Diplomatie

Burundi-Belgique: une journaliste de la BBC tente de coincer le ministre Nyamitwe

L’interview du Ministre des Affaires Étrangères du Burundi accordée à la principale chaîne flamande lors de ses vacances en Belgique y a immédiatement suscité du remous. Alain A. Nyamitwe réitérait l’appel du gouvernement burundais pour la révision des sanctions prises par le ministre belge de la Coopération Alexander De Croo en matière d’aide au développement.
La réponse ne s’est pas fait attendre: “Nous ne voyons pas de raison de revenir sur notre décision“, a  indiqué le ministre De Croo, justifiant “le manque d’évolution positive de la situation au Burundi“.

C’est sur cet échange que la journaliste Florentine Kwizera de la BBC a voulu coincer le patron de la diplomatie burundaise.
Dans cet extrait repris par un des comptes Twitter proches l’opposition radicale burundaise, la journaliste de la BBC affirme que le ministre Nyamitwe aurait dit que “le Gouvernement du Burundi préfère que les bailleurs occidentaux restent avec leur aide plutôt que sa souveraineté soit entachée“.

Or, dans les propos que la BBC rediffusera sur la position du ministre Nyamitwe sur l’aide au développement occidentale, il explique que “le Burundi ne prend pas cette aide comme [la manne biblique]. Si elle est disponible, tant mieux. Si elle n’est pas, le pays survivra“.

En réalité, les propos attribués au chef de la diplomatie burundaise sont de l’autre Nyamitwe, en charge de la Communication présidentielle, qui déclarait en septembre 2015: “Nous préférons vivre dans le peu, plutôt que dans le mépris”.

Selon les sources d’@Ikiriho à la BBC, la Rédaction de la chaîne anglaise, gênée par la démarche accusatoire de son journaliste, a tenté de se rattraper en proposant au ministre Nyamitwe une autre interview dans laquelle “il expliquerait calmement la position de Bujumbura sur les sanctions occidentales”.
Proposition qui a essuyé un refus net du ministre burundais. “C’est à la BBC de corriger ce qu’ils ont diffusé, pas à lui de revenir se réexpliquer” expliquent des sources au Ministère des Affaires Étrangères.

Sur la demande d’inclusivité du dialogue que formulent les traditionnels bailleurs du Burundi, la position du gouvernement burundais n’a pas changé: “Oui au dialogue, mais pas avec ceux qui sont liés à la tentative de putsch de mai 2015”.

A écouter sur la VOA:

 

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