Diplomatie

“En dehors du Zaïre, les intérêts des États-Unis au Burundi sont microscopiques”

Certaines des archives des USA sur 1972 viennent d’être déclassifiées. Ce qu’elles révèlent, c’est que la diplomatie américaine a tenu une position plutôt objective sur le génocide qui se passait alors. Plus de documents doivent être trouvés pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette tragédie qui a profondément marqué l’histoire du Burundi.

usa-en-1972Selon les différents échanges entre la représentation diplomatique américaine à Bujumbura et Washington, il apparaît notamment que:

– Les massacres “systématiques” de 1972 sont liés à l’attitude radicale de la faction tutsi Simbananiye-Shibura-Rwuri au pouvoir à l’égard de la majorité Hutu, après des tutsi tués lors d’une tentative de renversement de régime.
La diplomatie américaine souligne par ailleurs qu’aucun indice n’indique que le Parti communiste chinois ou l’Union Soviétique sont impliqués dans la crise burundaise d’alors, ou qu’ils essaient d’en tirer profit.

Le Département d’État note que les tueries commises par le gouvernement de Micombero sont faites “de manière calculée pour éliminer le leadership hutu actuel et futur”. La justification: les Tutsis burundais ont alors peur que les Hutus burundais les tuent comme ce fut le cas en 1959 au Rwanda.
L’influence de l’histoire rwandaise sur les drames burundais est clairement soulignée dès ces temps.

– Si l’ambassade américaine a continué de fonctionner à Bujumbura, même à minima, c’est par calcul. Les USA ont choisi la continuité de leur coopération avec le gouvernement burundais par peur de céder le terrain à d’autres puissances qui prendrait la place laissée vacante, pour soutenir une rébellion contre Mobutu à partir de l’Est du Zaïre. Pour rappel, nous sommes alors en pleine guerre froide, et le Zaïre de Mobutu constitue un des enjeux principaux entre l’Occident et les puissances communistes, la Chine et l’URSS en tête.
Sinon, en dehors de cette attention pour le Zaïre, les intérêts des USA au Burundi sont alors qualifiés de “microscopiques

– La lecture des messages laisse transparaître la révolte d’une autorité américaine (qui signe “K” … peut-être le Sénateur Edward Kennedy), outrée par le traitement discriminatoire (“deux poids deux mesures”) accordé par son administration au drame burundais ayant, dit-il, emporté plus de 100.000 personnes dans le silence absolu.
Il propose le rappel de l’ambassadeur des USA au Burundi et suggère que l’administration américaine n’envoie plus d’autre ambassadeur “qui présenterait ses lettres de créances à des bouchers (le gouvernement burundais d’alors)”

– Cette même autorité reconnaît que toute réconciliation ethnique est alors impossible au Burundi et que “la stabilité du pays n’interviendra que lorsque la majorité Hutu prendra le pouvoir”

Pour suivre la position américaine sur les massacres de 1972, suivre ce diapo:

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