Économie, Santé

La spiruline frappée à tort d’interdiction au Burundi ?

Des officiels ont pris des décisions contre la spiruline à base d’un rapport de la BBN. Ce service étatique a analysé des échantillons de produits étiquetés malhonnêtement “spiruline” par des commerçants.

Granulés de spiruline
Granulés de spiruline

2 août 2016, le ministère ayant le commerce dans ses attributions sort une décision interdisant l’importation, la production, la commercialisation et la consommation des graines de spiruline et tous ses produits dérivés au Burundi.  La décision  se base sur  les résultats des analyses des échantillons effectués par le Bureau burundais de normalisation et contrôle de la qualité (BBN)  tels que repris dans les  rapport transmis au chef du cabinet civil du président de la République  par la lettre portant référence BBN /280/2016 du 30 juin 2016.

Selon la ministre,  il a été constaté “que les échantillon de la spiruline et ses produits dérivés (boissons et autres) contiennent des constituants dont les pourcentages sont bien au-delà de la norme autorisée pouvant ainsi constituer un danger à la vie humaine voire au développement économique des consommateurs en les affaiblissant”.

Autre argument est qu’il a été constaté que les boissons à base de la spiruline sont très alcoolisées et provoquant parfois de la part des consommateurs des comportements pouvant compromettre la paix et la sécurité des autres citoyens.

Dernière motivation : le gouvernement du Burundi a constaté que les produits à base de la spiruline minent la santé  humaine et empêchent une partie des consommateurs à vaquer au travail quotidien pour le développement du pays.

De son côté, le directeur général au ministère de la Santé Publique interdira même la publicité autour de la spiruline: “Tout contrevenant verra ses installations détruites”.

Des produits qui n’ont de la spiruline que le nom

Pour peu que l’on épluche ce rapport, on constate que onze produits ont été analysés,  dont la « Spiruline », « Splina  Akanyabuzima ».  Ils sont respectivement produits par les associations « AGUETRABU »  et « MUKOMBOZI ». Les échantillons ont été pris au marché « Chez Siyoni » et dans des boutiques de la communes Mukaza. Et effectivement, les produits ont été déclarés impropres à la consommation par BBN.

Seulement, ces deux produits n’ont de la spiruline que le nom. Et pour preuve : ce sont des boissons et il ne peut y avoir de boisson à base de la spiruline ou des boissons qui en contiennent. De part un reportage sur le terrain,  il n’existe pas de spiruline sous forme liquide au Burundi. Elle se commercialise sous forme de granulés, comprimés ou gélules.

Comprimés de spiruline
Comprimés de spiruline

Bien plus, comme nous l’avons constaté, la production de la spiruline est laborieuse. Le Burundi produit de très faibles quantités. Il est impensable que les fabricants des boissons soi-disant à base ou contenant de la spiruline puissent trouver assez de ce produit à mettre dans les quantités industrielles qu’ils mettaient sur le marché.

Signalons que la spiruline est une algue, un être vivant, d’où l’appellation «akanyabuzima» (être vivant) de la spiruline produite par la société Salsa de Gihosha.
Quant à « Splina », la recherche sur internet montre qu’il signifie de la chlorophylle liquide. Cette appellation n’a rien à avoir avec la  spiruline.

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