495 millions de BIF.

Selon le ministre des Finances, du Budget et de la Privatisation, M. Domitien Ndihokubwayo, l’année budgétaire 2017 sera caractérisée par une reprise modérée de l’activité économique qui permettra de mobiliser des recettes additionnelles globales par rapport à l’année 2016, estimée autour de 32,8 milliards. Ces recettes restent insuffisantes pour répondre aux dépenses additionnelles estimées autour
de 367,8 milliards de BIF et c’est pour cela que l’austérité doit être de rigueur.

Au cours de la gestion budgétaire 2017, la politique budgétaire qui sera menée consistera en la poursuite de la mise en œuvre effective des réformes déjà engagées pour accroître le recouvrement des ressources internes ainsi que les ressources de porte.

Ces ressources seront essentiellement orientées dans les secteurs prioritaires du gouvernement. Il s’agit des secteurs de la sécurité et de la défense, les secteurs sociaux (éducation, santé, affaires sociales, etc), les secteurs porteurs de la croissance économique (agriculture, énergie et mines, transport) et les autres secteurs nécessaires au développement du pays.

Les questions posées par les parlementaires portaient notamment sur ce que deviendra le budget 2016 des communes qui ne l’ont pas entièrement consommé, la prévision de 2,4 milliards de BIF pour l’achat de véhicules de l’Etat alors que le pays a adopté la politique « charroi zéro », les fonds qui serviront à acheter les équipements des écoles d’enseignement des métiers ainsi que les raisons qui ont été à l’origine de la baisse de 10% du budget alloué à l’agriculture et à l’élevage.

Par ailleurs, une série de mesures sera mise en œuvre dans le but d’accroître les ressources intérieures du budget 2017, notamment la taxe anti-pollution sur les véhicules usagés de plus de dix ans, avec comme impact budgétaire de 200 millions de BIF ; la surtaxe de 50% de la valeur en douane sur les sachets en plastique importés, qui aura pour impact budgétaire 100 millions de BIF ; la surtaxe de 30% sur le lait liquide importé de la position tarifaire 0403 90 00 du tarif extérieur commun, qui s’applique aux produits laitiers de la position tarifaire du tarif extérieur commun et qui aura un impact budgétaire de 150 millions de BIF, ainsi que le prélèvement forfaitaire libératoire pour les agences en douanes dont le montant est fixé à 10.000 FBu par déclaration et dont l’impact budgétaire s’élève à 400 millions de BIF.

Il s’agit aussi des impôts locatifs, qui seront rapatriés dans la fiscalité de l’Etat, et dont l’impact budgétaire est d’un milliard de BIF ; de la taxe spécifique de téléphonie mobile sur le trafic national, qui passera de 42 BIF à 52 BIF et dont l’impact budgétaire sera de 16 milliards de BIF ; ainsi que de la taxe de consommation sur le carburant qui remplacera la taxe forfaitaire sur transport, ainsi que l’impôt véhicule et qui sera prélevée au moment de la mise en consommation à raison de 100 BIF par litre. Son impact budgétaire sera de 13 511 776 000 BIF.

L’augmentation de la taxe spécifique sur le sucre de 200 BIF, l’augmentation des taxes de consommation sur les bières (50 BIF par bière), la suppression des exclusions prévues dans le secteur des assurances avec diminution du taux qui passe de 2% à 1,5%, ainsi que la réintroduction de la taxe à l’exportation des peaux brutes font partie des mesures nouvelles. Elles ont pour impacts budgétaires
respectifs de 4 480 266 667 BIF ; un milliard de BIF, 343 millions de BIF et 140 millions de BIF.

Le chapitre du projet de loi des finances 2017 qui concerne l’exécution du budget indique un certain nombre de principes qui seront observés. Selon ces principes, il sera préparé et mis en œuvre un plan d’engagement trimestriel des dépenses validé par le conseil des ministres et un plan de trésorerie glissant. Toutes les dépenses budgétaires devront être soumises à l’autorisation préalable du ministre ayant les finances dans ses attributions et exécutés en tenant compte des ressources disponibles.

Une enveloppe mensuelle budgétaire pour chaque ministère devra être définie avec une hiérarchisation stricte des dépenses, et certaines dépenses seront contingentées en cas de non recouvrement des ressources projetées pour 2017. En application de la loi des finances publiques et dans le but d’améliorer la gestion de la trésorerie de l’Etat ainsi que le renforcement de la transparence budgétaire, toutes les dépenses de l’Etat passeront par le compte unique du trésor.

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