Justice

Dossier “Général Adolphe” : « Monsieur le juge, acquittez nos clients »

C’est la plaidoirie des avocats de la défense dans le dossier de l’assassinat du Général Adolphe Nshimirimana, ce mardi 11 octobre à Gitega.

« Pas de preuve de culpabilité des huit militaires et policiers écroués », martèle un avocat de la défense qui a requis l’anonymat. Pour toutes pièces de conviction, le ministère public a produit devant les Tribunal de Grande Instance de Ntahangwa siégeant en itinérance à Gitega où les prévenus sont écroués des procès-verbaux des témoins à charge et un élément sonore. La défense a souhaité que le juge demande à l’accusation de produire devant lui ces témoins pour l’authenticité de ces documents.

Pour lui, « le ministère public ne peut pas alléguer sa crainte pour la sécurité des témoins à charge alors qu’il agit au nom de l’Etat pour qui la sécurité des citoyens, à fortiori celle de ces témoins est un de ses devoirs régaliens ».
Au sujet de l’élément sonore, la défense parle d’une conversion entre deux personnes « non identifiées ». Bien plus, personne d’elles ne cite aucun des huit prévenus.
Pour ce qui est des arguments des prévenus, cet avocat indique que tous ont prouvé n’être pas auteur de l’infraction. Ils nient avoir personnellement pris part directement à l’exécution de l’infraction ou avoir coopéré directement à son exécution.

Des témoins à décharge présents

Ils contestent aussi avoir prêté pour exécution une aide telle que, sans leur assistance, l’infraction n’eût pas été commise. Plus concrètement, ils ont prouvé qu’ils n’étaient pas sur le lieu du crime le dimanche 2 août 2015 à 9 heures, moment de la commission de l’infraction.

Toujours d’après cet avocat, deux personnes ont témoigné que le prévenu Mathias était à l’intérieur. Cinq choristes ont attesté que le prévenu Philbert était avec eux à la messe à l’Eglise où il était lui-même choriste. Un témoin a assuré que le détenu Rénovat était à Rutana tandis qu’un autre a affirmé que le prévenu Cadeau était à Ruyigi en congé de travail. Quant au prévenu Ernest, il était à son poste à la maison d’un colonel dont il était agent de transmission (AT): « Le colonel peut témoigner pour peu que la hiérarchie lui en donne l’autorisation ».

Le sous-officier Patrick accusé d’avoir autorisé la sortie du véhicule qui a servi à la commission de l’infraction a démontré que selon l’usage à l’armée il n’en avait pas les compétences.

Selon toujours cette source, le prévenu Alexis arrêté à la gare du Nord en tenue civile n’a pas signé le P-V de saisi sur lui d’une grenade. Le prévenu Claude, chauffeur de la camionnette utilisé par les assassins a fait certes des aveux. Mais la défense demande la nullité des P-V « étant donné qu’ils ont été établis sans que le suspect fût informé de son droit de garder le silence sans l’assistance de son conseil, lequel était de surcroît obligatoire car l’infraction est punissable d’une peine de vingt ans au moins ».

Dans l’ensemble, la défense félicite le siège pour avoir accordé du temps suffisant aux prévenus pour la présentation des arguments lors des plaidoiries. Une petite entorse cependant : les prévenus se sont présentés à la barre n’étant pas dans de conditions idoines de plaider. « Ils se sont présentés au tribunal à 9heures. Le procès a commencé à 15h30 et a pris fin à 19h 30. La faim et la fatigue ont handicapé la présentation de leurs moyens de défense ».

L’on signalera que le ministère public a requis la perpétuité pour les huit prévenus. Le tribunal doit rendre son verdict au plus dans les trente jours.

Dans notre prochain article, Ikiriho présentera le point de vue du ministère public.

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