Sécurité régionale

RDC: l’apocalypse annoncé ce 19 décembre à Kinshasa n’a pas eu lieu

Tous les yeux étaient fixés sur Kinshasa. Les opposants et les jeunes des mouvements dits “citoyens” avaient promis que la rue allait “chasser Joseph Kabila de la Présidence de la RDC”. Pourtant, les rues de Kinshasa étaient plutôt vides hier, avec une forte présence des forces de sécurité, avant que la population n’entame quelques va-et-vient timides sur les grands axes de la capitale. Le récit d’Ikiriho.

Tout commence la veille du 19 décembre. Tandis que les évêques catholiques annoncent n’avoir pas obtenu de consensus lors du dialogue “inclusif” qu’ils menaient après celui de l’Union Africaine, les Kinois bousculent dans les supermarchés et marchés pour s’approvisionner “au cas où”…
Puis un tweet de Felix Tshisekedi, un des leaders de l’opposition tombe tombe, clair: « Comme annoncé les discussions ont échoué. A présent, peuple congolais, la balle est dans votre camps. Nous sommes arrivés au bout de nos efforts ». Une façon d’appeler aux manifestations sans courir le risque d’en faire clairement mention, pour eviter des poursuites au cas où il y aurait du grabuge…

Très suivie, la journaliste de RFI Sonia Rolley qu’on a vu au Burundi en 2015 confirme, toujours sur Twitter : «Le Rassemblement n’appelle pas à manifester, demande aux Congolais de prendre leurs responsabilités et de faire leur choix ».
Et à part des infos faisant état d’une tentative de fuite d’Etienne Tshisekedi, la nuit du 18 au 19 décembre aura été calme, accentuant ainsi le suspens.

Au matin de ce 19 décembre, les rues désertes dans la commune de Gombe pouvaient faire croire que “quelque chose allait se passer”… Les observateurs, cameramen et photographes assoiffés d’images percutantes n’en revenaient pas: jusqu’à 10h 30, tout est calme, rien de spectaculaire, un ou deux piétons qui passent. Rien d’intéressant.

Place Victoire, en commune urbaine Kalamu: la circulation était plutôt normale, le petit commerce présent sur les routes principales, même si les magasins étaient à moitie ouvert. Cette localité caractérisée par une forte pollution sonore tout au long de la journée jouissait hier d’un calme saisissant. Même tableau Place Kimpwanza.

Les va-et-viens aux marchés des quartiers périphériques

Aux alentours de midi, au Marché de Gambela, le commerce était fluide et normal à l’intérieur comme à l’extérieur. Tandis que le marché de la Liberté, dans la localité de Nd’jili n’a pas pu ouvrir: jusque tard vers 15h, ses stands étaient toujours vides.
Au marché de Mouleart, la situation était d’ailleurs surprenante: embouteillages à la sortie du marché, pousse-pousses transportant des colis, vendeurs ambulants, bref, une circulation telle un jour normal. Plus loin au Marché de Selembao, les vendeurs disent que “Tout est normal. Les clients ont afflué tout au long de l a journée”.

Tentatives de Manifestations vers la fin de la journée

Bien que les communes comme Limete, Ndjili d’où partent souvent les manifestations anti-Kabila étaient calmes, les habitants du quartier Sainte-Thérèse attestent qu’au milieu de la journée d’hier, plus d’une vingtaine de jeunes ont été arrêtés par des militaires. On signalera également à l’Université de Kinshasa, autre foyer de la contestation anti-Kabila, un barrage de la police militaire face aux étudiants qui se disaient “assiégés, empêchés de manifester contre la fin du mandat de Kabila”.

Bref, rien de grave ne s’est réellement passé, à l’opposé des mises en gardes de l’opposition qui promettait un million des Kinois dans les rues de la capitale congolaise… Les prochains jours seront cruciaux pour mesurer les capacités de mobilisation des tenants de la ligne dure face au pouvoir de Kabila.

 

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