Économie locale

Accès au crédit bancaire et facilitation pour le remboursement

L’association des banques et établissements financiers (ABEF) en collaboration avec l’association des commerçants (PRODECO) ont organisé le 10 novembre un atelier sur « les mécanismes et conditions d’accès aux services financiers ainsi que les contraintes de réalisation des garantis dans l’industrie bancaire »

1Un fait inhabituel : rencontre entre banquiers et  commerçants à l’Hôtel Royal Palace.  Ces derniers se lamentaient d’être souvent victimes sinon mal compris par les banquiers quant à l’octroi des crédits et à leur remboursement  à court et à long termes. Un atelier qui aura été bénéfique pour les deux partenaires.

Les commerçants accusent les banques de toujours  imposer des taux d’intérêt exorbitants et surtout des payements précipités alors que les activités de commerce nécessitent un temps assez long pour réaliser un certain bénéfice.

Une remarque  sur cette lamentation : selon Guy Roger Ntwenguye, un expert de la BRB  qui a exposé  sur la nécessité de crédit en banque, « le taux d’intérêt au Burundi reste inférieur par rapport aux autres pays de la Communauté de l’Afrique de l’Est. Pour cela, les commerçants ne devraient pas avoir crainte de s’accréditer auprès des banques. »

Pour lui, le commerçant  devrait seulement savoir le processus et la manière par laquelle les banques octroient des crédits et imposent l’argent en crédit. Ceci pour éviter de tomber dans le piège de malversation ou de détournement de fonds.

Détournement de l’affectation des crédits,  cause de la faillite

Anatole Manirakiza, administrateur directeur général de la banque BBCI a donné l’exemple du commerçant qui demande un crédit pour construire une maison mais qui achète un véhicule à la place d’une maison. C’était pour illustrer que la faillite des commerçants après accréditation auprès des banques est la conséquence d’une affectation ou d’une utilisation non conforme aux objectifs présentés en banque au moment de la demande du crédit. « De tels commerçants ne peuvent même pas bénéficier d’un second crédit car, les banques suivent et contrôlent les mouvements des comptes de leurs clients », a-t-il rappelé.

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Martin Sindaruhuka, président de l’association des commerçants PRODECO

L’interprétation des clauses du contrat, autre cause de la faillite

Pour Martin Sindaruhuka, président de l’association des commerçants PRODECO, le manque de connaissances en langue  et en sciences économiques pour bien interpréter les contrats et les taux d’imposition appliqués par chaque banque  sont les principales causes de la faillite.« 80% de commerçants  sont tombés en faillite suite au manque de connaissances suffisantes pour mieux protéger  leur capitaux. », affirme  M. Sindayigaya. Et de demander aux commerçants de toujours s’informer sinon  de s’associer avec ceux qui sont calés en procédure bancaire pour qu’ils les aident à réaliser des contrats. « Cela éviterait aux commerçants d’avoir des procès en justice qui les entrainent dans des dépenses  énormes  sans même avoir espoir de gagner ».

Tharcice Rutumo, ADG de la banque BCB  fera remarquer que  ce sont ceux qui ne remboursent pas les crédits qui font qu’il y ait des freins des activités bancaires et s’exposent au refus au deuxième crédit .

Alléger la législation sur les créances et vol par chéquier de contrefaçon

5Quant au taux d’imposition auprès des banques, M. Sindayigaya trouve qu’il n’y a pas de  taux inférieur pour le créancier mais  que plutôt, les conditions de remboursement devraient le permettre.  Pour cela, le président de l’association des commerçants a demandé aux banquiers de  voir comment alléger les lois sur créances.

Les commerçants sont revenus sur les problèmes de vol d’argent sur les comptes en usant des chèques trafiqués. Sylvestre Nduwimana, un commerçants membre de PRODECO à Kayanza parle de millions de francs qui ont été retirés sur son compte à son insu. Sur ce, Anatole Manirakiza, ADG de la banque BBCI a rappelé que « partout où il y a l’argent, des voleurs rôdent ».  Et d’exhorter les commerçants à la vigilance en  gardant notamment leurs chéquiers comme ils gardent leur argent.  Car, selon lui,  même les enfants, les épouses, les  amis et autres  proches peuvent les voler.

Signalons que  cet atelier a vu la participation des différents  représentants des commerçants venus de toutes les provinces du pays ainsi que les directeurs et envoyés des banques  BRB, BGF, BCB, Bancobu, CRDB, KCB, DTB, BBCI, le président du titre foncier ainsi que le représentant de l’Asoociation des commeçant du Burundi (ACOBU).

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