Économie locale, TIC

Accès universel à l’internet au Burundi: seule Lumitel poursuit vraiment la politique

Malgré l’installation massive de la fibre optique au Burundi, le consommateur final lambda ne peut pas souscrire à un abonnement internet à coût réduit. Jusqu’ici, une entreprise fait la différence: Lumitel.

Malgré un panorama complet d’opérateurs offrant les facilités d’une fibre-optique sous financement institutionnel, c’est une société à 100% privée – Lumitel – qui tend à fournir l’internet moins cher au Burundi, alors qu’elle a investi ses propres fonds.
L’opérateur vietnamien nouvellement introduit sur le marché des télécommunications au Burundi offre des services internet à un prix abordable pour les petites bourses: une bonne connexion 3G à 300 Fbu (0,15$) par jour, ou alors du 4G à 1.000 Fbu, de quoi satisfaire un marché burundais de plus en plus tourné vers les smartphones.

A titre indicatif, pour connecter un client situé à un kilomètre du réseau (du manhole), il faut compter plus de 80.000 $ chez BBS; 50.000 chez Onatel mais chez Lumitel, seulement 180$ !

Et c’est l’un des paradoxes de l’installation de la fibre optique au Burundi: l’économie locale ne semble pas profiter de cette infrastructure, puisque le taux de pénétration n’a pas décollé proportionnellement aux efforts consentis par le gouvernement (exonération et crédits d’impôts au secteur telecom) et les bailleurs des fonds du Burundi (investissement de plus de 11,5 millions $ pour l’installation et 3 millions $ de paiement en avance pour construire un sous réseau dédié au gouvernement et aux universités par la Banque Mondiale).

Le taux de pénétration de l’internet est de 0,21%. En 2007, la part des TIC dans le PIB était de 1,8%. Aujourd’hui, presque dix ans après, il est à 2,8%.

L’accès universel à l’internet en question

Certes, un peu plus de cinquante institutions gouvernementales ont pour dix ans 150 Mbps d’internet et 460 Mbps pour leur besoin de transmission des données mais ces capacités s’avèrent déjà insuffisantes dès le début. Qu’en sera-t-il dans cinq ou dix ans ?

En 2013, avec l’avènement de la fibre optique au Burundi, le prix d’acquisition d’un mégabyte pour un opérateur est passé de 1800 $ à de 87 $ ! Ce n’est pas pour autant que le consommateur final a ressenti cette chute vertigineuse du prix de l’internet, qui est resté côté haut par certains opérateurs peu scrupuleux.
Ce qui va à l’encontre de la politique qui avait justifié la création de tout ce réseau : accès universel à l’internet. Pourtant, l’État du Burundi dans le cadre de la stratégie « Développement des infrastructures de Base » du plan NICI 2007-2014  souhaitait mettre en place un réseau de large bande dans tout le pays en utilisant la fibre optique.

Les objectifs stratégique du gouvernement du Burundi en matière des télécommunications étaient de faciliter le déploiement des services et applications électroniques ; satisfaire la demande sans cesse des opérateurs des services de l’information, de communications et internet ; renforcer la compétitivité des opérateurs des télécommunications et des fournisseurs de services internet, notamment de contenu ; permettre l’accès aux services TIC, en particulier à un réseau large bande haut débit et plus généralement bénéficier de l’évolution des TIC.

Les pouvoirs publics doivent trouvent une solution qui permette aux opérateurs de vendre ces services à un prix raisonnable, en permettant  au client final de profiter pleinement des infrastructures subventionnées par le contribuable burundais. Mais en même temps, cet accès à l’internet à bas prix ne doit pas asphyxier les opérateurs, pour qu’ils puissent y trouver leur compte et continuent à investir dans ce secteur stratégique pour le développement économique du Burundi.

3 Comments

  1. Pendant l’insurrection les infrastructures de viettel (lumitel) étaient visées au meme titre voire même plus que les structures étatiques. On disait que c’est le parti au pouvoir qui a investi dans lumitel.
    Mais maintenant on comprend bien que ce lumitel dérange les dinausoles du marché des tic. Sûrement que ces « grands BWANA » croyaient se débarrasser à jamais d’un concurrent gênant.
    Ô combien c’est marrant de voir tout ça.

  2. Quelle est la base de calcul du coût pour connecter un client situé à un kilomètre du réseau?? »plus de 80.000 $ chez BBS; 50.000 chez Onatel mais chez Lumitel, seulement 180$ ! »

  3. Dans le monde actuell du business, limiter l’accès au grand public en gonflant les prix n’est vraiment pas intelligent.

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