Économie locale

La Mutec jalouse de garder le titre de micro-finance de référence en Afrique

Mettre en connexion la diaspora et la population burundaise à travers les transferts d’argent : originalité qui a valu le titre de micro-finance de référence en Afrique à la Mutualité d’Epargnes et Crédits (MUTEC), en 2004 par l’Africa Human Source.

La société veut absolument garder ce titre. C’est pour cela qu’elle innove et améliore ses prestations d’année en année, a indiqué M. Niyongere, son directeur général.
Plus précisément, la micro-finance utilise actuellement quatre moyens pour le transfert d’argent : Ria, Money trance, Small world et World Remit. Avant elle n’en utilisait qu’un seul.

La Mutec s’est par ailleurs dotée de nouvelles stratégies notamment la tournure vers le secteur agricole regroupant 85% de la population burundaise. Elle a octroyé des crédits aux groupements qu’elle a jugés solides de caféiculteurs et de riziculteurs regroupés en associations et en coopératives.

C’est dans ce même cadre que le nouveau Produit Crédita Solidaire (PCS) fut lancé. Aucune garantie hypothécaire n’est exigée. Il suffit juste que les gens se mettent en groupe et s’avalisent.
L’autre avantage comparatif que la Mutec déteint c’est l’application d’un taux d’intérêt dégressifs ne demandant qu’un intérêt minime par rapport au taux linéaire appliqué par les autres banques ou micro-finances.

"La micro-finance compte aujourd’hui dix agences dans cinq provinces du pays. Elle entend s’étendre sur tout le territoire burundais d’ici quelques années"
M. Niyongere: “La micro-finance compte aujourd’hui dix agences dans cinq provinces du pays. Elle entend s’étendre sur tout le territoire burundais d’ici quelques années”

Des défis surmontables

Mais les problèmes ne manquent pas. C’est notamment la réglementation au niveau de la BRB qui freine l’activité des micros finances. A cela s’ajoute les problèmes juridiques de recouvrement des garanties, a signalé M. Niyongere.

A titre d’exemple, les micros finances ne peuvent pas effectuer des opérations en devises. Elles doivent se soumettre aux banques commerciales qui leur demandent des commissions. La Banque de la république du Burundi (BRB) leur interdit d’octroyer des crédits à long terme à leur personnel, ce qui complique la fidélisation de ces derniers.
Face à toutes ces entraves, M. Niyongere demande à la BRB de sortir la nouvelle loi convenue et aux institutions juridiques d’en constituer une allégeant les réglementations.

Signalons que la Mutec a officiellement commencé ses activités en juin 2004 avec pour mission d’approcher et d’offrir ses services financiers à la population burundaise, surtout à celle à faible revenue qui était à l’époque exclue du système financier classique. Mais avant cela, elle était juste une société de transfert d’argent vers le Burundi par la diaspora burundaise de Belgique sous forme de Money Gram.

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