Économie locale

Le tourisme burundais peine à se relancer après la crise de 2015, selon la CFCIB

L’ancien ministre Denis Nshimirimana, actuel président de la chambre sectorielle du tourisme et hôtellerie à la Chambre Fédérale du Commerce et de l’Industrie du Burundi (CFCIB) affirme que dans la capitale, ce secteur peine à se relancer après la crise de 2015.

"Le Burundi n’a pas d’infrastructures hôtelières pour abriter une grande conférence internationale"
« Le Burundi n’a pas d’infrastructures hôtelières pour abriter une grande conférence internationale »

« Chute de 50 à 70% du taux d’occupation des chambres d’hôtels à Bujumbura ». C’est ce qu’indique M. Nshimirimana qui relève les problèmes dans ce secteur qui devrait plutôt être la locomotive de l’économie burundaise comme cela est le cas dans les pays de l’EAC.

Selon lui , le premier problème dans le secteur du tourisme et de l’hôtellerie s’est posé bien avant la crise : la suppression du visa à l’aéroport de Bujumbura avant même les manifestations « pour raison de sécurité ». Un visa par ailleurs qui reste le plus cher de toute la sous-région.

La deuxième difficulté fut le gel de la coopération avec les bailleurs. « Ceci a porté un coup sévère aux hôtels hauts standings du centre-ville notamment. Les hôtels des quartiers Kinindo, Kigobe, Mutanga qui accueillent des touristes  à bourses moyennes comme ceux de la sous-région ont continué à tirer leur épingle du jeu ».

M. Nshimirama fait observer que des Burundais qui « parlent mal de leur pays jusqu’à réclamer des sanctions au Gouvernement» ont aussi contribué à la réduction des touristes qui viennent au Burundi.

En dernier lieu, il cite la délocalisation des activités de certains hommes d’affaires. Leurs partenaires les trouvent là où ils sont désormais établis et ne foulent plus le sol burundais. «  Mais les hôtels ne délocalisent pas », une lapalissade que l’ancien ministre tient à rappeler.

Replacer le secteur sur la rampe de la reprise

Le président de la chambre sectorielle du tourisme et hôtellerie est persuadé que ce secteur peut se relancer pour peu que le gouvernement consente des efforts. Le pays devrait restaurer le visa à l’aéroport et adhérer aussi au visa touristique unique de la sous-région. Le Burundi devrait aussi instaurer une carte d’identité biométrique. Celle-ci permettrait même aux citoyens de la sous-région à venir au Burundi avec la carte d’identité plutôt que de devoir recourir à des laissez-passer ou au passeport. Notons que la carte biométrique est déjà utilisée dans la sous-région.

Bien plus, le pays devrait procéder au classement des hôtels pour que les touristes sachent les standards des produits que nous offrons. Il faut aussi un aménagement minimum de nos sites touristiques pour attirer les touristes de loisir. Et de faire observer qu’il n’y a pas un tourisme de loisir au Burundi, comme c’est le cas au Kenya, en Tanzanie et au Rwanda où des touristes viennent camper dans des parcs . « Nous avons un tourisme de conférences et d’affaires. » Pourtant,  indique-t-il, il y a 127 sites touristiques, culturels, naturels à travers tout le pays mais ces sites ne sont pas aménagés : pas d’eau, pas de toilettes, pas de guides formés, etc.

Enfin, pour attirer plus de touristes, il constate qu’il faudrait que les Burundais, surtout les fonctionnaires  et cadres en mission partent avec des dépliants vantant la beauté et les bienfaits de notre pays et de notre peuple.

Signalons que selon M. Nshimirimana, « le Burundi n’a pas d’infrastructures hôtelières pour abriter une  grande conférence internationale » : pas un seul hôtel cinq étoiles. Pas de salle de conférence pouvant accueillir 2.000 personnes. Le nombre de chambres avoisinerait deux mille dans la capitale.

One Comment

  1. C’est un secteur où le pays est vraiment en arrière. L’hygiène, l’ordre et la sécurité aussi bien dans les milieux hoteliers et touristiques que dans les villes y compris le transport en commun sont des facteurs très important pour quiconque veut ptomouvoir le secteur du tourisme.

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