Diplomatie, Politique

Election de Donald Trump : exultation chez la mouvance, bérézina à l’opposition

L’onde de choc du séisme politique au pays de l’oncle Sam s’est fait diversement sentir à Bujumbura, 11.673 Km de Washington.

trumpA l’annonce de la victoire du milliardaire républicain Donald Trump,  le président Nkurunziza sera le premier chef d’Etat africain à féliciter l’heureux gagnant. La mouvance présidentielle n’a pas caché sa joie. Très laconique, le Secrétaire Général du « parti de l’Aigle », le Général Evariste Ndayishimiye  dira dans un point de presse qu’il  félicite M. Trump pour être le président  élu des américains. Il  entrevoit un éclairci dans les relations entre Bujumbura et Washington.  Il félicite aussi Hilary Clinton pour avoir accepté la défaite. Une petite pointe : l’administration Obama  n’a pas soutenu le processus électoral  de 2015.

Le plus prolixe des politiciens est  Jacques Bigirimana, président du FNL.« Nous venons d’échapper in extremis au danger que représente Hilary Clinton », affirme-t-il.

La défaite de Mme Clinton a été une occasion pour M. Bigirimana  de faire le procès de l’administration  américaine sous la présidence de son mari : «  Bill Clinton n’a pas  empêché l’assassinat du premier président démocratiquement élu, Melchior Ndadaye, en 1993,   alors que la CIA et le FBI savaient  certainement le plan macabre. Pire, il n’a pas volé au secours des Burundais qui se faisaient tuer par l’armée de l’époque.» Mais ici, on se rappellera que le président Clinton a contribué dans les négociations qui ont ramené la paix et la réconciliation au Burundi  et a assisté en personne à la signature de l’Accord d’Arusha aux côtés du facilitateur, le président Nelson Mandela.

Toujours  accusateur, le président du FNL  « regrette que le président Clinton n’ait  jamais demandé pardon au peuple Burundais comme  il l’a fait pour le Rwanda ». Il reproche aussi à  l’ancien président Clinton « d’avoir déstabilisé les Grands Lacs, notamment le Rwanda et la RD Congo. »

Trump, une bouffée d’oxygène pour Bujumbura

Pour Abel Gashatsi, président de l’Uprona, la défaite  d’Hilary Clinton et les démocrates est une bouffée d’oxygène pour le Burundi. La victoire de M. Trump vient désactiver les lobbies contre Bujumbura, surtout au Conseil de Sécurité des Nations Unies où les démocrates votaient  des résolutions contre le Burundi. Et d’exhorter le pouvoir de  Bujumbura  d’adopter une  diplomatie offensive : faire les yeux doux à l’équipe Trump et aller le trouver pour exposer les injustices subies par le Burundi sous l’administration Obama.

Signalons que dès hier le 8 novembre,  le président du RADEBU, Jean de Dieu Mutabazi avait misé sur la victoire de M. Trump, excédé  surtout par le fait que l’administration Obama « s’est immiscée dans la politique burundaise. »

A la société civile proche de la mouvance, «  la victoire de Trump est aussi la victoire des Burundais », comme le dira Japhet Le Gentil Ndayishimiye, un Burundais résidant en Norvège, ancien président de la diaspora burundaise et actuel président de l’association « Mandela Peace Center ».

Quant à Gilbert-Bécaud  Njangwa de l’Observatoire National des Élections et des Organisations pour le Progrès (ONELOP), il  conseille M. Trump  de ne pas tomber dans la même erreur de « sous-estimer le Burundi » comme l’administration Obama. Il invite le nouveau président à « collaborer avec le Burundi qui a  prouvé sa capacité d’influencer d’autres pays,  notamment sur la question de la CPI ».

Pas de changement en vue

A l’opposition, Léonce Ngendakumana et Agathon Rwasa, respectivement  président du parti  Sahwanya-Frodebu et leader de la coalition des indépendants « Amizero y’Abarundi » trouvent  que rien ne changera avec M. Trump  car, soutiennent-ils, « la politique étrangère des EU pour l’Afrique ne change pas selon que c’est une administration démocrate ou républicaine. » Bien plus, le Burundi ne sera pas une préoccupation pour le milliardaire Trump. A noter que Léonce Ngendakumana avait souhaité la victoire d’Hilary Clinton.

Gabriel Rufyiri et Faustin Ndikumana, deux militants de la société civile estiment  eux aussi que rien ne changera avec le président Trump. M. Ndikumana est même pessimiste :« M. Trump s’intéresse peu de l’Afrique. Avec lui, il n’y aura plus de suivi sur ce qui se déroule dans les Grands Lacs. » Mais M. Rufyiri espère que le nouvel homme fort des EU ne manquera pas d’apostropher Bujumbura sur les questions de corruption.

 

 

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