Sécurité

Col Baratuza: “Le problème des 11 déserteurs, c’est le motif avancé. Il y a d’autres calculs”

Au moment où des rumeurs et propos alarmant d’une probable chasse à l’homme dirigée aux officiers burundais «Ex-FAB» circulent sur les réseaux sociaux, le Col Gaspard Baratuza,  porte-parole du Ministère de la Défense Nationale et des Anciens Combattants a tenu un point de presse ce vendredi 19 août 2016.
Tout comme à la population, il met en garde et rappelle aux militaires burundais, que ce soient ceux à l’étranger ou ceux au pays, de se méfier des rumeurs. « Les militaire doivent savoir qu’ils ne peuvent pas échapper ni au regard public de leur citoyen, ni à l’opinion publique tant nationale qu’internationale face à toute situation nécessitant leur apport», indique Col Baratuza.

Ce recadrage survient après la circulation sur les réseaux sociaux d’une liste de soldats candidats officiers qui seraient recherchés. Gaspard Baratuza fait savoir qu’en conséquence de ces rumeurs, 11 officiers ont déjà déserté les Forces de Défense Nationale. Parmi eux, cinq sont partis de l’ISCAM tandis que 4 autres faisaient partie des 17 officiers envoyés en formation académique en Éthiopie depuis 2011. S’ajoutent aussi deux autres officiers en formation académique depuis 2012 à l’École Royale de Belgique.

D’après le porte-parole de la FDN, « ce n’est pas très étonnant de voir des soldats déserter les forces de défense. Cela a eu lieu depuis toujours, et dans toutes les forces armées du monde. En 2010, il y a eu plus de 400 militaires déserteurs pour des motifs personnels. Mais il n’y a pas eu autant de commentaires comme en ce moment où il n’y a que 11 cas. Le problème aujourd’hui est le motif avancé pour justifier leur désertion.»
Tandis que ces soldats déserteurs expliquent la crainte de leur sécurité personnelle, Col Baratuza fait savoir que « de simple rumeurs sur les réseaux sociaux ne suffisent pas pour qu’un officier digne de son titre et de sa carrière se sente menacé et dépose son arme.»
Se référant sur l’article 256 de la Constitution, et au regard du Code de conduite militaire ainsi qu’au serment militaire, Col Baratuza fait savoir qu’«un soldat digne de son nom combat jusqu’à son dernier souffle. Les déserteurs ont donc d’autres motifs. »
Et de leur demander de ne pas se fier “aux rumeurs des réseaux sociaux ni de prêter oreille aux propos divisionnistes de certains politiciens qui ne cherchent que la scission de l’Armée, garant de l’indépendance et de la souveraineté nationale”.

La base de la FDN est restée la même, rappelle-t-il: sérénité, neutralité politique et impartialité dans l’accomplissement de la mission.

One Comment

  1. soleil VUGUKURI

    Les réseaux sociaux ont pris tellement de l’ampleur que l’on a l’impression que toute la politique burundaise s’y joue. Certains politiciens exploitent ces réseaux pour faire peur, voire proférer des menaces aux autres. C’est triste. Le vrai Burundi n’est pas sur les réseaux sociaux. Il faut le savoir. Mais le problème est plus profond qu’on ne le croit. Ces militaires, au dé-là de leurs amis sur les réseaux sociaux, ont d’autres amis, parents et parentés. Qu’est-ce qu-ils leur disent à propos du Burundi? N’est-ce pas ces amis, parents et parentés qui leur disent : “écoutez restez là bas si non vous allez mourir!”? Le pays est malade, il est rongé de l’intérieur. Erega amacakubiri ntiyaheze mu mitima ya bamwe bamwe! Ahubwo atera akomera uko iminsi itaha. Vous n’avez pas lu un article de Yaga qui relate une fille Tutsi qui s’est vu refusée de se marier avec un Jeune Hutu? Cette maladie est bénigne. elle ne veut pas se montrer cliniquement. Mais elle là. Elle fait rage. Le pays est encore loin de guérir. Pauvre Burundi!

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