Politique

« Il n’y a pas de menace de génocide au Burundi », selon le ministre en charge des Droits de l’Homme

BUJUMBURA, 17 août (ABP) – « Il n’y a pas de menace de génocide au Burundi », selon le
ministre burundais des Droits de la personne humaine, des Affaires sociales et du Genre, M. Martin
Nivyabandi.

Le ministre Nivyabandi qui s’exprimait mercredi à Bujumbura au cours d’un point de presse sur les rumeurs de risque d’un génocide a déclaré que le gouvernement du Burundi ne parvient pas à comprendre
l’inquiétude du comité de l’ONU contre la torture, sur un possible dérive génocidaire au Burundi. Il a fustigé la déclaration du comité de l’ONU, selon laquelle « La torture est motivée par des raisons
politiques au Burundi et des indications laissent penser qu’elle est dirigée avant tout contre une ethnie » et « De tels actes contre un groupe, s’ils sont systématiques, pourraient être considérés comme une alerte vers une possible détérioration vers un génocide ».

Le ministre Nivyabandi reconnaît que les violations des droits de l’homme existent au Burundi comme il est le cas dans d’autres pays du monde, mais «affirmer qu’il y a un groupe ethnique spécifiquement visé ne serait que le résultat de la méconnaissance de la réalité du pays ou d’une volonté manifeste de l’occulter ». D’après lui, le centre de promotion des droits de l’homme et de prévention du génocide sous la tutelle du ministère en charge des droits de l’homme n’a relevé aucun indice de risque de génocide. Il a appelé les organisations internationales à éviter de tomber dans le piège des manipulateurs.

Il a fait savoir que le système judiciaire au Burundi ne fait pas recours à la torture pour connaître la vérité de la part de l’inculpé. Il utilise la méthode interrogatoire libre par laquelle l’accusé a le droit de se défendre jusqu’à prouver son innocence lorsque c’est possible, a-t-il expliqué. Dans de tels cas, l’inculpé est élargi, il n’y a donc pas d’usage de torture pour obtenir un aveu d’une infraction. La personne maintenue en détention est celle dont la culpabilité a été établie, a souligné le ministre.

En cas d’usage abusif de la torture par un agent de police, celui-ci est sanctionné conformément à la loi, a-t-il poursuivi, en notant que la délégation burundaise à Génève a promis de faire la lumière sur des cas de torture et exécutions extra judiciaires contenues dans les rapports du comité des Nations Unies contre la torture.

Le ministre Nivyabandi a fait remarquer que les personnes dont la culpabilité a été prouvée sans avoir subie la torture physique et morale sont punies (y compris par la détention) en application de la loi. La sanction ne tient pas compte de l’ethnie mais de l’infraction commise, a-t-il martelé.

Il a rappelé que le Burundi a connu des crises politico-ethniques dans les années 1965, 1972,1988 et 1993 et qu’aujourd’hui, personne ne peut évoquer des problèmes de nature ethnique. « Le peuple burundais a résolu définitivement la question ethnique à travers l’Accord d’Arusha et à travers la Constitution qui consacre les équilibres ethniques et du genre dans la gestion des affaires publiques.
Ignorer de telles dispositions, c’est ne pas reconnaître la réalité burundaise en matière de l’équité politico-sociale », a-t-il souligné.

Au sujet de la proposition du comité de l’ONU de « reprise d’un dialogue constructif », le ministre Nivyabandi a rappelé qu’il y a un dialogue déjà en cours à Arusha et à l’intérieur du pays au cours duquel le peuple burundais s’exprime sur toutes les questions concernant la nation. « Ce dialogue va se poursuivre et il n’y a donc pas nécessité d’ouvrir un autre dialogue interburundais », a souligné le ministre Nivyabandi. Il a appelé la communauté internationale à appuyer ce dialogue pour la consolidation de la paix et pour rétablir la confiance mutuelle entre les Burundais.
Il a en outre réagi contre l’envoie des troupes au Burundi. « Ce n’est pas l’envoie des troupes qui viendrait résoudre le problème. C’est une recette qui n’a pas fait preuve d’efficacité sous d’autres cieux », a-t-il dit en évoquant le cas du Rwanda en 1994, de la République Centrafricaine, du Sud Soudan et de la Côte d’Ivoire.

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