Diplomatie, EAC

Assemblée Nationale burundaise exhorte le gouvernement à se préparer à un éventuel retrait de l’Amisom

C’est l’essentiel des interventions des députés qui avaient invité ce jeudi 3 novembre le ministre de la Défense et celui de la Sécurité Publique dans un débat sur la présence du Burundi dans les missions de maintien de la paix en Somalie et ailleurs.

De gauche à droite: Les ministres Alain-Guillaume Bunyoni et Emmanuel Ntahomvukiye
De gauche à droite: Les ministres Alain-Guillaume Bunyoni et Emmanuel Ntahomvukiye

Le cas de l’Amisom a le plus retenu l’attention des députés qui ont relevé deux scénarii auxquels le pays doit se préparer : l’Union Européenne (UE) peut franchir la ligne rouge : exiger que le paiement des soldes des militaires burundais du contingent de l’Amisom soit directement versé sur les comptes des militaires. Dans ce cas, le Burundi sera obligé de rappeler ses troupes. L’autre éventualité est que l’Union Africaine (UA), sur pression de l’UE décide de mettre fin aux services du contingent burundais.

Les parlementaires sont revenus également sur ce le retard de dix mois de paiement des salaires aux militaires engagés en Somalie. Pour la plupart de ceux qui ont pris la parole, c’est un signe avant-coureur que l’UE peut décider des mesures encore plus inacceptables : « Elle ne se soucie pas des sacrifices consentis par le Burundi en Somalie ». Sur ce, le président de l’Assemblée Nationale, Pascal Nyabenda a suggéré au gouvernement d’explorer la possibilité de mettre les militaires burundais sous la bannière des Nations Unies.

Le ministre de la Défense, Emmanuel Ntahomvukiye a expliqué le schéma que suivent normalement les salaires des militaires engagés en Somalie : UE-UA-Etat burundais. Et de redire le refus du gouvernement à l’idée de l’UE de payer directement les troupes burundais. « Le paiement direct ferait qu’il n’y ait  plus de contrôle ni de discipline. Les militaires deviendraient comme des mercenaires. »

Et s’il arrivait que les troupes soient retirées de leur mission, le ministre fait savoir que ce serait une énorme perte, « en premier lieu pour les somaliens mais également pour le Burundi qui aura combattu  pour maintenir une paix qui disparaîtrait  après  le départ des soldats burundais.»

« C’est une manifestation de la colère de l’Occident »

Pour Alain-Guillaume Bunyoni, ministère de la Sécurité publique, le mauvais traitement à l’endroit des troupes burundaises a une visée politique : « Une colère due aux refus du gouvernement burundais de coopérer avec certains fonctionnaires de l’ONU et le rejet des  injonctions de la communauté internationale qui s’immisce  dans les affaires internes du pays ».

Signalons qu’en ouvrant le débat,  le président de l’Assemblée Nationale avait bien précisé que la  plénière ne visait pas une quelconque décision du retrait du contingent burundais de la  Somalie.

Signalons aussi que le ministre Bunyoni a réaffirmé le souci du gouvernement de respecter les équilibres ethniques prévus dans la Constitution en ce qui est des forces de défense et de sécurité. Et de révéler que pour le recrutement en cours, les Hutu seront 40% et les Tutsi 60%.

2 Comments

  1. Il va falloir beaucoup de patriotisme et sacrifices dans le long combat pour la saivegarde de notre Souveraineté, plus particulierement de la part de nos militaires.
    Je salue le parlement pour se pencher sur cette question combien importante pour eviter tout effet de surprise.

  2. Le temps des solutions faciles n’existe plus dans le monde des puissances aussi complexes que mal intentionnées quand ils s’agit des interêts des pays dits du « tiers monde » ou mieux « en voie de développement » pour user du peu de respect dont on accorde à nos pays! C’ est devenu une question de survie et seul les plus déterminés et prêts à se sacrifier survivront. Que Dieu garde sa main puissante et gracieuse dans les cieux de notre Nation.

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