Économie locale

L’agriculture, secteur-clé pour étendre le marché bancaire au Burundi

Le secteur bancaire burundais éprouve beaucoup de difficultés à recouvrer ses créances, c’est-à-dire à faire respecter les conventions de crédit signées avec ses clients. L’Association des Banques et Établissements Financiers du Burundi (ABEF) organissait ce jeudi 29/09/2016 un atelier informatif pour étudier les enjeux et les défis du secteur bancaire au Burundi.

Quatre thèmes furent successivement traités à savoir les enjeux et défis, la question du taux d’intérêt et de sa capitalisation, le projet de loi régissant les activités bancaires ainsi que le problématique de fixation du taux d’intérêt et la réalisation des garanties dans l’industrie bancaire au Burundi.

Le marché et la clientèle du secteur bancaire burundais sont très étroits : 80% des burundais vivent en zone rurale et ont une activité faiblement monétarisée. 77% vivent en dessous du seuil de pauvreté et n’ont pas de biens à offrir en garantie. En 2012, seulement 12,5% de la population avait un compte bancaire et en 2015, seules 170.745 personnes disposaient d’un emploi formel au Burundi.
Les panélistes de la discussion ont insisté sur la nécessité de se tourner vers le secteur agricole actuellement négligé par les banques burundaises. Avec 80% de la population, l’agriculture offre actuellement le principal champ d’élargissement du marché bancaire burundais.

Quant aux défis et enjeux, ils sont nombreux. C’est notamment l’environnement macroéconomique défavorable, l’absence d’information sur les clients, l’étroitesse du marché, les mécanismes de garanties limités et inefficaces, le coût du crédit, le taux d’impayées trop élevé dans le secteur, le cadre légal du secteur bancaire obsolète, l’absence de ressources longues, le système judiciaire faible et le cadre légal implémenté.

Le Dr Cyrille Sigejeje a indiqué que pour mieux résoudre la question du non-respect des conventions de crédits bancaires qui hante le banquier, “le dysfonctionnement et la lourdeur du système judiciaire en matière commerciale devrait cesser et laisser la place a un système souple et efficace”.

En effet, le système judiciaire actuel est critiqué par les banques et établissements financiers pour le manque de transparence dans les procédures et son non-respect des délais. Le Dr Sigejeje a suggéré aux banques de voir à la baisse le taux de 3% de droit proportionnel sur l’exercice du mandat d’hypothéquer, taux qu’il juge excessif.
Aux juges, il a suggéré la mise en place des mécanismes de réaction face aux pressions directes ou indirectes des clients débiteurs qui poussent à trancher de manière non-professionnelle.

Tout cela dans le souci d’éviter le risque de mauvaise cotation du pays dans le Doing Business ainsi que le ralentissement des IDE et la contraction conséquente pour l’économie.

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