Politique Locale

Des politiciens réclament plutôt une journée nationale du combattant

Une différence de degré et non de nature : l’opposition et le parti Uprona souhaitent unanimement qu’il y ait une journée nationale dédiée aux anciens combattants.

Tatien sibomana : « Cette semaine n’a rien de positif »

tatien« Par principe, sous d’autres cieux, la journée de l’ancien combattant se célèbre, mais il faut savoir pourquoi elle se célèbre  et comment », lance le politicien Sibomana, un élu de la coalition  des indépendants « Amizero y ‘Abarundi » mais qui a refusé de siéger à l’Assemblée Nationale.

Dans certains pays,  poursuit-il, la semaine  est célébrée pour montrer  que ce combattant a libéré un pays qi était sous occupation, spécialement étrangère.

Deuxième observation : la semaine du combattant doit  concerner tous les combattants, selon lui. «  Or,  pour le cas du Burundi, on est dans aucune des deux hypothèses. D’abord, le combattant ici n’a pas libéré le Burundi sous occupation. Sinon, on se souviendrait beaucoup plus des combattants de Mwezi Gisabo. » Pour la deuxième hypothèse, quand on parle de la semaine du combattant, on fait allusion au combattant du Cndd-Fdd. « Or, on sait bien que dans ce pays ,  il y a eu beaucoup de groupes  qui ont combattu mais qui ne sont pas nullement concernés par cette semaine : ceux de Mwezi Gisabo, les ex-FAB, le Palipehutu-FNL ,quelques éléments du Cndd de Nyangoma, le Frolina, le KazeFdd , le FNL d’Agathon Rwasa, etc. »

Et de lâcher : «  Si on considère tout cela, cette semaine n’a rien de positif. Elle ne fait que raviver des rancunes et des divisions au sein des forces de défense et de sécurité. Cela montre aussi une injustice de deux  poids deux mesures et un favoritisme à peine voilé ».

Tatien Sibomana  constate que la journée du combattant tombe au moment où  les ex-FAB se sentent menacés. «  C’est triste. Cela va diviser les corps de défense et de sécurité avec les conséquences que cela peut comporter, notamment le fait de ne pas avoir des corps républicains et professionnels. »

Autre conséquence, selon lui : les jeunes Tutsi qui hier étaient taxés d’être majoritaires au sein des corps de défense et de sécurité refusent aujourd’hui d’y entrer.  « La conséquence est qu’on déshabille saint Pierre pour habiller saint Paul et les mêmes causes produiront les mêmes effets. On va tout droit  vers la case départ: on accusait ces corps d’être mono ethniques  tutsi, demain on va les accuser d’être mono ethnique hutu, une preuve que l’Accord d’Arusha est mis à rude épreuve ».

Abel Gashatsi : « Que cela soit une semaine qui concerne tout le monde »abel

 « C’est le début.  Dans le futur, que cela soit une semaine qui concerne tout le monde. Que  ce soit une occasion à tous les anciens  belligérants  de partager des témoignages sur leur vie pendant la guerre».  Point de vue du président de l’Uprona.

Gashatsi souligne n’avoir jusqu’ici reçu aucune  plainte  d’un  militaire ex-FAB sur ce qui se dit, surtout à travers les réseaux sociaux que les anciens combattants  ex-FAB seraient malmenés par le pouvoir.  Et de glisser une mise au point : «  Les Tutsi qui sont dans les corps de défense et de sécurité ne se reconnaissent pas nécessairement dans l’Uprona.    Même  les années passées, sans toutefois être Upronistes, les  militaires qui prenaient le pouvoir  faisaient  aussi mains basses sur le parti pour mieux asseoir leur autorité sur tout le pays ». 

Léonce Ngendakumana : « Est-ce une semaine dédiée au combattant pour la paix, la liberté et la dignité ? »

Leonce Ngendakumana

Pour le vice-président du Sahwanya-Frodebu,  «  l’action en soi  est louable. Mais il faut des réponses, des éclaircissements et des précisions sur certaines interrogations.  Quel est le statut de ce combattant dont il est question aujourd’hui ? Est-ce un combattant qui a pris les armes ? Dans ce cas se serait une semaine pour tous les mouvements politiques que le Burundi a connus ».

Deuxième interrogation : « Est-ce un combattant pour la paix, la liberté et la dignité ? Dans ce cas,  ça doit  obligatoirement et impérativement  être une semaine nationale ».

M. Ngendakumana dit aussi que son parti a besoin d’avoir une précision sur qui organise cette semaine. Est-ce le Cndd-Fdd ou le gouvernement ?

La  troisième interrogation est l’objectif qui est poursuivi : « Honorer la mémoire de toutes les victimes du combat pour la paix,  la liberté et la dignité ? Ou alors,  l’objectif serait de soutenir, appuyer et encourager ceux qui ont pris les armes à les reprendre dans le contexte actuel ? »

M. Ngendakumana formule des conseils au pouvoir. « Il faut que cette semaine soit dédiée au combattant pour la paix, la liberté et la dignité. Auquel cas, c’est une semaine nationale où tous les partenaires sont impliqués. »  Et de lâcher : «  Nous ne soutenons jamais ceux qui organisent une semaine dédiée à leurs combattants seulement en excluant les autres.  Au cas où ce serait une semaine dédiée aux combattants  qui ont pris les armes, on ne commencerait pas par le Cndd-Fdd mais par le PalipeHutu-FNL. 

Gaspard Kobako : « Les vrais combattants ne sont pas associés »

Pour cet ancien ministre,  combattant de première heure  du Kaze-Cndd de Jean Bosco Ndayikengurukiye,  « cette  semaine ne signifie rien dans le fond puisque les vrais combattants n’y sont pas associés».

Il regrette que le Cndd-Fdd se soit approprié de cette journée qui, d’après lui, rappelle le jour où l’Etat-major général du Cndd-Fdd dirigé par Jean Bosco Ndayikengurikiye a perdu  le plus grand nombre de ses hauts gradés. « L’Etat-major était composé de sept officiers. Trois ont péri ce jour-là. » Il parle « d’un vol du droit d’auteur de la part du Cndd-Fdd ».

One Comment

  1. Jean-Marie Ntahonkiriye

    Les politiciens Burundais excellent des fois dans la recherche des problemes qui n’en sont pas! Si au fond personne ne s’oppose à la celebration d’ une telle journée, le CNDD-FDD qui en a prit l’ initiative devrait être felicité. Aux autres partis de lui joindre le pas si réellememt ils ont des anciens combattants dans leurs partis. Peut-etre qu’ il va falloir definir qui fut combattant pour en être reconnu.

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