Diplomatie

Le Parlement approuve massivement le retrait du Burundi de la CPI

L’Assemblée Nationale burundaise a adopté ce mercredi 12 octobre la loi portant retrait du Burundi du Statut de Rome qui crée la Cour Pénale Internationale (CPI). Un texte approuvé à 94 voix, 2 voix contre et 14 abstentions, soit plus des 2/3 du quorum exigé des 104 députés présents et 6 procurations. Le Sénat l’a adopté à l’unanimité, 37 sur 37 voix.

Ce vote massif ne s’est pas sans débat. Au contraire: plusieurs députés ont exprimé des inquiétudes sur les conséquences du retrait du Burundi de la CPI: “Est-ce que notre pays ne deviendra pas un refuge pour tous les criminels qui veulent se soustraire à la justice internationale?” a par exemple demandé Fabien Banciryanino.

Pour le député André Ndayizamba, “c’est connu: les plus grands prédateurs des droits humains sont les gouvernements, surtout en Afrique. La CPI est le meilleur outil de prévention des crimes au monde. Les attaques contre le Statut de Rome sont injustes. Quitter la CPI est une erreur politique et diplomatique pour le Burundi.

Pourtant, la ministre de la Justice Aimée-Laurentine Kanyana dans son exposé des motifs présentant ce projet de loi au nom du gouvernement, elle avait souligné qu’en ratifiant le statut de Rome le 30 août 2003, “le Burundi avait voulu se joindre au reste de la communauté internationale pour lutter contre l’impunité des crimes de la catégorie déterminée dans le statut”. Peu après, a-t-elle expliqué, “nous avons constaté que certaines puissantes du monde et même certains pays africains, y compris ceux de la région, ne font pas partie de ce statut de Rome”.

Et de souligner “la politisation de l’action de la CPI: elle est devenue un instrument de pression sur les gouvernements des pays pauvres ou un moyen de les déstabiliser sous l’impulsion des grandes puissances dont certains n’ont même pas ratifié le statut de Rome.”
Elle s’est demandée: “Depuis la création de cette cour, seuls les ressortissants des pays africains ont été traduits devant cette juridiction. Est-ce que le reste du monde est à l’abri des crimes qui pourraient être poursuivis devant la CPI ?”

En fait, plusieurs élus dont l’ancien vice-président et patron du Sénat Gabriel Ntisezerana ont rappelé que “la CPI en soi n’est pas mauvaise. Le problème. c’est qu’elle est devenue un outil politique”.

Pour ceux qui s’inquiètent du regain de crimes au Burundi avec le départ de la CPI, la ministre Kanyana y voit plutôt “le renforcement de la justice locale. Toutes les dispositions juridiques du Statut de Rome ont été versées dans la législation burundaise. Par ailleurs, malgré son retrait de la CPI, le Burundi fera toujours partie de la famille des Nations Unies, et restera donc sous l’autorité du Conseil de Sécurité”.

One Comment

  1. Jean-Marie

    J’espere que nos elus suivent la politique internationale et revisitent l’ histoire pour comprendre que toutes ces institutions internationales dont on nous parle ne tiennent et n’ ont jamais tenu compte des interets Africains.
    Tout est devenu business dans un monde devenu un grand jungle ou la loi du plus fort reigne. Si nous ne pouvons pas resoudre nos problèmes nous-memes, non seulement nous ne seront pas respectes mais aussi ces soi-disant puissances (dans le sens negatif en tout-cas) va utiliser les memes institutions pour nous manipuler et nous maintenir sous leur controle.
    La CPI est devenue un outil de chantage aux mains de certaines puissances!
    Les agents de certaines institutions internationales se comportent comme un invite qui vient chez toi, tu lui offre un bon dinner ou il choisit le menu, apres quand il est satisfait, il veut que tu ailles dormir au garage pendant que lui occupe ta chambre et il si tu refuses, il va dire que tu maltraite tes invites, les droits de l’ homme sont bafoues, il faut que la CPI intervienne car tu es un dictateur criminel……
    Excusez les typo errors.

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